https://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010214387616133952.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010314387616133956.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010314387616133953.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/05/18//19051811441314387616242579.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010314387616133954.pnghttps://nsm09.casimages.com/img/2019/02/24//19022407010214387616133951.png


Affichage des articles dont le libellé est PROJETS/ Interstissage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est PROJETS/ Interstissage. Afficher tous les articles

dimanche 12 avril 2026

Situation plastique n°9 : En cheminant avec les points, les taches et les espaces chers à Pierrette Bloch

Retours sur un atelier d'exploration, de recherche et de création en work in progress avec un libre compagnonnage, celui de l'artiste plasticienne franco-suisse Pierrette Bloch (1928 - 2017).
 

Aucune direction précise n'a été fixée pour le moment ; je fais des va-et-vient entre les textes qu'elle a écrits, notamment extraits de Discours et Circonstances (éd. Méridianes) ou des catalogues et monographies récents qui la concernent. Par exemple : Pierrette Bloch, Multiples : intégrale  (éd. Bernard Chauveau) ou Pierrette Bloch, la peinture la peinture par d'autres moyens, chez le même éditeur.

Sans direction précise donc, car il s'agit d'un parcours de rencontres avec les mots, les traces peintes et les formes dans l'espace et le temps de l'artiste minimaliste, abstraite (et un peu art brut, quand même). Ces rencontres existent depuis plusieurs années, mais c'est en 2025, plus exactement, 
après ma visite au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne (ou MAMC), qu'elles ont été suivies de la production de traces peintes au sein de mon atelier. Je les explore dans de multiples directions, à la faveur de carnets d'abord, et qui, pour leur part, sont organisés en thématiques plastiques. Le second support permettant de consigner les variations de cette exploration est le papier blanc, épais, d'un format plus plus grand qu'à l'ordinaire. L'ensemble "carnet - feuille" favorise le déplacement et le déploiement du geste ; je dessine et peins sur format 20 cm x 20 cm jusqu'au format 60 cm x 85 cm.
 
 
Les idées pour une production concrète arrivent en faisant ; elles sont notées au fil des découvertes. Parce que l'espace que crée la dimension de recherche - création, l'attention quasi permanente qu'elle demande, fait émerger des connections entre des projets différents, mes préoccupations d'hier et du moment, et mon environnement culturel régulièrement enrichi par des nouvelles rencontres et découvertes.  

(A ce propos, je peux citer les plus récentes : Mickalene Thomas (1971 - ...), peintre et photographe noire américaine, qui s'approprie notamment (mais pas que !) les codes de la représentation du Modèle féminin en peinture dans une perspective critique ; Magdalena Abakanowicsc  (1930 - 2017) pionnière de la sculpture monumentale textile qui interroge le format, la cimaise et la présence de l'oeuvre comme manifestation du Vivant. Je peux aussi noter ici les réflexions que je me suggère ma visite de salons, ainsi de Drawing Now 2026 ou l'édition 2025 d'Art Paris - Grand Palais : la place de la figure dans le dessin contemporain et la variété des oeuvres dites "sur papier", la monumentalité du geste et l'exposition comme oeuvre, l'atelier - sanctuaire, enfin, l'enfance comme creuset des expériences premières.)
 
 
Je me souviens, je découvre l'artiste plasticienne contemporaine Pierrette Bloch à la faveur de ma rencontre avec une oeuvre des plus insolites, une longue scultpure de crin, exposée au Cabinet d'art graphique du Centre G. Pompidou. Je m'étonne d'abord qu'il s'agisse là d'un dessin ; rapidement, cependant, me vient une compréhension. C'est un dessin dans l'espace, qui à la faveur de la lumière naturelle changeante ou de l'éclairage, laisse son empreinte sur le mur. En outre, c'est une oeuvre dont l'apparente délicatesse peut faire écho à la fragilité et la précarité d'une trace laissée sur un support papier. Les principales caractéristiques de dessin dit "contemporain" sont ici bien identifiées !

J'explore la trace (la tache, le point) de diverses manières et dans des contextes questionnants. Ces empreintes comme le geste qui leur donne naissance seront dessinées et exposées (au sol ou au mur), installées et filmées : toutes ces formes du dessin qui s'organisent - en collections presque thématiques à l'intérieur de grand sujets plastiques -, sont encouragées par ce que je saisis du cheminement de la sculptrice, au fil de mes lectures.

