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lundi 30 mars 2026

Situation plastique n° 8 : La création d'une figurine d'anniversaire de petit format

Voici la petite histoire de la naisance d'une oeuvre plastique d'un genre nouveau dans ma production en volume. Le modelage, énergie créatrice et catalyseur d'envies de fomes inédites, me permet, il y a quelques mois, de créer une figure articulée de petit format. Avec cette réalisation en techniques mixtes, puisqu'on a affaire à du modelage, de la sculpture, du collage, de la typo ET à de la peinture, je célèbre l'anniversaire de l'artiste illustrateur numérique, bédéphile et cinéphile Thomas Cloué. Une florilège de pratiques, de gestes et de techniques pour Un gars en or !

La tête est modelée puis peinte à l'acrylique dans une volonté de réalisme : une matière poivre et sel, bouclée et rugeuse, est choisie pour les cheveux, la moustache et la barbe ; une paire de lunettes très caractéristique découpée dans un ballon de baudruche rouge vient paufiner la ressemblance avec Thomas. Petit clin d'oeil à un voyage en Asie, le vêtement, pour sa part, est traité dans un style orientalisant ; il se déploie en une sélection très réduite de papiers de récupération, à la fois ordinaire et précieux, découpés en lignes droites. La recherche sur la typographie artisanale que je conduis depuis trois ans est ici mise en valeur avec la réexploitation des lettres d'un alphabet latin créé en fil de fer recuit et travaillé nuitamment à la pince*. 

 
Très admiratrice des pantins et des marionnettes tels qu'ils sont fabriqués en Indonésie, par exemple, j'ai souhaité expérimenter le modelage en argile d'un corps articulé, mais en volume. Cependant, au lieu de coudre pantalon et chemise à partir d'une gaine comme j'ai fait pour mes toutes première marionnettes, j'ai assemblé et collé les différentes parties du kimono à même la figure. 
Le fond, qui propose un mélange de couleurs primaire et secondaire aqueuses, est obtenu à partir de lavis d'encres Ecoline sur papier aquarelle, déposés au moyen de plusieurs pinceaux chinois. Il me sert de cadre et d'environnement installant ma figurine dans un espace qui la valorise. Enfin, le bouquet de fleurs en forme de coeur, lui, est réalisé exclusivement pour le modèle en fil de fer très fin. Par la simplicité de sa facture, il apporte fantaisie et légerté à l'ensemble.
 
 
 
Idée, expérimentation et assemblage ne m'auront pas demandé beaucoup de temps. En effet, ces étapes de conception puis de fabrication concrète de la pièce en volume Un gars en or se sont suivies sans effort. Durant trois jours consécutifs. Plus comme le résultat de la sollicitation au bon moment et de la combinaison heureuse de toutes mes compétences d'artisane en la matière, et moins comme une sorte d'évidence d'artiste plasticienne. 
 
Une première compétence est issue d'un savoir culturel entretenu  avec curiosité et passion pour son sujet : j'ai rempli un carnet de croquis entier de visages, de corps et de vêtements de poupées, pantins, marionnettes et sculptures de petit format, au fil des ans, des expositions. Pour ce faire, j'ai sillonné le Musée de la Poupée (qui a fermé ses portes en 2017), le Musée Dapper (fermé la même année), il y a quelques temps, le Musée de l'Homme, et récemment le Musée du Quai Branly. Dessiner, c'est déjà apprendre/ comprendre/ chercher à deviner/ à voir comment les choses sont/ ont pu être faites/ imaginées/ mises en oeuvre. 
 
Une seconde compétence est elle plus technique, qui permet de diriger ses choix de gestes vers tel ou tel matériau avec telle ou telle recherche d'effet et/ ou de matière : la création de la figure a fait appel à toute mon attention et à ma technicité. Le "poil" naturaliste est travaillé avec différents petits outils pointus et peint à l'aide d'empâtements circonscrits de peinture de couleurs noire et blanche. Je m'intéresse à la création en fil de fer, depuis mes années de formation en sculpture et en modelage, au sein des ateliers des beaux-arts de la Ville de Paris, en 2013-2014. Aussi, les alphabets qui naissent tour à tour viennent à la fois articuler les savoirs, les envies et les matériaux et rejoindre d'autres créations qu'ils complètent. Enfin, la peinture au lavis est expérimentée dans le contexte d'une pratique qui engage davantage le corps, car faite à la faveur d'une feuille de format 70 cm x 100 cm. 
 
