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vendredi 31 juillet 2026

Achevé d'imprimer imminent du graphzine vert, L'arboretum imaginaire !

Chers internautes, passionnées bloggueuses,

Je vous en parlais il y a quelques semaines, je reviens ici pour annoncer une nouvelle qui me ravit : la série de graphzines que j'ai imaginée en 2024 s'agrandit avec un nouvel objet autoédité, à feuilleter - et à collectionner, assurément ! Il s'agit du #3 qui s'intéresse, pour sa part, au dessin d'arbres imaginaires. Mis en scène dans des compositions qui mêlent corps et fragments de corps féminins, paysages arboricoles stylisés et formes dessinées au trait, il s'inspire d'expériences vécues, pour beaucoup récentes, de promenades en région parisienne et en province. 

Comme pour le #2 qui inventoriait les "visages de la Peur" avec un trait rouge, précis et incisif, ce numéro-ci est conçu autour d'une couleur, le vert et sur la relation vide/ plein. Et, tout comme pour le graphzine précédent, j'ai produit un visuel de couverture plus abstrait. Par goût pour la recherche et le mélange de genres de graphismes. Je voulais ainsi, dès la couverture, donner le ton, celui de la présence de matières vivantes que le dessin, ma mémoire, auraient collectées. Enfin, parce que ma relation à l'arbre est plurielle, en résonance avec la diversité d'essences d'arbres qu'abritent encore notre planète, je me suis amusée à utiliser différentes nuances de la couleur verte. Pour ce faire, je me suis servie à loisir d'une variété d'outils graphiques et picturaux : marqueurs, feutres pinceaux, feutres fins, stylos à bille, feutres à alcool, feutres acryliques et crayons de couleur secs et gras. 

Petite nouveauté qui marque peut-être un tournant dans la poursuite de ce type de projet en micro-édition, le recours à un autre médium issu d'une discipline connexe à mes recherches en dessins sur les arbres, la photographie. A l'instar de ces morceaux de paysages verdoyants que j'ai dessinés à partir d'études et d'esquisses au crayon sur papier datant de 2020, traduisant une appréhension  - parfois humoristique ou tragique - de la relation arbre-corps et précieusement archivés, j'introduis une autre vision de l'arbre à travers une sélection de polaroïds volontairement pris sous une luminosité très forte, ou de canicule ou de ciel d'avant et d'après orage. Ce que je cherche en faisant cela ? Obtenir un document avec des contrastes forts, des lignes bien découpées ou au contraire, dont les contours seront brouillés, pour m'éloigner d'une image numérique qui a tendance, je le crois, à lisser ce genre de "défauts". 

Le graphzine L'Arboretum imaginaire, c'est une double - page de textes brefs poétiques ou non - inédits pour la plupart, ouvrant sur une suite d'images en style naïf et de vues photographiques de petit format présentées en vis-à-vis. En quelques pages, le recueil propose un cheminement graphique, visuel, et un cheminement plus intérieur - émotionnel. L'édition pourra être découverte dans le cadre de l'exposition que je prépare à la Serre Wangari, maison municipale de l'écologie urbaine audonienne, et dont je vous parle dans un prochain article. 

A suivre !

© dessin, textes et photographies ema dée

mardi 16 juin 2026

Matières colorées, objets plastiques et jeux... Le motif de l'arbre en folie !

Le concept créatif La boîte noire mis en oeuvre depuis la soutenance de mon mémoire de Master 2 Art contemporain et Sciences humaines à l'Université Paris 8 me permet de poursuivre l'exploration plastique et la production d'objets en relation avec le motif de l'Arbre. 

Avant d'en présenter quelques-unes, je souhaite revenir rapidement sur 1°) La Boîte noire ; 2°) Ce que j'entends par le motif de l'Arbre. 

1°) Ce qu'est La boîte noire.

C'est d'abord un objet matériel, une boîte archive de couleur noire en carton assez solide et de dimensions 3 cm x 33 cm x 47 cm. Hachetée dans une boutique d'articles de Beaux-arts en 2021, elle me permet de transporter les diverses pièces que j'ai produites au cours de mon mémoire de recherche de fin de second cycle universitaire : des études d'arbres au feutre et au feutre pinceau, des reproductions de photographies dcoumentaires personnelles mises en scène, un carnet d'empreintes, mon premier abécédaire de souvenirs particuliers Amoncelleries, projet de fin de Maîtrise en Création littéraire contemporaine, et la première version de Caractérologies, un ensemble de 26 arbres imaginés au fil du temps depuis 2014 et qui fait appel à un dessin au trait ou en aplats de noirs, questionne la relation vide-plein et l'idée de réalisme végétal. 

C'est ensuite une forme de métonymie renvoyant à mon cheminement  créatif - graphique, plastique et littéraire, d'une part, et d'autre part, intellectuel et émotionnel, autour de la représentation de la nature. Ce cheminement progressif et discontinu, qui part du besoin de s'écrire pour évoluer vers une nécessité de (se) consigner par le geste scripteur et symbolique, se cristallise autour du dessin de l'arbre.  

Aujourd'hui, La boîte noire continue d'assurer son double office puisque j'y conserve d'autres objets qui ont vu le jour depuis 2021, et j'y rattache l'ensemble des explorations auxquelles je me livre et qui concernent le motif de l'Arbre : graphzine, sculpture et pièces modelées, séries de dessins ou d'illustrations, mais également, nouvelles références culturelles et séries de photographies - numérique ou non. 

2°) Le motif de l'Arbre, c'est quoi ? 