Le noir est au coeur de mon investigation, car cette couleur fait partie de ma propre démarche, autant dans le dessin (d'art, d'illustration) que dans le livre (livre uique ou livre imprimé). C'est ainsi que se crée un tout premier lien entre deux univers plastiques distincts - celui de Pierrette Bloch, abstrait, et le mien, qui derrière son caractère éminément figuratif, cache une douce tendance vers une forme particulière d'expression plastique s'autonomisant de tout contexte évident auquel rattacher ce qui est représenté. Et, au regard des pratiques que je vois exposées dans les salons, les galeries, je me demande s'il n'y a pas de l'abstraction dans ma propre figuration - narrative. Notez que mon inclinaison vers une sorte d'abstraction n'a jamais été très éloignée de ma réflexion d'illustratrice et d'artiste figurative, notamment lorsqu'elle concerne la question de la matérialité du souvenir.

 
Le temps est une donnée essentielle, une nouvelle fois ; elle l'était déjà lorsqu'au cours de mon Master 2 Arts plastiques - Art contemporain et Sciences humaines à l'Université Paris 8, j'explore ma relation à l'Arbre, en particulier, à travers son rapprochement avec celle entretenue par le sculpteur italien Arte povera Giuseppe Penone ( 1947 - ...) Le temps est celui de la pratique concrète et de la lecture, celui du geste qui se fait performatif et celui des pauses que je ménage entre mes sessions de dessins de taches et de points. Le geste comme procédé plastique et comme notion vient en troisième lieu cadrer et questionner la manière dont je m'approprie l'espace vierge d'une feuille grand format. La couleur est présente grâce à la recherche ou l'exploitation de supports nouveaux, notamment le papier kraft d'emaballage déchiré ou le papier japonais froissé. C'est une couleur qui se fait discrète pour l'instant ; car je souhaite mettre à distance le plus longtemps possible l'utilisation d'outils et de médiums plus traditionnels, tels que l'encre Ecoline et le pinceau rond ou le pastel gras.


 
Une première rencontre entre traces sur papier et volume se fait jour avec le travail de la terre crue qui se systématise - depuis 2024, également. (En quelque sorte, celle-ci a été boostée pas la création, dans le cadre d'une pratique de loisir, de poupées, de marionnettes et de pantins... Un exemple tout récent est à (re)découvrir avec l'article publié en mars dernier et portant sur la création d'une figurine d'anniversaire.) 
 
Il s'agit pour le moment de recherches à tâtons, qui viennent cependant résonner avec, 1°) l'envie de créer un album à partir d'un texte connu préexistant ; 2°) l'envie de disposer d'un ensemble d'objets mobiles de petit format, que je peux déplacer sur de grands espaces plastiques, selon mon désirA suivre...
 
©textes, images et vidéo ema dée

mardi 7 avril 2020

Confinement # 5 : J'expérimente une lecture poétique (dans un cerceau) du texte "Les carcasses" de R. Federman... et vous ?

Interstissage #2 : dans ce second projet artistique, je m'insterstisse0 à un texte littéraire, avec pour mot d'ordre, produire une oeuvre inédite composite à partir de ce texte, et pour directive, faire appel à tous les moyens d'expressions éprouvés, connus, pertinents. À l'issue d'un parcours réflexif et d'une lente gestation, une histoire, je propose une lecture à voix haute (performative poétique) faisant intervenir, à la fois, le corps (fragment), la voix (off), l'image (composée), le bruit (artisanal) et l'objet.

Tout d'abord, il y eut une rencontre...

Il était une fois un texte littéraire qui avait été photocopié sur quatre feuilles blanches A4, puis agrafé une seule fois, afin d’être diffusé et découvert de la manière la plus accessible parmi et par une communauté de jeunes esprits réunis. 

Imprimé à l’encre noire au recto comme au verso des feuilles blanches susmentionnées, le texte était et est toujours un extrait, c’est-à-dire un fragment honorable d’une œuvre littéraire d’importance. Par honorable, il faut comprendre judicieux ; le fragment, sans renfermer la quintessence absolue de l’œuvre littéraire d’importance qui l’englobe, donne une image assez représentative et parlante — mais pas bavarde — de ce que l’œuvre d’importance peut être et est au bout du compte, dans son entièreté : un morceau expérimental, un objet littéraire non identifié (ou OLNI), une singularité textuelle post-moderne traitant avec un humour mâtiné d’ironie de la mort comme traversée et, paradoxalement, comme expérience de vie.


