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samedi 20 septembre 2025

Zoom sur le projet "La boîte noire - Tentative de cerner la question"

Ce qu'est La Boîte noire ? Pourquoi "Tentative de cerner la question" ? Tout se combine à partir du moment où je dois exposer à l'oral, en 2021, dans le cadre de la validation d'une formation universitaire, le fruit d'une recherche thématique en histoire de l'art contemporain - arts plastiques - anthropologie. Des feuilles de papier carbone griffonnées et chiffonées, des dessins d'étude sur calque, des textes denses imprimés par erreur, des photos réunies la même année dans un livre "éventail" relié à la main, un très petit recueil de poèmes brefs, un ensemble de paysages imaginaires couleur de cendres... et une boîte d'archivage noire, en carton, achetée pour tout contenir durant le voyage en métro, jusqu'à la salle de soutenance de la faculté. 

La boîte s'est ouverte, son contenu hétéroclite a été présenté, commenté, rangé, puis la boîte s'est refermée pour ne plus s'ouvrir avant deux ans et demi. Deux ans et demi, c'est le temps qu'il m'a fallu pour mettre à distance les remarques d'autrui que je n'ai toujours pas comprises, et qui me démangent, de mettre à distance aussi mes propres critiques, mes doutes et ma batterie de remises en question. Un temps où fut mise à profit une forme cathartique du vide. Un vide qu'il a fallu combler, pas le choix !, avec la création d'autres formes, elles aussi arborescentes. Deux ans et demi, pour s'apercevoir de la persistance aiguë de la question suivante : pourquoi cette/ ma connexion avec le végétal, cet intérêt à la fois profond et superficiel car il ne se préoccupe pas du tout de la taxinomie scientifique ? Je veux dire, par exemple, j'aime les arbres pour leur hauteur, leur frondaison, leur écorce ! Pourtant, je ne peux en reconnaître que 10 ou 15, guère plus. Les fleurs me fascinent... Mais de combien d'entre elles suis-je capable de citer le nom ordinaire ?

Tenter de cerner la question, c'est se lancer vers, tendre vers et considérer que de tout ce qui est fait sur le chemin, explorations, expérimentations, que de tout cela, il peut germer quelque chose. Que la chose recherchée est informée par la quête elle-même. La boîte noire se veut l'illustration de l'idée que je souhaite défendre et qui est celle-ci : que la recherche - création sur le motif de l'Arbre se nourrit de ces/ mes incessants va-et-vient ou rebonds ou chutes ou encore contrepoints, élargissements...

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Regards sur quelques-unes de ces explorations, expérimentations, élargissements, rebonds, chutes.


Le livre - typo  Mes essences vives
 
Croisement entre l'exploration la plus large et la plus ludique de la reliure à spirales en plastique et la poursuite d'une recherche formelle sur la lettre dessinée à la main. Pourquoi cet engouement pour ce type de reliure ? Car engouement il y a. J'utilise de plus en plus ce type de reliure, bien aidée par la relieuse - perforeuse dont je me suis équipée il y a déjà plusieurs mois. Donc, pourquoi cet intérêt ? Très certainement parce que, ramenée aux travaux d'impressions universitaires, elle a pu être perçue négativement, j'ai eu envie d'en faire un nouveau territoire d'investigations. La spirale en plastique se présente dans de nombreux coloris et dans des diamètres variés, ce qui augure bien des réflexions... Quelques mots sur l'emploi de la lettre dans ce livre particulier : ici, les pages sont des lettres et les lettres forment une bribe... que l'on peut ou pas vouloir poursuivre pour soi-même... Il y a dans cet objet comme une invitation à déchiffrer avec les mains.
 
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Le livre - triptyque  #004700
 
Imaginer une manière particulière d'accéder à de l'information poétique et iconographique. Il n'est pas question ici de détourner mais plutôt de reprendre les codes de présentation d'un catalogue d'exposition qui date un peu, et cela, pour un usage consciement esthétique autant que pratique. Le livre propose une errance organisée dans trois chapitres distincts. Ces chapitres distincts ont comme pour point commun d'offrir chacun une ouverture sur mon expérience relationnelle avec la Nature et la matière arboricole de ma mémoire. L'errance tactile est, en particulier, soutenue par le recours à trois supports d'impression différents.
 