Interrogée au cours de la préparation de mon abécédaire Amoncelleries sur l'arbre auquel je fais référence dans mes textes d'autofiction, je réponds en 2014 qu'il n'est pas pour l'instant d'une essence particulière. C'est l'arbre considéré tout d'abord pour ce qu'il est, tel que : un être vivant avec un corps, une organisation, des besoins, un milieu. Ce désir d'indéfinition est longtemps entretenu ; il s'explique par la volonté de ne pas écrire de textes de sylviculture, mais bien d'évoquer un organisme vivant avec lequel mes souvenirs aiment à dialoguer et dont la présence autorise qu'ils se déploient avec plus de fluidité et d'ampleur. L'arbre que j'évoque est comme une présence que ma mémoire localise pour accéder à des époques de ma vie, revolues, et dont il ne me reste que peu de traces. D'aucunes parleraient d'un "fétiche" (cf. Anna Seiderer, Docteure en Philosophie et Maître de conférences en Arts plastiques, UP8)

Ensuite, c'est l'arbre qui se révèle à travers le langage plastique, d'abord, le plus immédiat sans être le moins facile, l'arbre dessiné, puis l'arbre photographié en couleurs, enfin l'arbre en volume, modelé ou sculpté. Le motif de l'arbre doit être compris comme une quête, vers une ressemblance poétique, vers le développement d'un écosystème spécifique, vers une vérité de la sensation. J'expore autant des formes variées de représentations assez naïves que d'expressions privilégiant le fragment, ou encore, manifestant l'attention que je porte à une caractéristique. Cela peut-être le cycle des saisons, la couleur et la forme changeante des feuilles, ou encore, les détritus naturels tels que des morceaux d'écorces, de branches ou de feuilles mortes. 

C'est enfin l'arbre d'un point de vue anthropologique, c'est-à-dire la figure convoquée par ma mémoire pour en explorer ses abîmes, en toute sécurité. 

A présent, voici une sélection des travaux en cours et des créations terminées. Les premières gagnent en ambition, si je puis dire. Les secondes font l'objet d'une réactivation permanente dans le cadre ou de la préparation d'un salon ou dans la perspective d'une exposition d'arts visuels. Elles finissent elles aussi par se définir dans un entre-deux :

- 8 leporellos, huit tentatives de cerner la figure et la sensation

A la faveur de leporellos que j'ai fabriqués dans des chutes de papier aquarelle, je m'amuse à interroger ma relation au corps de l'arbre selon les saisons. Il y a du jeu, celui des matières colorées, celui des expériences faites avec de nouveaux médiums tels que la gouache - non encore travaillée dans ma démarche de création - ou réalisées à partir de documents photographiques précisément choisis, pour finir, celui du support qui cache et dévoile tour à tour. 


Chacune des trois productions exposées ci-dessus propose une manière de regarder et de représenter : l'aquarelle sera posée en touches colorées superposées, l'encre des tampons encreurs à l'aide de formes préalablement découpées dans des plaques de linoléum épais et très souple, pour finir, la gouache, en larges aplats légèrement texturés et en monotypes. Le choix des couleurs et des contours est motivé soit par un désir de ressemblance documentaire, soit par la recherche d'une expression poétique.  

- L'arbre de mon printemps

Cette pièce illustre parfaitement mon propos sur la procrastination appliquée que j'évoque dans mes récents articles sur le graphzine. Elle prend formes très modestement en 2023. A cette époque, elle n'est qu'une ossature de fils de cuivre récupérés dans l'atelier d'un l'artiste recupteur, D. Glingué, croisés et emmêlés ensemble et que retienne un très petit socle réalisé avec du plâtre de chantier, sur un coin de table. Puis, durant deux ans, la production en volume reste là, attendant dans un coin de ce même atelier, prenant la poussière et servant de refuge aux araignées. L'année dernière alors que je me désole de ne pas faire avancer cet objet en partie parce que je ne sais pas, une fois fini, où je vais pouvoir l'entreposer sans l'abîmer, un déclic. Qui se fait, par le truchement d'un autre projet au cours duquel j'utiliserai de la limaille de fer peinte à la bombe. Et par la découverte d'un autre matériau : de la poudre verte d'une texture semblable à du gazon finement tondu ou matière à floquer (s'utilise en modélisme pour la création de paysages). 

 
Au jour d'aujourd'hui, l'oeuvre figurative - un assemblage délicat de divers matériaux de récupération et de production - est quasi achevée. Il ne reste plus qu'à peaufiner la pose de la peinture acrylique et à intégrer une figurine en terre crue, que je conservais pour une autre pièce et qui vient trouver sa place là, près de l'arbre au tronc blanc, comme une évidence. 

- Mes boîtes à images ou Images en boîtes - Arboraissances

C'est l'histoire d'un jeu où il est proposé diverses expériences à partir d'un même contenu ; elles sont immédiatement visuelles, tactiles,  puis elles deviennent émotionnelles, intellectuelles - esthétiques ! Car, en ouvrant cette boîte de 2cm x  9, 5 cm x 9, 5 cm, on découvre quinze images toutes différentes - certaines sont tactiles - et un texte bref imprimé sur leporello dans lequel je revisite à ma manière la géographie des écosystèmes forestiers. La singularité de l'objet tient au fait qu'il soit sans détermination préalable dans son/ ses usage/s : on le reçoit comme on le veut et cela a le droit de varier dans le temps.  


C'est donc à chacun.e de le comprendre selon ses envies, ses préoccupations, son besoin. De mon côté, Arboraissances raconte en premier lieu l'histoire d'un workshop que j'ai suivi au sein de l'atelier Edition de l'ENSBA de Paris en 2021. J'y explorerai volontiers les divers modes d'impressions présents : jet d'encre, traceur très grand format, risographie, laser. Et ce, à la faveur de supports papiers variés dont je vais conserver longtemps les chutes, papier aquarelle à gros grain, papier inkjet d'un aspect proche du bristol, papier kraft brun uni, papier calque épais, papier dessin fin et très blanc... En second lieu, la boîte à images parle de ma manière d'envisager ma création autant dans l'écriture d'invention qu'en dessin ou en photographie : je valorise le fragment, procède de la bribe et, composant avec les vides, cherche à rendre visibles la matière du trait, la texture de la couleur, l'éclat du blanc du support...

