Sans direction précise donc, car il s'agit d'un parcours de rencontres avec les mots, les traces peintes et les formes dans l'espace et le temps de l'artiste minimaliste, abstraite (et un peu art brut, quand même). Ces rencontres existent depuis plusieurs années, mais c'est en 2025, plus exactement, après ma visite au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne (ou MAMC), qu'elles ont été suivies de la production de traces peintes au sein de mon atelier. Je les explore dans de multiples directions, à la faveur de carnets d'abord, et qui, pour leur part, sont organisés en thématiques plastiques. Le second support permettant de consigner les variations de cette exploration est le papier blanc, épais, d'un format plus plus grand qu'à l'ordinaire. L'ensemble "carnet - feuille" favorise le déplacement et le déploiement du geste ; je dessine et peins sur format 20 cm x 20 cm jusqu'au format 60 cm x 85 cm.
(A ce propos, je peux citer les plus récentes : Mickalene Thomas (1971 - ...), peintre et photographe noire américaine, qui s'approprie notamment (mais pas que !) les codes de la représentation du Modèle féminin en peinture dans une perspective critique ; Magdalena Abakanowicsc (1930 - 2017) pionnière de la sculpture monumentale textile qui interroge le format, la cimaise et la présence de l'oeuvre comme manifestation du Vivant. Je peux aussi noter ici les réflexions que je me suggère ma visite de salons, ainsi de Drawing Now 2026 ou l'édition 2025 d'Art Paris - Grand Palais : la place de la figure dans le dessin contemporain et la variété des oeuvres dites "sur papier", la monumentalité du geste et l'exposition comme oeuvre, l'atelier - sanctuaire, enfin, l'enfance comme creuset des expériences premières.)
J'explore la trace (la tache, le point) de diverses manières et dans des contextes questionnants. Ces empreintes comme le geste qui leur donne naissance seront dessinées et exposées (au sol ou au mur), installées et filmées : toutes ces formes du dessin qui s'organisent - en collections presque thématiques à l'intérieur de grand sujets plastiques -, sont encouragées par ce que je saisis du cheminement de la sculptrice, au fil de mes lectures.
Le noir est au coeur de mon investigation, car cette couleur fait partie de ma propre démarche, autant dans le dessin (d'art, d'illustration) que dans le livre (livre uique ou livre imprimé). C'est ainsi que se crée un tout premier lien entre deux univers plastiques distincts - celui de Pierrette Bloch, abstrait, et le mien, qui derrière son caractère éminément figuratif, cache une douce tendance vers une forme particulière d'expression plastique s'autonomisant de tout contexte évident auquel rattacher ce qui est représenté. Et, au regard des pratiques que je vois exposées dans les salons, les galeries, je me demande s'il n'y a pas de l'abstraction dans ma propre figuration - narrative. Notez que mon inclinaison vers une sorte d'abstraction n'a jamais été très éloignée de ma réflexion d'illustratrice et d'artiste figurative, notamment lorsqu'elle concerne la question de la matérialité du souvenir.
Une première rencontre entre traces sur papier et volume se fait jour avec le travail de la terre crue qui se systématise - depuis 2024, également. (En quelque sorte, celle-ci a été boostée pas la création, dans le cadre d'une pratique de loisir, de poupées, de marionnettes et de pantins... Un exemple tout récent est à (re)découvrir avec l'article publié en mars dernier et portant sur la création d'une figurine d'anniversaire.)