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Livre - inventaire Nouvelle caractérologie
 
Chercher à adapter une oeuvre propre pour qu'elle trouve sa place dans un nouvel espace à la fois poétique et géographique : je dresse des inventaires d'arbres imaginaires à l'aide d'outils graphiques privilégiant le trait, la ligne, d'une part, la couleur noire, d'autre part. J'en fais une première présentation sur des pages d'imprimante reliées les unes aux autres par des morceaux de scotch opaque ; l'ensemble se déploie à la fois comme un livre et comme une affiche qui mesure, une fois l'emsemble des pages dépliées, 1,10 m sur 1,80 m. Je réinterroge l'élan créateur à l'origine de ces formes arboricoles : composer des portraits. J'en fais pour le Salon Made Anywhere (2) un carnet aux feuilles cousues présentant des arbres noirs rehaussés de peinture dorée. La précarité et la modestie de l'oeuvre de départ sont rejouées lorsque j'ajoute une couverture en papier translucide qui doit être manipulée sous les doigts avec précaution, au risque d'y laisser ses empreintes digitales.
 
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 Livre - monotype  Les bras tendus et Au rendez-vous

Petit carnet relié présentant au fil des pages que l'on tourne des traces de couleur noire, au dessin varié, le livre - monotype propose une expérience tactile, poétique et ludique. La pulpe de chaque doigt est ici tout-à-fait sollicitée ; le regard se doit d'être en permanence en éveil car il a compris que des bribes de mots, de textes, se cachent, mais qu'aucune logique ne prévaut à l'ordre dans lequel elles surgissent sur la page en papier grenu et épais. En amont de la création de ces pages, d'abord, l'expérience de la gravure monochrome à partir d'une matrice ronde, en bois - l'intérêt pour la répétition du geste qui ne s'imprime jamais vraiment parfaitement à l'identique est titillé -, et puis, le hasard de la découpe qui redessine l'aspect des empreintes sur le papier blanc.
 
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 Livre - boîte à images  Arboraissances

Déjà présentée ailleurs dans un autre article, cette création de petit format s'amuse à proposer diverses images - fragments de dessins et d'impressions d'art réalisées sur une multitude de papiers (kraft brun, papier calque opaque, papier gravure, papier photo...) Elle peut être considérée selon le point de vue de celui qui la tient en main : archivage d'une expérience en atelier d'édition parisien, ou invitation à jouer, seul(e) ou à plusieurs, avec des images propices au déclenchement de discussions, de rêveries, ou encore, tout simplement, objet d'art particulier, un petit quant - à - soi coloré de poche. Un texte un peu drôle accompagne ce lot d'images insolites : arbres imaginaires, groupes de filles rigolotes, photo  floue de vraies feuilles...
 
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 Livre - leporello Promenons-nous...

Sur quelques mètres, le regard du spectateur se promène de paysages cendrés en paysages naïfs, il tombera en chemin sur une paire de bottes, sur le tronc d'un arbre, sur une fille en rouge. A moins que ce ne soit la fille en rouge qui tienne le spectateur par le bout du regard pour l'amener jusqu'à la fin... La forme du leporello est vastement explorée dans ma création de livres uniques. Depuis que je connais l'album sur Paris Vues d'ici de Joëlle Jolivet ou les livres-musées de Kvétà Pacovska tels que Couleurs du jour, je ne manque pas une occasion de me livrer à de rigoureux pliages à qui mieux - mieux, dans la perspective de pouvoir déplier les pages les unes après les autres, et de déployer le dessin, une narration sans textes...
 
A suivre... 

© ema dée

mercredi 10 septembre 2025

Lire La Femme au Salon Made Anywhere (2) : entre perfomance individuelle et lecture collective.