- Les pots - pourris ou les mini - livres du sensible 

Dernières oeuvres produites entre 2025 et 2026, notamment dans la perspective du Festival Ecrire ! à Rennes qui s'est déroulé en février dernier, ces pièces-ci sont de plusieurs sortes, créées autour de l'idée de rassembler plusieurs traces dans un unique objet, relié à la main. Certaines compilent fragments de photographies et bouts de dessins personnels imprimés ; en outre, elles reçoivent un titre imprimé avec de très petits caractères typographiques en plomb. Enfin, une carte postale, détournée à l'aide de collages variés (textes imprimés, papiers décoratifs) accompagne chaque petit objet à lire. 

 

D'autres sont issues d'explorations nouvelles comme le monotype à l'encre de linogravure réalisé à partir de matériaux naturels ou issus de  la transformation de l'arbre. Là, intervient une autre caractéristique de ma production plastique, le petit format qui se fait contrainte ludique et adaptation à la rareté des matériaux utilisés. A l'intérieur de ces livres dits "du sensible" parce que j'y présente une relation à l'arbre à travers sa représentation sous différentes formes, figuratives et abstraites, je raconte des histoires de matières : ce sera notamment le récit bref d'un noir qui peu à peu envahit le blanc de chaque page ou celui d'une phrase qui ne se comprend que dans le défilement des pages successives. Pour ces objets livresques, je déploie tout mon savoir- faire dans la création de reliure cousue.( Ci-dessus, un exemple de reliure à la japonaise.)

© ema dée

dimanche 14 juin 2026

Graphzines et procrastination...

Il y a deux mois environ, je parlais ici de ma tendance à prendre mon temps dans ma production et entre mes différentes productions. Je parlais aussi de la nature de cette tendance et de ce qui pouvait l'expliquer : un rythme syncopé développé en adaptation à un parcours personnel et professionnel qui ne permet pas, selon moi, de créer de manière continue. 

Pourtant, en avril dernier, constatant encore une fois que les projets s'accumulent et que d'autres idées (de livres, de dessins, d(objets) arrivent sans trouver d'écho possible ou dans un carnet de recherche ou concrètement dans un objet faute de place ou de temps, je veux changer de méthode. Je me propose un défi dont le but est de me déformater progressivement : il s'agit en effet de trouver une autre manière de conduire mes recherches au sein de mon petit atelier, et de réaliser concrètement une oeuvre, qu'elle soit destinée à une exposition prévue ou à un événement à venir non encore identifié. 

Vue de mon atelier

Aussi, je décide non pas de créer pour l'événement, mais de produire parce que je suis artiste en continu. C'est sans cesse que j'ai besoin d'explorer de manière sympbolique, même si cela ne se traduit pas forcément par la création d'une oeuvre à exposer.  

Parce qu'en effet créer signifie plus que produire une oeuvre artistique, je veux dire que l'on puisse exposer et/ou vendre. Comment puis-je savoir si ce que je produis trouvera une résonance dans un marché, un festival, une maison d'éditions ou une galerie...? Je l'ignore, je peux juste le supposer... Produire une oeuvre, c'est déjà vouloir donner corps à quelque chose et que ce corps s'exprime dans un langage spécifique, que sa présence ne puisse se justifier que par/ pour elle-même. C'est à cause ou grâce à tout cela que cet objet peut mettre du temps à être formalisé. 

Je veux dire qu'un objet auquel je pense et dont je cherche la forme d'expression et de présence la plus proche de cette intention constitue la première étape de création de cet objet d'art. Pour cela, des conditions doivent être réunies,  tout d'abord, une disponibilité d'esprit, puis un espace. Or, plus je tarde à me mettre au travail, sous le prétexte, fallacieux ou non,  d'un nécesaire retardement, plus cet espace et cette disponibilité sont envahis par les contingences de la vie, et plus, il devient difficile de se (re)mettre en condition artistique. 

Je reviendrai sur cette question dans laquelle il faut distinguer le fait de produire quelque chose grâce à des outils, des médiums, du temps, des supports, une motivation... de produire une oeuvre plastique qui se tienne de mon point de vue, enfin, de donner à voir une oeuvre artistique exposable et dans laquelle le public va lire un propos. 

 

Il y a deux mois environ donc, je parlais ici de ma tendance à prendre mon temps dans ma production et entre mes différentes productions. Je parlais aussi de la nature de cette tendance et de ce qui pouvait l'expliquer : un rythme syncopé développé en adaptation à un parcours qui ne permet pas, selon moi, de créer de manière continue. Je me lance donc le défi de développer mon projet de graphzine FOUTOIR/ archives vivantes, en menant de front, la poursuite de trois prochaines publications : après le Rouge, le Rose, le Vert et le Noir. 

Où en suis-je, aujourd'hui ? Voici quelques images de ma progression sur les deux premiers, à savoir, Rose masculin et Verts jeux.

 

Rose masculin (titre non définitif) : Pourquoi ce sujet ? J'aimerais exposer une manière d'appréhender la couleur rose selon le prisme du genre, à savoir, ne représenter que des hommes vêtus de rose. Ce parti-pris très clair est assez nouveau dans la mesure où FOUTOIR est surtout destiné à exposer des images personnelles inédites en lien avec une réflexion sous une forme textuelle. Il n'a pas été question une seule fois lorsque j'ai produit les premiers livres d'en faire une tribune politique. Parce qu'il me semble que c'est au lecteur et à la lectrice de prolonger sa réflexion s'il/ elle trouve qu'il y a matière à. J'estime que ce n'est pas à moi d'imposer un discours militant à partir de ma production littéraire et graphique thématique. Aussi, ce projet autour du rose a-t-il été conduit également comme la motivation à présenter un sujet que j'aime : des portraits associés à des objets du quotidien

Depuis, le projet progresse dans trois directions : j'ai réalisé plusieurs des dessins qui vont accompagner les portraits d'hommes retenus. Cette étape n'a pas été évidente car je me demandais si à ce stade de ma recherche et de mon projet de graphzine, je pouvais associer à mon expérience du rose, à celle de la toxicité de certains hommes que j'ai pu rencontrer/ éprouver. Une toxicité qui prend des formes variées, en premier lieu, la violence, la manipulation, le mensonge. Mais, comment lui donner forme à travers la représentation d'objets ? D'abord, quels objets ? Et ensuite, comment traduire cela dans le dessin ? Cette interrogation a renvoyé à une seconde direction - nouvelle et dans ce projet et dans ma démarche de création : l'enquête de terrain. 