La portion pertinente mais non limitative de la singularité post-moderne imprimée en noir sur le blanc légèrement ombré de bleu des quatre feuilles fut notamment mise entre les mains pleines d’esprit d’une étudiante temporaire à l’Université du Havre. L’étudiante en pèlerinage créatif et aux mains pleines de livres aimait les migrations et les expéditions en tous genres, surtout celles susceptibles de raffermir ses compétences dans la Maîtrise ancestrale des mots-images. La fille s’intéressait, en effet, au plus élevé des points
— et des degrés —, à la création dans ses us et coutumes les plus diverses, comprenons, protéiformes, surprenantes, engagées, critiques — artistiques, quoi ! 

Elle fut donc raffermie.  L’évènement se déroula il y a de cela un certain temps.

L’étudiante en est là, assise sur sa chaise havraise, dans un tête-à-tête circonspect avec un OLNI : une liste des transmutations subies par des carcasses de personnalités et de personnages célèbres et présentées les unes à la suite des autres, comme entassées dans la lecture. Malgré son esprit alerte et respectueux que n’entame en rien son identité d’emprunt, la dite pèlerine ne saisit pas exactement ni précisément
— encore moins avec acuité —, en quoi la liste distribuée parmi ses congénères et elle-même peut être le fragment d’une singularité digne d’être rencontrée durant le siècle en cours. Aussi, une fois son pèlerinage terminé, la fille bien spirituelle et bien patiente range pieusement le texte, l’encre imprimée, l’agrafe et le message, dans un lutin de format A4 à couverture noire et ses 120 vues en plastique transparent, qui se froissent bien trop facilement (cela est tout à fait hors sujet mais devait quand même être signalé). 

Le texte est ensuite comme qui dirait... archivé, à la suite d’autres choses écrites et imprimées au contenu non moins sibyllin... dans l’attente de.


Le fragment honorable fut longtemps regardé, avec une attention certes très scrupuleuse, cependant telle une chose curieuse dont on s’attend à résoudre l’énigme sur son lit de mort. Pour sa part, le fragment restait confiant, certain d’être au moins l'une des portions la plus intéressante de la singularité post-moderne évoquée 31 lignes plus haut. Et à ce titre, il serait un jour ou l’autre à la fois lu ET compris ET manipulé avec l’attention scrupuleuse qu’il sied à sa nature si particulière.

Puis, vint une question : comment incarner dans l'objet la lecture d'une liste traitant d'une manière originale de "métamorphoses" ?...

La clarté lumineuse du message contenu dans l'extrait, son intention et le parti-pris d'écriture, mit néanmoins un certain temps à parvenir à l'esprit de l'ex-pèlerine. Malgré la grande assurance en qualité de texte singulier que possédait le texte singulier, il résistait à la manipulation de l'experte en la matière verbale. Ce moment-là, c’est-à-dire le jour où son contenu, son message, sa musicalité, son auteur, Raymond Federman1, peut-être, même simplement, la sensation sous les doigts des quatre feuilles sur lesquelles le texte fut imprimé accédèrent à la reconnaissance et la compréhension méritées, arriva à un moment donné.

C’est que tout occupée à relier les choses entre elles par des liens (et des ficelles fantastiques et dans des dispositifs aux protocoles secrets), l’étudiante qui ne l’est que sur le papier à présent, quoique parfois, entre minuit et cinq heures du matin, des bribes de sa vie estudiantine lui reviennent en bouche comme un âcre sursaut de nostalgie, donc l’écrivaine herbue cherchait l’idée. Et cherchant l’idée, elle amassait d’autres expériences visuelles — et muséales , le plus souvent. Et cherchant l’idée, elle attendait que le lien entre les choses qu’elle aimait et les choses qu’elle voulait dire se fasse. Que les ficelles se tressent en un ouvrage fantastique, remarquable motivant. Qu'un dispositif arrive avec son protocole secret. Et que l’Idée avec un grand I pour Intuition Imagination et Invention, émerge.

https://ahp.li/cce74a4e9ee377a9ea4f.mp4

C’est que confinée dans l’atonie paralysante de l’esprit qu’induit le roulis du quotidien, l’idée dans le corps végétal végétait. Elle advint un jour — sans éclat, mais enfantine et grave , derrière les aspects changeants de la Lecture2 à voix haute et ceux ludiques du cerceau3 (= hula hop). Deux activités que la femme affectionne beaucoup. La première parce qu'elle est aussi le véhicule d'une pensée étrangère à interpréter ; la seconde pour son potentiel (ré)créatif, performatif et symbolique.

