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vendredi 12 avril 2019

Un Master pour devenir écrivain ? : pour un retour d'expériences



À la manière d'un préambule 

Dans plusieurs articles successifs, je souhaite présenter un retour d'expériences thématique sur la formation en Création littéraire que j'ai reçue, durant deux ans : de 2014 à 2015, à l'université du Havre, dans le cadre du Parcours Création littéraire contemporaine du Master Lettres et Création littéraire contemporaine, et de 2017 à 2018, à l'Université de Cergy-Pontoise, en Master 2 Métiers de l'Écriture et de la Création littéraire (et de la Recherche en Création littéraire). 

Autant se faire que peut, ce retour entend évoquer des questions/ des points qui ont fait saillis dans mon parcours de recherche et de création littéraires tels que la réécriture d'un texte, l'écrit à la manière de, lire à voix haute/ performer à l'oral, l'étude critique et pratique de genres (les formes brèves, la nouvelle, l'essai), le statut de l'image, quel sujet de mémoire en recherche-création, soutenir un mémoire/ défendre un projet créatif  personnel, critiquer l'écrit d'un-e étudiant-e, le rôle de la directrice ou du directeur de mémoire, mener un atelier d'écriture, par exemple... Un ou plusieurs articles leur seront consacrés ou ils seront abordés de manière transversale. 

La méthodologie adoptée pour l'écriture de ces retours n'est pas fixée à l'avance ; chaque sujet sera traité de la manière et avec la longueur,  le style, le ton qui lui siéront le mieux. Et cela parce que la formation au Master en Création littéraire n'a pas interagi avec les éléments constitutifs de mon parcours de la même façon et avec la même intensité. C'est pourquoi, tout en étant publié dans des rubriques dédiées baptisées À LA LOUPE/... , chaque thème développé concernant la formation pourra aussi venir enrichir d'autres rubriques du blog.

Pour plus de fluidité dans la rédaction — et du coup, la lecture — de ces retours, j'utiliserai quelques raccourcis pour les terminologies ou dénominations les plus fréquemment utilisées.  Je m'efforcerai de les rappeler dans chaque nouvelle publication :

- "l'université du Havre" pourra aussi apparaître sous la mention réduite "Le Havre";
- "l'UCP" (ou "UCP") remplacera l'Université de Cergy-Pontoise ;
- le parcours proposé par le Havre sera appelé "Master Création littéraire contemporaine" ou "Parcours Création littéraire contemporaine" à la place de "Master Lettres et Création littéraire contemporaine" ;
- celui offert par l'UCP pourra être désigné "MECL" pour "Métiers de l'Écriture et de la Création littéraire ;
- la mention "Master en Création Littéraire" ou "ma formation en Création littéraire" désigneront, pour leur part, l'ensemble de mon cursus universitaire dans le domaine. 

Des références bibliographiques personnelles seront données en fin d'article ; des liens hypertextes visant à ouvrir la réflexion et de l'enrichir trufferont peut-être un peu mon propos...  Personnelles : adj. fém. pluriel. Sens 1. Lues effectivement et éprouvées, citées mais pas forcément recommandées.

Enfin, quand l'occasion s'y prête bien, je me permettrai de resituer — en quelques phrases — le sujet dans des questions et contextes artistiques ou littéraires plus globaux.

En guise d'avertissements 
 
La métabolisation de la formation au Master en Création littéraire avec mon parcours et mes ambitions se fait — et continuera de se faire — progressivement. Parce que, peut-on tout attendre d'une formation universitaire ? Qu'elle résolve les questions pratiques comme les interrogations internes individuelles ? Et de croire qu'elle puisse le faire dans l'instant ? Avec des résultats probants ? N'est-ce pas trop naïf, limitatif ou dangereux ?