Elle consiste à chercher dans mon environnement quotidien des marqueurs de toxicité, et en face d'eux, pour contrebalancer, des éléments positifs concernant les hommes qui manifestent leur présence par le port du rose. Ici, arrive la troisième direction que trace ce projet en texte-image consistant en 1 création littéraire inédite et une série de 16 dessins : la signification. Pourquoi, depuis quelques temps, voit-on des hommes d'âges et de conditions sociales différentes s'afficher en public avec du rose, qui une veste, qui un pantalon, un pull, une paire de tennis... ou encore, qui pratiquent une sorte de rose intégral, du rose jusqu'au bout des ongles et de la pointe des cheveux ? Et ces roses sont eux aussi variés : le Parisien porte tout à tour, du fuchsia, du rose tendre, du rose pastel, du vieux rose (ou parme), du rose fluo... associé ou non, au noir, au vert, au gris, en particulier. 

Tendance de la mode ? Inflection de la société, c'est-à-dire formes d'acceptation d'une sensibilité au masculin ? Engagement non genré sur certaines questions ne concernant que les femmes ? Pour ne pas coller d'étiquettes, plaquer des discours ou rester dans une impression de, une croyance, j'ai mené une petite investigation. Je me suis interrogée sur le sens de ce geste chez les homme, porter du rose. J'ai trouvé plusieurs blogs tenus par des hommes uniquement, dans lesquels est expliqué comment porter de manière "chic" ce rose autorisé et où il est précisé quel(s) message(s) cela peut renvoyer sur celui qui ose le porter au quotidien. 

Je ne cache pas qu'une foule de questions s'agitent dans mon cerveau au moment où j'écris cela, l'impression d'assister à des situations paradoxales... Parce que, par exemple, je trouve assez coquasse qu'il existe des lieux de conseils pour hommes là où, me semble-t-il, il n'a jamais été question de laisser le choix aux petites filles de porter tel ou tel rose. Je clos de suite le débat ; je le répète, mon projet de graphzine ne vient rien dénoncer ni révéler. Mais, il se peut que dans un troisième article sur ce projet, je reparle aussi de ces informations. Je ne les possédais pas quand j'ai décidé de dessiner plusieurs portraits épaules d'hommes en rose, certaines sont particulièrement intéressantes. 

 

Verts jeux ou Jeux verts (titres non définitifs) : ce projet prolonge la Boîte noire, concept créatif et objet d'archives regroupant mes créations plastiques, graphiques et littéraires terminées ainsi que mes tentatives sur le sujet de ma relation à la nature - arbre. Pour découvrir l'article présentant ce concept - objet, lire Zoom sur le projet La boîte noire - Tentative de cerner la question, datant de septembre 2025.

Quelle est l'intention de ce graphzine-ci ? De son côté, il présente des situations de femmes faisant corps avec des arbres imaginaires, aux contours tout droit sortis de mon imagination, habituée, cependant à regarder les arbres alentour. Chaque voyage un peu ou carrément hors de Paris ravive le sentiment de reconnaissance que je ressens pour la nature. Une nature qui manifeste sa présence à travers des groupes d'arbres variés, feuillus et conifères, vieillards ou jeunesse aux couleurs et à la physionnomie changeantes auxquelles je suis, je le pense, plus sensible que lorsque j'étais enfant. 

Enfant, les forêts, les bois, lieux de jeux collectifs et de promenades, de cueillettes et de découvertes de trésors, n'avaient pas ce caractère nécessaire, ressourçant, ni n'étaient chargés d'un attachement mélancolique de ma part. Les arbres étaient là, pour y grimper dessus, les gardiens de nos pique-niques en colonies de vacances, là où dénicher des nids abandonnés -  temporairement ou non, ou pour pourvoir à loisir, l'automne, en feuilles à faire sécher dans un herbier commandé par la maîtresse... Les forêts, les bois, lieux de contes et d'histoires d'épouvante, de morts et de vies, n'étaient pas recherchés, convoqués, ils étaient là bien présents sur mon parcours et seraient présents, toujours. 

Jeux verts décline cette relation ludique et physique avec le corps de l'arbre. Le parti-pris est celui de la représentation par fragments, par omissions volontaires de détails, ou si l'on veut, la non représentation d'éléments naturels. Pour venir en résonance avec un autre aspect de ce projet de Boîte noire, la mémoire ou la relation à la nature à travers le prisme déformant - volontairement recherché ou entretenu, de mes souvenirs.

Le projet a progressé et s'est enrichi lui aussi puisqu'à la série de dessins au feutre, marqueur, crayons et stylo à bille, que j'ai pu produire dans l'intervalle s'est ajoutée une série de polaroïds en couleurs. Ce sont des vues d'arbres prises dans des moments de déplacements, à Paris, à Saint-Ouen-sur-Seine et en régions (Bourgogne, Centre-Val de Loire). J'essaie de capter une certaine image des arbres lorsque ceux-ci sont cramés de lumière, qu'ils baignent dans des ciels bleutés ou qu'ils sont assombris par l'atmosphère plombée d'un orage proche. Et parce que FOUTOIR est aussi le lieu et le prétexte d'explorations en compléments du dessin et de textes d'archives, j'imagine intégrer ces images photographiques à la maquette 21 cm x 21 cm. Reste à déterminer comment et... pourquoi ? 

  

Le graphzine autour du Noir entend exposer mes recherches sur la typographie à la main, à partir des travaux graphiques réalisés pour l'abécédaire Grain noir, le livre d'artiste en exemplaire unique imaginé après mon défi graphique d'octobre 2023. Le projet d'écriture de caractères est mené depuis trois ans et se développe en tous sens, en 2D et en volume. Cette manière de conduire en rhizomes un projet de création empêche pour l'instant de trouver une forme unique de présentation. Aussi, pour ce projet d'édition-là, à mon corps défendant et en contradiction avec ma recherche d'une méthode de création et de production plus "offensive", il me faudra plus de temps pour y voir clair. 