C'est maintenant que des précisions sur la création inédite accessible en cliquant sur l'image ci-dessus s'imposent...

Précision n°0 : Ce qu'est l'interstissage ? Une démarche de création personnelle développée au cours de mes études universitaires en Création littéraire et visant à l'interprétation d'un univers artistique (plastique, graphique, littéraire...) à travers les ressources de ma propre pratique. Le but ? Proposer un troisième univers autosuffisant : une œuvre inédite.

Précision n°1 : Raymond Federman (1928-2009), romancier et poète franco-américain, auteur de Les Carcasses (éd. Léo Scheer, 2009), a également écrit le "racontar" autofictionnel La fourrure de ma tante Rachel : roman improvisé en (triste) fourire. Cette oeuvre-ci a connu plusieurs publications, notamment aux éditions Circé (1996) ou chez Al Dante, dans diverses collections (2002 et 2009). Dans le premier, selon moi, R. Federman propose avec humour de déjouer la mort comme fin de tout (et de toute chose) ; le second met en scène à la fois le souvenir traumatique d'une expérience précoce de la mort et une analyse des stratégies de l'écriture littéraire de l'intime. Aux adultes, j'en recommande la découverte.
 
Précision n°2 : Cette lecture performance poétique est le résultat d’un entraînement de compétition autant à la lecture qu’au maniement gracieux du cerceau et de la frappe en rythmes et d’une main d’un pichet en métal peint en blanc et rouillé par endroits. Ce que j'ai fait : figurer trois fois le temps. Comme succession délirante d'évènements, par l'articulation rythmée d'une liste ; comme expérience humaine, par l'intégration de mon corps dans le cerceau-cycle quasi ininterrompu : comme objet esthétique, par la mise en scène.

Précision n°3 : Aucun cerceau rose ni pichet blanc ni jupe à pois n'ont été maltraités durant l'enregistrement de cette première expérience de lecture performance poétique filmée et réalisée dans une chambre close, dans une certaine contrée. 

© ema dée

samedi 6 janvier 2018

Interstissage # 1 : "l'écoute oblique" de Christine Jeanney



" Vêtue de [noir], misant sur mon [visage familier], [je demande des renseignements] sur les [masques rouges] et [les minuscules érables] du Japon. Hier, un oiseau automate a déposé devant ma porte [une flûte toute neuve] en répétant en boucles le mot [Japon]. Depuis mon monde rétréci et arrondi - silencieux ici - j’attends de recevoir cette [oreille extérieure valide] qui assurera ma compréhension."

#

je m'interstisse à l'écoute oblique # 36 et - en filigrane - à l'univers créatif de Christine Jeanney, qui se déploie en arborescences depuis tentatives.
une lecture-écoute attentive devient pour moi le support et sert d'impulsion à un mouvement d'appropriation-création-hommage qui s'intéresse à ses images - très concrètes ou au contraire, un peu abstraites, à ses silences, aux espaces vides entre ses mots, tous générateurs d'associations involontaires
mon interstissage se déploie à son tour, en listes sonores, images littéraires, jeux de prononciation
je cherche à rendre compte du rapport qu'entretient, selon moi, Christine Jeanney avec la langue, organisme plastique et littéraire
j'en donne ici une lecture appliquée en 6 propositions personnelles à écouter, lire, dire ou regarder.

#
   
     https://www.aht.li/3163822/ABCdaire_rouge.mp3
     pour réciter l'alphabet, 
    cliquer sur [masques rouges]


 
     pour ruminer des questionnements à l'infini, 
     cliquer sur [je demande des renseignements]


   
    pour suivre cette collection,
    cliquer sur [noir]


     https://www.aht.li/3163829/3_Souvenirs.mp3
    pour partager des confidences
    cliquer sur [une flûte toute neuve]


    https://www.aht.li/3163832/Erables_minuscules.mp3
   pour recueillir des fragments, 
   cliquer sur[minuscules érables - érables minuscules]

  
   
    pour enrichir le portrait imaginaire
    cliquer sur [Japon]
#

Accompagnement : si une impression d'avoir traversé un univers ébauché vous gagne, c'est peut-être que vous n'avez pas tout vu, lu ou entendu. Pensez à cliquer aussi sur les onglets carrés.