S'ajoute une troisième compétence qui est, en quelque sorte, "comportementale". Elle a à voir avec l'imagination, le jeu, la créativité et le goût de la recherche ou d'une errance paradoxalement structurée. Selon moi, au regard de mon parcours, cette qualité se place à la confluence de la technique, du savoir culturel... et de la colère - comme puissant levier d'inhibitions. Ici, de manière ténue, mais présente cependant, l'envie d'explorer : par exemple, la trace de la corporalité (ou corporéité) sur des supports papiers, inspirée par la peinture gestuelle - volontiers, abstraite, expressionniste, de grand format - pratiquée par  des artistes plasticiennes telles que Joan Mitchell. Et l'assemblage à des fins de création....
 
*Pour clore l'histoire d'Un gars en or, et pour rejouir les petites mirettes curieuses, courte plongée dans mon atelier de nuit :
 
 
©textes, images et vidéos ema dée

jeudi 19 mars 2026

Petites & Grandes frousses, une invitation toujours actuelle à explorer nos peurs

Faisant immédiatement suite à l'article que j'ai publié en février sur la reprise de mon projet de graphzine FOUTOIR, voici un petit focus sur le #2 de cette publication en édition limitée, imaginée et autoéditée en 2024.
 
Petites & Grandes frousses fera l'objet de plusieurs présentations à l'occasion de salons d'éditions indépendants successifs, auxquels j'ai eu la chance de participer  ces deux dernières années : SoBD (Halle des blancs-manteaux, Paris 3ème), Salon Micro-édition/ Festival international de Bande dessinée à Lausanne (ou BDFIL), le Salon Made Anywhere (2), enfin le festival Ecrire ! à Rennes. Si à ces diverses occasions culturelles et artistiques, mon fanzine rouge a été regardé, manipulé et interrogé du regard par les visiteurs et les visiteuses, ce n'est qu'au cours de la manifestation rennaise, face à un public venu découvrir ou redécouvrir des livres d'artistes, que j'ai pu déterminer l'impact de son contenu et la peritnence de mon parti pris.

Un contenu qui, à vrai dire, m'a longtemps posé question. En effet, depuis les débuts, en 2011, de mon projet d'écriture créative et de dessin au trait sur la peur ressentie à l'âge adulte, je n'ai eu de cesse de m'interroger sur la valeur et la portée de ces contenus. De ces divers écrits, de ces dessins d'illustration pourtant réalisés à partir d'une recherche documentaire convaincue en Sciences humaines et l'interrogation sincère d'amis proches.

(Cet aspect de mon investigation m'avait d'ailleurs beaucoup amusée, quant à elle. Je posais la question suivante : "Parlez-moi de l'une de vos plus grandes peurs ?" Et, je notais précieusement la réponse donnée, avec selon le cas, une première intuition.) Parce que les réponses collectées, enrichies par mes propres expériences et mes lectures définissaient un cadre d'exploration vivant, le propos m'apparaissait fondé, ancré. Sur le moment. Néanmoins, la cohérence de cette recherche, je veux dire son actualité, ne s'est manifestée à mon esprit qu'assez tardivement. C'est pourquoi, aujourd'hui, je remets ce parcours au goût du jour en montrant quelques-unes de ses facettes de conception et de création. 


1°) Tout d'abord par les images qu'il contient. La couleur rouge vient tisser un fil entre des scènes imaginaires, représentées sous des points de vue variés et dessinées pour certaines à plusieurs mois d'écart, voire une année. C'est que la mise en images des peurs collectées n'allait pas forcément de soi ; il y a eu des tâtonnements. Parfois, l'écriture d'un récit bref, d'un dialogue, d'une définition, a pris le pas sur l'illustration, la mise en mots a remplacé la mise en images. Il y eut aussi des rejets de certains visuels - considérés comme inappropriés ou trop vagues pour le propos. Et puis, pour l'économie du graphzine, dont le nombre de pages a été limité à 24 contre les 102 pages du premier livre, il aura fallu comme "dégraisser". 
 
2°) Par la couverture, par le titre (global et de partie), pour lesquels j'eus aussi quelques hésitations. Que devais-je conserver de la première mouture de Peurs, Images & Textes de 2014 ? Les essais de mises en pages du texte de la quatrième de couverture, les recherches dans la combinaison harmonieuse entre des polices manuscrites et des mots dactylographiés ou celles concernant les matières que je souhaitais obtenir et que je voulais très présentes... tout cela a été permis grâce à une démarche de réactualisation critique de mon propre propos et de ce qu'on appelle la "réactivation d'archives" à travers un mode créatif et réflexif.
 