A suivre.

©ema dée

jeudi 19 mars 2026

Petites & Grandes frousses, une invitation toujours actuelle à explorer nos peurs

Faisant immédiatement suite à l'article que j'ai publié en février sur la reprise de mon projet de graphzine FOUTOIR, voici un petit focus sur le #2 de cette publication en édition limitée, imaginée et autoéditée en 2024.
 
Petites & Grandes frousses fera l'objet de plusieurs présentations à l'occasion de salons d'éditions indépendants successifs, auxquels j'ai eu la chance de participer  ces deux dernières années : SoBD (Halle des blancs-manteaux, Paris 3ème), Salon Micro-édition/ Festival international de Bande dessinée à Lausanne (ou BDFIL), le Salon Made Anywhere (2), enfin le festival Ecrire ! à Rennes. Si à ces diverses occasions culturelles et artistiques, mon fanzine rouge a été regardé, manipulé et interrogé du regard par les visiteurs et les visiteuses, ce n'est qu'au cours de la manifestation rennaise, face à un public venu découvrir ou redécouvrir des livres d'artistes, que j'ai pu déterminer l'impact de son contenu et la peritnence de mon parti pris.

Un contenu qui, à vrai dire, m'a longtemps posé question. En effet, depuis les débuts, en 2011, de mon projet d'écriture créative et de dessin au trait sur la peur ressentie à l'âge adulte, je n'ai eu de cesse de m'interroger sur la valeur et la portée de ces contenus. De ces divers écrits, de ces dessins d'illustration pourtant réalisés à partir d'une recherche documentaire convaincue en Sciences humaines et l'interrogation sincère d'amis proches.

(Cet aspect de mon investigation m'avait d'ailleurs beaucoup amusée, quant à elle. Je posais la question suivante : "Parlez-moi de l'une de vos plus grandes peurs ?" Et, je notais précieusement la réponse donnée, avec selon le cas, une première intuition.) Parce que les réponses collectées, enrichies par mes propres expériences et mes lectures définissaient un cadre d'exploration vivant, le propos m'apparaissait fondé, ancré. Sur le moment. Néanmoins, la cohérence de cette recherche, je veux dire son actualité, ne s'est manifestée à mon esprit qu'assez tardivement. C'est pourquoi, aujourd'hui, je remets ce parcours au goût du jour en montrant quelques-unes de ses facettes de conception et de création. 


1°) Tout d'abord par les images qu'il contient. La couleur rouge vient tisser un fil entre des scènes imaginaires, représentées sous des points de vue variés et dessinées pour certaines à plusieurs mois d'écart, voire une année. C'est que la mise en images des peurs collectées n'allait pas forcément de soi ; il y a eu des tâtonnements. Parfois, l'écriture d'un récit bref, d'un dialogue, d'une définition, a pris le pas sur l'illustration, la mise en mots a remplacé la mise en images. Il y eut aussi des rejets de certains visuels - considérés comme inappropriés ou trop vagues pour le propos. Et puis, pour l'économie du graphzine, dont le nombre de pages a été limité à 24 contre les 102 pages du premier livre, il aura fallu comme "dégraisser". 
 
2°) Par la couverture, par le titre (global et de partie), pour lesquels j'eus aussi quelques hésitations. Que devais-je conserver de la première mouture de Peurs, Images & Textes de 2014 ? Les essais de mises en pages du texte de la quatrième de couverture, les recherches dans la combinaison harmonieuse entre des polices manuscrites et des mots dactylographiés ou celles concernant les matières que je souhaitais obtenir et que je voulais très présentes... tout cela a été permis grâce à une démarche de réactualisation critique de mon propre propos et de ce qu'on appelle la "réactivation d'archives" à travers un mode créatif et réflexif.
 

3) Par l'affirmation d'un choix coloré et d'un style graphique spécifiques. Le trait est fin, dense, noir ou rouge. Le style expressionniste. L'influence de la gravure ne se cache pas. C'est dans l'après-coup que ces partis pris sont devenus comme une marque de fabrique et le signe d'une intention pour ce projet d'inventaire. La couleur rouge, quant à elle, fait directement référence à un moment de ma vie, à une pièce bien précise, une salle de bain, dont les murs avaient été peints en rouge profond par mon père. Le fanzine a toujours eu et conserve une origine "utérine" - si je puis dire. 
Pour sa part, l'idée sous-jacente qui m'a fait utiliser initialement l'adjectif  "nue" fut celle de proposer un inventaire sans fard de la Peur. Un peu brute et brutal. D'où le style graphique, les outils utilisés, les cadrages retenus... L'étape au cours de laquelle j'ai créé des matières picturales monochromes pour rompre avec le dessin de couverture au sujet un peu attendu et que j'avais produit pour accompagner un texte autofictionnel sur les animaux, a permis en 2024 de partir dans une tout autre direction. La dimension "poétique" du premier titre du graphzine a été écartée. Le caractère un peu BD de la couverture initiale a été lui aussi abandonné.
 
 


 
Dans l'intervalle de temps entre les deux projets d'autoédition, d'autres expériences créatives sans rapport avec eux ont eu lieu dans mon atelier de poche. Elles furent plastiques, en volume, sonores... J'y ai fait des découvertes. Notamment celle-ci : la recherche-création thématique menée au long cours peut gagner en intérêt, si elle s'autorise à se déployer à travers différents objets - uniques - ou en multiples. Ainsi, la Peur explorée à travers le temps, les traces déposées par mon étude, ont joué le rôle d'une matrice à partir de laquelle il est devenu possible d'investiguer au niveau formel, textuel, sémantique et esthétique. Et, de manière métaphorique, de réinterroger mon rapport à la frayeur, à la phobie, au trac, à la surprise, à la névrose circulaire...  sous un mode ludique, par exemple.
 


 
p.s. : Le graphzine Petites & Grandes frousses est disponible sur demande au prix net de 15 euros. (Le montant des frais de port est déterminé selon le pays d'expédition et le nombre d'exmplaires désirés). De la même manière, illustrations et dessins originaux produits pour le projet sur papier aquarelle ou papier Bamboo et de dimensions 20 cm x 20 cm, peuvent être acquis, ainsi que des reproductions faites par mes soins sur papier numérique. Le prix de ces oeuvres sont donnés sur demande.
 