Performer un texte personnel devant un public nouveau et proposer une collaboration de lecture à voix haute dans un contexte inédit, c'est ce que le Salon Made Anywhere (2) m'a permis d'explorer dimanche dernier.

La performance, le poème-liste La femme polymorphique lu durant 15 minutes accompagné de la diffusion d'un enregistrement de mes lectures du même texte, est suivie d'une invitation :  sous ma direction, le public peut lire à son tour un fragment de ce chant. Au sein de la Black Box, l'une des pièces mises en place par le salon, que l'on installe selon son besoin de rencontre et de création avec/ pour le public, elles furent huit femmes à accepter le voyage depuis son commencement. D'abord assises sur des chaises ou de larges chauffeuses grises, elles m'ont écoutée performer dans un silence respectueux, qui m'a encouragé à donner de la voix. Pour sa part, la lecture collective "improvisée" se déroula en trois phases :

- L'échauffement : exercices respiratoires et gestes de sophrologie se combinent afin de préparer le haut du corps, la gorge, la mâchoire, à lire, scander, répéter sans fatigue ;

- L'entraînement : une lecture articulée texte en mains (1er groupe), une diction en choeur sur un rythme lent - le mot Femme est dit plusieurs fois sur quatre temps (2ème groupe), et une sorte d'appel sur un rythme dynamique, vivant (le même mot est lancé, proféré - projeté ; puis, il sera murmuré avec douceur) ;

- La lecture collective :  elle se fait strophe par srophe, suivant la mise en page du poème dans le livre. Au cours de cette première proposition, chaque groupe tient son rôle, à l'écoute de sa propre voix et de celles de ses voisines. Avec certains mots du poème comme points de repère, mes huit femmes chantent, se répondent, s'accompagnent, lient leurs voix.

Dans une ambiance intimiste, baignée de blanc de jaune de bleu, j'ai vécu tous ces instant à la fois joyeuse et fière, portée autant par mon audace que par l'opportuité qui m'a été offerte : mes lectrices ont lu et performé à l'unisson avec un vrai enthousiasme. A leur côté, j'ai joué le rôle de cheffe de coeur totalement à l'écoute de leur présence généreuse. Merci notamment à Geneviève, Ophélie, Phil, Juliette et Emmanuelle !

Quelques heures à peine m'auront suffi, finalement, pour accepter l'invitation lancée par  la scène des pratiques artistiques éditoriales, installée à Romainville, en Seine-Saint-Denis du 5 au 7 septembre : proposer un événement artistique lors de ses trois jours d'ouverture. Une fois l'idée acceptée par la Team du salon, réunie autour de Nicholas Vargelis, il m'a fallu rassembler le matériel nécessaire et me replonger dans un texte que je n'avais pas lu depuis au moins quatre ans :

- le poème-liste La femme polymorphique imprimé, qui, pour l'occasion, se présente à la manière d'un très très très long ticket (Une lectrice me dira, à raison, avoir pensé à quelque chose de mécanique, d'automatique.) ;

- un lecteur - enregistreur de cassettes à bandes magnétiques ;

- le texte de présentation publié dans le livre La femme polymorphique, volontairement caviardé avec un feutre argent (une de mes couleurs - totems) ;

- une tenue de scène en résonance avec la charte graphique du recueil, rose - bleu - vert - blanc - noir ; 

- un haut-parleur pour faire mon annonce quelques minutes avant ma lecture performée ;

- et, trois exemplaires de mon livre à prêter à trois personnes dans le public, lors de la création vocale collective. 

Je ne cache pas avoir ressenti de la fébrilité au moment de mon annonce, de l'impatience, un doute, puis, lorsque j'ai commencé à performer, de la gêne - mon lecteur-enregistreur refuse de fonctionner à cet instant, mon installation micro- enregistreur se révèle inefficace... Pour autant, je resterai concentrée sur le sens que je veux donner à ma proposition artistique, et sur le contenu que je veux offrir à mon auditoire, durant l'heure que le salon Made Anywhere (2) m'a reservée. 