3) Par l'affirmation d'un choix coloré et d'un style graphique spécifiques. Le trait est fin, dense, noir ou rouge. Le style expressionniste. L'influence de la gravure ne se cache pas. C'est dans l'après-coup que ces partis pris sont devenus comme une marque de fabrique et le signe d'une intention pour ce projet d'inventaire. La couleur rouge, quant à elle, fait directement référence à un moment de ma vie, à une pièce bien précise, une salle de bain, dont les murs avaient été peints en rouge profond par mon père. Le fanzine a toujours eu et conserve une origine "utérine" - si je puis dire. 
Pour sa part, l'idée sous-jacente qui m'a fait utiliser initialement l'adjectif  "nue" fut celle de proposer un inventaire sans fard de la Peur. Un peu brute et brutal. D'où le style graphique, les outils utilisés, les cadrages retenus... L'étape au cours de laquelle j'ai créé des matières picturales monochromes pour rompre avec le dessin de couverture au sujet un peu attendu et que j'avais produit pour accompagner un texte autofictionnel sur les animaux, a permis en 2024 de partir dans une tout autre direction. La dimension "poétique" du premier titre du graphzine a été écartée. Le caractère un peu BD de la couverture initiale a été lui aussi abandonné.
 
 


 
Dans l'intervalle de temps entre les deux projets d'autoédition, d'autres expériences créatives sans rapport avec eux ont eu lieu dans mon atelier de poche. Elles furent plastiques, en volume, sonores... J'y ai fait des découvertes. Notamment celle-ci : la recherche-création thématique menée au long cours peut gagner en intérêt, si elle s'autorise à se déployer à travers différents objets - uniques - ou en multiples. Ainsi, la Peur explorée à travers le temps, les traces déposées par mon étude, ont joué le rôle d'une matrice à partir de laquelle il est devenu possible d'investiguer au niveau formel, textuel, sémantique et esthétique. Et, de manière métaphorique, de réinterroger mon rapport à la frayeur, à la phobie, au trac, à la surprise, à la névrose circulaire...  sous un mode ludique, par exemple.
 


 
p.s. : Le graphzine Petites & Grandes frousses est disponible sur demande au prix net de 15 euros. (Le montant des frais de port est déterminé selon le pays d'expédition et le nombre d'exmplaires désirés). De la même manière, illustrations et dessins originaux produits pour le projet sur papier aquarelle ou papier Bamboo et de dimensions 20 cm x 20 cm, peuvent être acquis, ainsi que des reproductions faites par mes soins sur papier numérique. Le prix de ces oeuvres sont donnés sur demande.
 
(Par contre, les objets nouvellement créés pour accompagner ce fanzine ne sont pas à vendre.)
 
Intéressé.e.s ? Contactez-moi par mail ou laissez-moi un commentaire. Merci à vous ! 😊

©ema dée

mardi 3 mars 2026

Série Rose, verte ou noire... mon graphzine FOUTOIR reprendrait-il du poil de la bête ?

Chères toutes, chers tous, 

Curieusement, dès que je publie des nouvelles de ma très récente production en cours sur instagram, l'élan enthousiaste s'épuise dès le lendemain. Dès le lendemain, voilà que la source à idées est épuisée. Comme si le fait de dire, - de partager plutôt -, me mettait soudain dos au mur, face à l'inéluctable : créer ou perdre sa dignité ! Faut-il pour créer vivre cachée ? Je dirais même plus : Faut-il pour faire aboutir ses idées ne piper mot de soi, alentour ?

Je me permets donc, ici et nulle part ailleurs, d'explorer ce sentiment bizarre d'être dépossédée à partir du moment où je me/ le livre, même par fragments. 

Par exemple, cela fait déjà plusieurs semaines, mois, que j'évoque la poursuite d'une de mes nouvelles création en autoédition, le graphzine FOUTOIR/ archives vivantes, avec un prochain numéro portant sur le rose masculin. Et pourtant, bien qu'il me semble qu'il arrive comme une évidence après la collection Horlart, les premiers livres autopubliés hors collection et le #2 Petites & Grandes Frousses, je traîne la patte, je procrastine, je tergiverse, je m'agite en tous sens et j'hésite, je me QUESTIONNE ! 