(Par contre, les objets nouvellement créés pour accompagner ce fanzine ne sont pas à vendre.)
 
Intéressé.e.s ? Contactez-moi par mail ou laissez-moi un commentaire. Merci à vous ! 😊

©ema dée

mardi 3 mars 2026

Séries Rose, verte ou noire... mon graphzine FOUTOIR reprendrait-il du poil de la bête ?

Chères toutes, chers tous, 

Curieusement, dès que je publie des nouvelles de ma très récente production en cours sur instagram, l'élan enthousiaste s'épuise dès le lendemain. Dès le lendemain, voilà que la source à idées est épuisée. Comme si le fait de dire, - de partager plutôt -, me mettait soudain dos au mur, face à l'inéluctable : créer ou perdre sa dignité ! Faut-il pour créer vivre cachée ? Je dirais même plus : Faut-il pour faire aboutir ses idées ne piper mot de soi, alentour ?

Je me permets donc, ici et nulle part ailleurs, d'explorer ce sentiment bizarre d'être dépossédée à partir du moment où je me/ le livre, même par fragments. 

Par exemple, cela fait déjà plusieurs semaines, mois, que j'évoque la poursuite d'une de mes nouvelles création en autoédition, le graphzine FOUTOIR/ archives vivantes, avec un prochain numéro portant sur le rose masculin. Et pourtant, bien qu'il me semble qu'il arrive comme une évidence après la collection Horlart, les premiers livres autopubliés hors collection et le #2 Petites & Grandes Frousses, je traîne la patte, je procrastine, je tergiverse, je m'agite en tous sens et j'hésite, je me QUESTIONNE ! 

 

Il faut dire que parmi mes méthodes de travail, il en existe une qui trouve sa logique dans la prise/ perte de temps. Depuis deux ans, je me laisse du temps, pour respirer, imaginer des possibles, entre les publications. Leur donner le temps d'être découvertes grâce aux salons, aux festivals, et à moi depuis mon atelier, de penser à des formes d'autopromotions inédites. Et je me laisse du temps entre les différentes étapes d'une création seule. Je ne devrais peut-être pas, finalement. Ce rythme saccadé s'explique avant tout par une adaptation qui commence à dater à des contraintes professionnelles marquées par des ruptures et de nouveaux contrats ainsi que des temps de formations ou de préparation de concours liés à mon autre vie. J'ai pris l'habitude d'avoir peu de temps pour ma pratique artistique. Aussi, celle-ci a-t-elle été menée durant des années par à-coup, par vague(s). C'est pourquoi prendre mon temps ne constitue pas en soi un problème. A priori...

Sauf qu'à force de me donner du temps, les projets de création s'accumulent dans des dossiers et à certains moments, j'ai comme un bug. Parce que je ne sais pas par quoi commencer quand je me plonge à nouveau dans ces archives, je ne sais pas à partir de quoi me remettre au travail. C'est la panique ! Associée à ce sentiment, celui de passer à côté des choses les plus intéressantes, de gâcher ma créativité, la pertinence de certaines pistes, en me donnant l'excuse du temps et en ne sachant plus quoi reprendre ou sur quelle archive diriger mon énergie et mes idées. Si la chose ne ressemble à rien de spécifique sur le moment, qu'elle ne raccroche avec aucun de mes projets en cours, avec la distance - cirtique, forcémeent ! -, je vais y voir quelque chose émerger, à un moment donné. N'est-ce pas un leurre ? Un leurre pour tromper la peur de m'y mettre vraiment ?

Car, aujourd'hui, prendre mon temps ressemble plus à une excuse pour m'adonner sans réserve à une autre actvité dont l'origine date elle aussi : expérimenter, explorer, pratiquer avec le seul but de pratiquer, de plonger dans des formes nouvelles à venir. De ces moments, de multiples traces, en volume, en dessins plus ou moins aboutis et la conviction que je me prépare là des projets à venir : mes archives en cours. C'est-à-dire que je tente de semer des graines, qui auront le temps de germer, puisque entre temps, dans l'intervalle, je vais faire aboutir d'autres projets. A bien y réfléchir, n'est-ce pas une sorte de fuite en avant 

J'apprends d'aucuns qu'il est possible de se déformater, il est possible de casser un système d'organisation, une manière de penser obsolète, inadéquate, bloquante, pour en mettre une autre en place, plus en phase avec le moment. J'apprends aussi de quelqu'unes que cette angoisse, omniprésente, qui se loge notamment dans ma poitrine, entre les salons et les festivals que je fais, pile dans la période où il faudrait justement que je produise intensément portée par le souvenir bienfaisant d'échanges encourageants, la vente de mes livres, de mes dessins,  peut être trompée par une activité continue, mais bien conduite ! Vers la production et la création d'objets identifiables. Je veux dire, des formes abouties pour des contextes artistiques et littéraires identifiés. Il convient non plus de produire dans la perspective de, comme attendre l'autorisation de je-ne-sais-qui pour faire, mais de produire pour créer la perspective de, car la perspective de existe de toute manière. Je le sais ; je possède également des archives de diverses pistes, dans l'édition, l'exposition d'art, la pédagogie, la recherche... De plus, c'est un état, produire pour créer, qui doit être le plus permanent possible, considéré non plus comme une activité ponctuelle, mais comme une véritable activité source de revenus, de réseaux et de fiertés - tout à la fois !

Pour donner corps concrètement à ce nouveau mot d'ordre, j'ai décidé de mener de front la création de trois nouveaux graphzines FOUTOIR à partir de mes dossiers archives :

- Série rose (titre provisoire) : ensemble de portraits d'hommes accompagnés de leur objet/ animal/ mot fétiches ;

- Caractérologies naturelles  (titre provisoire) : ensemble de dessins sur la relation corps de l'arbre - corps de femmes ;

-Typomaniac ! (titre provisoire) : exposition organisée d'un choix de fonts de couleur noire issue de ma production personnelle.