Les contenus qui seront publiés ici doivent être lus et compris au regard d'un moment M. Ils adopteront sûrement un point de vue, un ton, une énonciation, un style, changeants. Il ne faut rechercher ici aucune vérité, absolue ou relative. Les propos ne composent et ne composeront pas, ni aujourd'hui ni demain, un recueil virtuel de conseils préalablement gravés dans la pierre, une suite d'adages collectifs minutieusement collectés, un guide pratique de recommandations maladroitement déguisé et cherchant une validation. Simplement : ils constitueront un compte-rendu créatif, c'est-à-dire qu'il adaptera sa forme à ses contenus. Avec un point de vue subjectif non dissimulé. Juste. (Et toujours dans la plus grande sincérité, qui je l'espère, n'exclura ni la clarté ni la précision.)

Par exemple, il se peut que cherchant à inscrire cet écrit personnel dans un contexte plus général malgré tout, à savoir les discours et discussions que suscitent aujourd'hui les parcours d'écriture créative à l'université, ou, à exprimer des doutes, des inquiétudes, des limites, des regrets personnels concernant le/ mon parcours de formation, mon point de vue tende à s'exprimer à travers un "je", un "on" indifférencié ou collectif, et un "l'étudiant-e".    

Pour finir, il est important de préciser que la proposition d'écriture présentée ici continue l'effort de partage, de mise à distance et de retours sur soi/ moi que j'ai engagé entre  2015 et 2018 sur ce blog, avec la rédaction d'articles regroupés dans la rubrique À LA LOUPE/Maîtrise... et À LA LOUPE/ Master 2...

Prochain sujet probable de réflexion et de confidences : ce qu'est et ce que n'est pas la formation au Master en Création littéraire... (à suivre)

© ema dée

samedi 6 avril 2019

I comme après l'Inflammation du corps...

Tous les lundis sont inquiets
Tous mes lundis sont inquiets  
Tous vos lundis sont-ils inquiets ?


Tremblement de paupière
La gauche — si nerveuse  
Le dos tout entier craque
La hanche n’en finit pas de grincer
Le crâne — tiré à quatre épingles — rechigne à se mettre 
En branle
Une migraine s’annonce
Comme un cœur greffé dans le cerveau
L’être impatient commence sans prudence

 
C’est qu’il y a beaucoup à faire dans cette vie
Cataclysme de perspectives autoroute de prospectives  
Fantasmes de succès et de gloire — dans l’après-midi

Le pied gauche — raide — vacille  
Dans sa fragile lenteur   
Le pied ramène la volonté galopante 
À de plus sages réflexions

Horrible night, so gloomy day ?  
Une nuit comme une sueur froide
Une seule seconde — assoupie  

Entre deux génuflexions  
Je me suis mise à penser à une fleur
Elle n’a ni couleur ni forme ni odeur
Elle est là  
Posée  
Je me suis posée

Image évanescente d’une corolle  
Qui flétrit s'éloigne disparaît dans ma hâte à en saisir 
Les contours —  sa nature
Au milieu d’un pré du sud  
Une tache — pulsante  
L’herbe lumineuse écrasée
Un ogre vert tendre s’y est allongé  
Un champ de blé ocre — à l'horizontal  
Le long de lignes — roulis  
Dans ma province lointaine  
En bob, débardeur et bermuda

Je pense à une fleur 
Sans odeur ni forme ni odeur — ce matin
Et quelque part
Le bonheur en moi s’est réveillé.

Je lis récemment un petit ouvrage - à peine 60 pages - de l'écrivaine anglaise moderniste Virginia Woolf : De la Maladie. Ce court texte qui se glisse habilement entre l'essai et le récit de soi lui permet de parler — et d'étudier non sans humour — le rapport qu'entretiennent son écriture et la maladie. Il ne m'a pas inspiré ce poème, mais il fut une invitation à réfléchir à l'évocation du corps (la douleur, la gêne, l'accident physique...)  dans mes écrits personnels et à le considérer comme un autre thème à creuser par mes mots et mes images. Peut-être ?

De la maladie, éd. Payot/ Rivages, 2007.
Pour les curieuses et les curieux, deux critiques :  
- Bibiana Morales sur Cairn.info  
- Babelio

Une tentative de se mettre en récit mêlant mots et images, fiction et réalité, passé et présent... qui a commencé ici.

© ema dée