 

Il faut dire que parmi mes méthodes de travail, il en existe une qui trouve sa logique dans la prise/ perte de temps. Depuis deux ans, je me laisse du temps, pour respirer, imaginer des possibles, entre les publications. Leur donner le temps d'être découvertes grâce aux salons, aux festivals, et à moi depuis mon atelier, de penser à des formes d'autopromotions inédites. Et je me laisse du temps entre les différentes étapes d'une création seule. Je ne devrais peut-être pas, finalement. Ce rythme saccadé s'explique avant tout par une adaptation qui commence à dater à des contraintes professionnelles marquées par des ruptures et de nouveaux contrats ainsi que des temps de formations ou de préparation de concours liés à mon autre vie. J'ai pris l'habitude d'avoir peu de temps pour ma pratique artistique. Aussi, celle-ci a-t-elle été menée durant des années par à-coup, par vague(s). C'est pourquoi prendre mon temps ne constitue pas en soi un problème. A priori...

Sauf qu'à force de me donner du temps, les projets de création s'accumulent dans des dossiers et à certains moments, j'ai comme un bug. Parce que je ne sais pas par quoi commencer quand je me plonge à nouveau dans ces archives, je ne sais pas à partir de quoi me remettre au travail. C'est la panique ! Associée à ce sentiment, celui de passer à côté des choses les plus intéressantes, de gâcher ma créativité, la pertinence de certaines pistes, en me donnant l'excuse du temps et en ne sachant plus quoi reprendre ou sur quelle archive diriger mon énergie et mes idées. Si la chose ne ressemble à rien de spécifique sur le moment, qu'elle ne raccroche avec aucun de mes projets en cours, avec la distance - cirtique, forcémeent ! -, je vais y voir quelque chose émerger, à un moment donné. N'est-ce pas un leurre ? Un leurre pour tromper la peur de m'y mettre vraiment ?

Car, aujourd'hui, prendre mon temps ressemble plus à une excuse pour m'adonner sans réserve à une autre actvité dont l'origine date elle aussi : expérimenter, explorer, pratiquer avec le seul but de pratiquer, de plonger dans des formes nouvelles à venir. De ces moments, de multiples traces, en volume, en dessins plus ou moins aboutis et la conviction que je me prépare là des projets à venir : mes archives en cours. C'est-à-dire que je tente de semer des graines, qui auront le temps de germer, puisque entre temps, dans l'intervalle, je vais faire aboutir d'autres projets. A bien y réfléchir, n'est-ce pas une sorte de fuite en avant 

J'apprends d'aucuns qu'il est possible de se déformater, il est possible de casser un système d'organisation, une manière de penser obsolète, inadéquate, bloquante, pour en mettre une autre en place, plus en phase avec le moment. J'apprends aussi de quelqu'unes que cette angoisse, omniprésente, qui se loge notamment dans ma poitrine, entre les salons et les festivals que je fais, pile dans la période où il faudrait justement que je produise intensément portée par le souvenir bienfaisant d'échanges encourageants, la vente de mes livres, de mes dessins,  peut être trompée par une activité continue, mais bien conduite ! Vers la production et la création d'objets identifiables. Je veux dire, des formes abouties pour des contextes artistiques et littéraires identifiés. Il convient non plus de produire dans la perspective de, comme attendre l'autorisation de je-ne-sais-qui pour faire, mais de produire pour créer la perspective de, car la perspective de existe de toute manière. Je le sais ; je possède également des archives de diverses pistes, dans l'édition, l'exposition d'art, la pédagogie, la recherche... De plus, c'est un état, produire pour créer, qui doit être le plus permanent possible, considéré non plus comme une activité ponctuelle, mais comme une véritable activité source de revenus, de réseaux et de fiertés - tout à la fois !

Pour donner corps concrètement à ce nouveau mot d'ordre, j'ai décidé de mener de front la création de trois nouveaux graphzines FOUTOIR à partir de mes dossiers archives :

- Série rose (titre provisoire) : ensemble de portraits d'hommes accompagnés de leur objet/ animal/ mot fétiches ;

- Caractérologies naturelles  (titre provisoire) : ensemble de dessins sur la relation corps de l'arbre - corps de femmes ;

-Typomaniac ! (titre provisoire) : exposition organisée d'un choix de fonts de couleur noire issue de ma production personnelle.

Rendez-vous dans un ou deux mois pour observer le(s) beau(x) résultat(s) concret de ce nouveau rythme créatif ! 😉

Et pour patienter le temps que de l'idée conçue émerge un nouvel objet concret tiré en 20 exemplaires dans la perspective d'un prochain salon. Le temps que des intuitions renvoient à des réalisations palpables et surtout feuilletables à la table d'un festival à venir. Je vous propose de vous mettre sous la dent des images rouges rouges, des textes noirs noirs, le tout imprimé sur papier blanc. Voici une courte vidéo qui présente le #2 de FOUTOIR/ archives vivantes : Petites & Grandes frousses.


©ema dée