Rendez-vous dans un ou deux mois pour observer le(s) beau(x) résultat(s) concrets de ce nouveau rythme créatif ! 😉

Et pour patienter le temps que de l'idée conçue émerge un nouvel objet concret tiré en 20 exemplaires dans la perspective d'un prochain salon. Le temps que des intuitions renvoient à des réalisations palpables et surtout feuilletables à la table d'un festival à venir. Je vous propose de vous mettre sous la dent des images rouges rouges, des textes noirs noirs, le tout imprimé sur papier blanc. Voici une courte vidéo qui présente le #2 de FOUTOIR/ archives vivantes : Petites & Grandes frousses.


©ema dée 

mercredi 28 janvier 2026

Les objets - livres d'Ema Dée se préparent pour le Festival "Ecrire !" à Rennes.

AVIS de nouvelle et très proche perspective d'exposer et de s'exposer. Le 7 et le 8 février prochains, je serai à Rennes au Festival Ecrire ! 

Tourné vers l'édition indépendante, le livre d'artiste et la micro-édition, Ecrire! fêtera ses trois ans d'existence. Je suis ravie d'être de la partie car c'est l'occasion, encore une fois et toujours dans ce genre d'événements artistiques et culturels, de faire des rencontres et des découvertes qui boostent sa propre création, et font du bien - tout simplement !

Mon petit programme d'exposition personnel est quasi prêt. DES LIVRES, DES LIVRES, DES LIVRES !... 😉


A côté de ce que je peux dignement considérer comme mon fonds de commerce, à savoir, mes autoéditions toutes carrées, mon 1er graphzine et le 1er numéro de ma revue-zine,  j'exposerai, je présenterai et je commenterai les créations éditoriales nouvellement produites dans mon atelier du petit livre d'artiste - ainsi que j'aime à le nommer. 

Un atelier de créations nomade d'où naissent des objets à lire, uniques ou produits en très petit nombre d'exemplaires. Abordant ou traitant de ma relation aux arbres de ma mémoire, ils sont thématiques pour le moment, mais pas forcément pour toujours. En effet, l'atelier se définit et dessine les propres contours de son champ d'exploration en même temps qu'il donne le jour à ces objets singuliers. Certains de ceux que j'apporterai dans ma valise ont déjà pu être montrés au cours du Salon Made Anywhere (2) en septembre 2025. 

En quelque sorte, Festival Ecrire ! me permet de prolonger l'expérience de développer et d'approfondir, parallèlement à une micro-édition de livres imprimés et définis par une "ligne éditoriale", des créations livresques et artistiques. Elles sont volontiers plus mobiles dans leurs formes et leur contenu, car s'y exprime un autre rapport à la Lecture, à l'Objet, au matériau et au Faire. Tous ces éléments qui sont déjà présents dans mes recueils en textes-images de la collection horlart ou dans mes libres adaptations PINACOTEXT. Cependant, ceux-là sont envisagés différemment. Car, ils ne sont pas contraints par des gabarits formatés. Par exemple, un nombre de pages selon un type de reliure particulier. 

.... Et DES IMAGES, DES IMAGES ! 😊

Chaque salon, festival ou exposition titille mon imagination en ce qui concerne les à-cotés de l'auto/ micro/ édition, les goodies - les produits dérivés, quoi ! Que proposer, en plus, de sympa et d'aisément collectionnable, mais qui n'escamote pas l'esprit "Livre". J'y réfléchis et réponse(s) - en images, évidemment, bientôt !

Petits rappels donc, pour celles et ceux qui auront la possibilité de se déplacer jusqu'à la petite métropole bretonne la semaine prochaine ou qui s'intéressent à distance au festival rennais :  

- Suivre l'événement : https://www.instagram.com/festival.ecrire/

- Visiter le festival : Espace lecture Carrefour 18 - 7 rue d'Espagne, 35200 Rennes. 

- S'y rendre sur place : Métro/ station Fréville – ligne A ou Bus/ lignes 13, 61, 72, 74, 79, 80.

- Jours et horaires d'ouverture : Samedi 7 et dimanche 8 février, de 10h à 18h.

Au plaisir de vous y retrouver ! 😊

©ema dée 

samedi 20 septembre 2025

Zoom sur le projet "La boîte noire - Tentative de cerner la question"

Ce qu'est La Boîte noire ? Pourquoi "Tentative de cerner la question" ? Tout se combine à partir du moment où je dois exposer à l'oral, en 2021, dans le cadre de la validation d'une formation universitaire, le fruit d'une recherche thématique en histoire de l'art contemporain - arts plastiques - anthropologie. Des feuilles de papier carbone griffonnées et chiffonées, des dessins d'étude sur calque, des textes denses imprimés par erreur, des photos réunies la même année dans un livre "éventail" relié à la main, un très petit recueil de poèmes brefs, un ensemble de paysages imaginaires couleur de cendres... et une boîte d'archivage noire, en carton, achetée pour tout contenir durant le voyage en métro, jusqu'à la salle de soutenance de la faculté. 

La boîte s'est ouverte, son contenu hétéroclite a été présenté, commenté, rangé, puis la boîte s'est refermée pour ne plus s'ouvrir avant deux ans et demi. Deux ans et demi, c'est le temps qu'il m'a fallu pour mettre à distance les remarques d'autrui que je n'ai toujours pas comprises, et qui me démangent, de mettre à distance aussi mes propres critiques, mes doutes et ma batterie de remises en question. Un temps où fut mise à profit une forme cathartique du vide. Un vide qu'il a fallu combler, pas le choix !, avec la création d'autres formes, elles aussi arborescentes. Deux ans et demi, pour s'apercevoir de la persistance aiguë de la question suivante : pourquoi cette/ ma connexion avec le végétal, cet intérêt à la fois profond et superficiel car il ne se préoccupe pas du tout de la taxinomie scientifique ? Je veux dire, par exemple, j'aime les arbres pour leur hauteur, leur frondaison, leur écorce ! Pourtant, je ne peux en reconnaître que 10 ou 15, guère plus. Les fleurs me fascinent... Mais de combien d'entre elles suis-je capable de citer le nom ordinaire ?