Enfin, à un moment donné - attendu - , tout démarre... et c'est parti !

Mon seul regret ? Ne pas avoir programmé l'enregistrement du chant de femmes de mes lectrices ! A défaut, on peut découvrir une version de ma lecture de ce poème, publiée en 2019 sur la plateforme d'écoute Soundcloud : La femme polymorphique

© ema dée -  photos © geneviève hergott et ema dée

vendredi 29 août 2025

ENCOURS : La préparation du salon (Made Anywhere)... entre actualisation et nouvelles créations.

En préparation tout au long de cet été 2025, un ensemble d'objets éditoriaux, graphiques et plastiques actualisés, mis en beauté ou nouvellement créés de toutes pièces, dans la perspective de ma participation à la seconde édition du Salon (Made Anywhere). Il se tiendra du 5 au 7 septembre prochains, à la Fondation Fiminco, à Romainville.

Design du flyer du salon et de l'ensemble de la communication graphique conçus par @rochdeniau
 
 
Au programme, bientôt exposés et dsponibles sur le stand A9

- Des livres carrés en textes-images déjà exposés dans d'autres salons (Espace Undergroind/ SoBD, Paris ; Espace Micro-édition/ BDFIL, Lausanne...). Ces autoéditions proposant une lecture de textes brefs, poétiques, réflexifs ou humoristiques, accompagnés d'une série d'images en couleurs ou en noir et blancs (portraits, animaux, arbres imaginaires, couples, personnages masculins, objets de la vie quotidienne...) seront accompagnées d'une ou de plusieurs impressions d'art. Ce sont les recueils illustrés et en couleurs de la collection horlart et les livres en noir et blanc hors collection (cf. Page "OBJETS LIVRES").

 
 Sélection de 4 autoéditions parmi les 10 qui constituent une première grande vague de publications à compte d'autrice conçues entre 2019 et 2024.
 

- Le #2 de mon graphzine FOUTOIR et ses deux créations plastiques inédites : il s'agit d'un fanzine de moyen format, qui valorise davantage mes illustrations et mes dessins d'art thématiques, au trait sur papier. Dans une maquette en trichromie, blanc, rouge, noir, un inventaire de mise en images de nos petites frayeurs ou de nos plus sérieuses phobies se présente tel une galerie de "gravures". Ce petit catalogue personnel est introduit par un ensemble de fragments de textes, à la mise en page "recherchée".

Pensé comme un pack "Petites & Grandes Frousses" : 1 graphzine + un dessin d'art en exemplaire unique ou une illustration originale à choisir
 

 - Le #1 de PINACOTEXT (une affiche + une nouvelle illustrée) et son objet - surprise : une publication en série qui s'intéresse à la création d'un objet à lire d'une facture proche du journal imprimé et vendue sur une grande page recto verso. C'est une édition en tirage limité dans laquelle j'ai cherché aussi à faire revivre un plaisir d'enfant : proposer une publication en série sous pochette, celle-ci contenant une surprise comme pouvaient le proposer le magazine Pif Gadget et la marque de lessive en poudre Bonux. 

 
 La revue sous pochette contenant l'objet - surprise ainsi qu'un fac-similé format A6 et une reproduction de la "Une" (ou de l'affiche).
 

- Enfin, la boîte noire "Tentative de cerner la question" ouvrant sur un ensemble de productions livresques en exemplaire unique (ou à très faible tirage). Une boîte archive s'ouvre, en effet, pour laisser voir des livres, des recueils... dont les pages peuvent avoir été agrafées, collées et/ ou cousues entre elles... L'idée poursuivie trouve son origine à la fois dans un désir d'écrire sur les arbres d'une manière poétique et sensitive et de partager des souvenirs dans des objets délicats que j'ai eu grand plaisir à façonner depuis 2015. Pour qu'une relation esthétique particulière se développe avec le regardeur. De loin comme de près. Chaque production est pensée comme un livre d'artiste, dépouillé de scories telles que des collages et des superpositions excessives, une débâcle de matières ou de systèmes de manipulations sophistiquées. J'ai fait ici le choix d'une certaine sobriété.