Tenter de cerner la question, c'est se lancer vers, tendre vers et considérer que de tout ce qui est fait sur le chemin, explorations, expérimentations, que de tout cela, il peut germer quelque chose. Que la chose recherchée est informée par la quête elle-même. La boîte noire se veut l'illustration de l'idée que je souhaite défendre et qui est celle-ci : que la recherche - création sur le motif de l'Arbre se nourrit de ces/ mes incessants va-et-vient ou rebonds ou chutes ou encore contrepoints, élargissements...

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Regards sur quelques-unes de ces explorations, expérimentations, élargissements, rebonds, chutes.


Le livre - typo  Mes essences vives
 
Croisement entre l'exploration la plus large et la plus ludique de la reliure à spirales en plastique et la poursuite d'une recherche formelle sur la lettre dessinée à la main. Pourquoi cet engouement pour ce type de reliure ? Car engouement il y a. J'utilise de plus en plus ce type de reliure, bien aidée par la relieuse - perforeuse dont je me suis équipée il y a déjà plusieurs mois. Donc, pourquoi cet intérêt ? Très certainement parce que, ramenée aux travaux d'impressions universitaires, elle a pu être perçue négativement, j'ai eu envie d'en faire un nouveau territoire d'investigations. La spirale en plastique se présente dans de nombreux coloris et dans des diamètres variés, ce qui augure bien des réflexions... Quelques mots sur l'emploi de la lettre dans ce livre particulier : ici, les pages sont des lettres et les lettres forment une bribe... que l'on peut ou pas vouloir poursuivre pour soi-même... Il y a dans cet objet comme une invitation à déchiffrer avec les mains.
 
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Le livre - triptyque  #004700
 
Imaginer une manière particulière d'accéder à de l'information poétique et iconographique. Il n'est pas question ici de détourner mais plutôt de reprendre les codes de présentation d'un catalogue d'exposition qui date un peu, et cela, pour un usage consciement esthétique autant que pratique. Le livre propose une errance organisée dans trois chapitres distincts. Ces chapitres distincts ont comme pour point commun d'offrir chacun une ouverture sur mon expérience relationnelle avec la Nature et la matière arboricole de ma mémoire. L'errance tactile est, en particulier, soutenue par le recours à trois supports d'impression différents.
 
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Livre - inventaire Nouvelle caractérologie
 
Chercher à adapter une oeuvre propre pour qu'elle trouve sa place dans un nouvel espace à la fois poétique et géographique : je dresse des inventaires d'arbres imaginaires à l'aide d'outils graphiques privilégiant le trait, la ligne, d'une part, la couleur noire, d'autre part. J'en fais une première présentation sur des pages d'imprimante reliées les unes aux autres par des morceaux de scotch opaque ; l'ensemble se déploie à la fois comme un livre et comme une affiche qui mesure, une fois l'emsemble des pages dépliées, 1,10 m sur 1,80 m. Je réinterroge l'élan créateur à l'origine de ces formes arboricoles : composer des portraits. J'en fais pour le Salon Made Anywhere (2) un carnet aux feuilles cousues présentant des arbres noirs rehaussés de peinture dorée. La précarité et la modestie de l'oeuvre de départ sont rejouées lorsque j'ajoute une couverture en papier translucide qui doit être manipulée sous les doigts avec précaution, au risque d'y laisser ses empreintes digitales.
 
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 Livre - monotype  Les bras tendus et Au rendez-vous

Petit carnet relié présentant au fil des pages que l'on tourne des traces de couleur noire, au dessin varié, le livre - monotype propose une expérience tactile, poétique et ludique. La pulpe de chaque doigt est ici tout-à-fait sollicitée ; le regard se doit d'être en permanence en éveil car il a compris que des bribes de mots, de textes, se cachent, mais qu'aucune logique ne prévaut à l'ordre dans lequel elles surgissent sur la page en papier grenu et épais. En amont de la création de ces pages, d'abord, l'expérience de la gravure monochrome à partir d'une matrice ronde, en bois - l'intérêt pour la répétition du geste qui ne s'imprime jamais vraiment parfaitement à l'identique est titillé -, et puis, le hasard de la découpe qui redessine l'aspect des empreintes sur le papier blanc.
 
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 Livre - boîte à images  Arboraissances

Déjà présentée ailleurs dans un autre article, cette création de petit format s'amuse à proposer diverses images - fragments de dessins et d'impressions d'art réalisées sur une multitude de papiers (kraft brun, papier calque opaque, papier gravure, papier photo...) Elle peut être considérée selon le point de vue de celui qui la tient en main : archivage d'une expérience en atelier d'édition parisien, ou invitation à jouer, seul(e) ou à plusieurs, avec des images propices au déclenchement de discussions, de rêveries, ou encore, tout simplement, objet d'art particulier, un petit quant - à - soi coloré de poche. Un texte un peu drôle accompagne ce lot d'images insolites : arbres imaginaires, groupes de filles rigolotes, photo  floue de vraies feuilles...
 
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 Livre - leporello Promenons-nous...

Sur quelques mètres, le regard du spectateur se promène de paysages cendrés en paysages naïfs, il tombera en chemin sur une paire de bottes, sur le tronc d'un arbre, sur une fille en rouge. A moins que ce ne soit la fille en rouge qui tienne le spectateur par le bout du regard pour l'amener jusqu'à la fin... La forme du leporello est vastement explorée dans ma création de livres uniques. Depuis que je connais l'album sur Paris Vues d'ici de Joëlle Jolivet ou les livres-musées de Kvétà Pacovska tels que Couleurs du jour, je ne manque pas une occasion de me livrer à de rigoureux pliages à qui mieux - mieux, dans la perspective de pouvoir déplier les pages les unes après les autres, et de déployer le dessin, une narration sans textes...
 
A suivre... 

© ema dée