Le contenu de cette boîte - qui fait référence aux oeuvres artistiques alternatives réalisées par les artistes du mouvement Fluxus, Marcel Duchamp lui-même ou le groupe Artists & Photographs - est aussi le produit d'explorations. En effet, des procédés d'impression que je ne connaissais pas avant d'avoir l'opportunité d'entrer dans le département Édition de l'ENSBAP, durant un workshop de création (la risographie et l'impression couleur avec un traceur, notamment), ont été grandement mis à profit.

 
 Création en cours d'un livre - typo avec des lettres fabriquées dans des chutes de papiers imprimés de motifs d'arbres, préalablement sélectionnés et photographiés par mes soins.

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Retrouvez toutes les infos sur le salon dédié aux pratiques artistiques éditoriales  sur le site : https://madeanywhere.fr

©ema dée @rochdeniau

lundi 24 mars 2025

Avis d'ouverture de ma 1ère boutique en ligne de vente d'oeuvres graphiques sur Etsy !

Je me lance en effet dans une autre expérience d'autopromotion et de création : sur Esty, j'ouvre une boutique en ligne baptisée EnEditionsLimitées.

Il s'agit d'autopromotion car je gère l'ensemble des étapes permettant la diffusion et la vente ainsi que la livraison et le service après-vente de plusieurs de mes œuvres graphiques sur papier. L'idée n'est pas nouvelle, mais elle s'organise mieux, du moins je l'espère, grâce à l'expérience des salons et des expositions qui jalonnent mon parcours d'artiste autrice-illustratrice. Il s'agit également de création. Puisqu'aux premières images mises en vente pour l'ouverture officielle de ma boutique, dont certaines datent de 2012, d'autres productions, plus actuelles et réalisées spécifiquement pour ce nouvel espace d'exposition, viendront s'ajouter au fil du temps, des événements ou de mes envies d'expression.

La boutique se présente comme une manifestation de ma recherche de lieux d'exposition qui utilisent les ressources d'internet pour valoriser la création des artistes. Elle est plus encore, car, dans ce cadre, je m'interroge concrètement et avec plus de force sur la visibilité de mon travail de création. Produisant en majorité sur papier, au trait, en noir et blanc, en trichromie parfois en couleurs et en séries thématiques pas forcément mainstream,  je suis contrainte de réfléchir à trois choses : la mise en scène de mes compétences artistiques, la "scénographie" d'œuvres intimistes et leur médiation auprès de publics non encore identifiés et plutôt habitués à la couleur ou au remplissage de la page voire à sa saturation, là où je valorise le vide... La photographie de mes œuvres, par exemple, me questionne.

 
C'est-à-dire porter une attention particulière à l'apparence ainsi qu'aux contenus d'EnEditionsLimitées afin qu'un.e internaute qui découvre ma boutique sache de suite de quoi il s'agit, tout en étant intrigué.e par la singularité de ma démarche. C'est pour l'instant mon créneau. 
J'ai donc choisi de présenter aussi mes outils de travail privilégiés et de mettre en avant une sensibilité très caractéristique de ma recherche, la sélection scrupuleuse mais passionnée des supports papier. Grâce à eux, qu'ils soient numériques très blancs et lisses ou  de dessin à grain fin, ou encore de gravure blanc crème, je m'amuse à proposer des reproductions contrastées de mes créations originales ou au contraire, des variations plus douces.

 
Les produits de ma boutique EnEditionsLimitées sont par conséquent soit des créations sur papier, dessins ou illustrations, soit des reproductions fournies dans les mêmes formats et dans des formats plus grands ou plus petits. Pour certaines de ces images, il est d'ailleurs possible de me demander des variations. Cet espace a ouvert ses portes virtuelles le premier jour du printemps ; et à cette occasion, j'ai choisi de rassembler des productions autour de la thématique de la Nature : la promenade, la rêverie, la forme des arbres, la métamorphose, les animaux, le jeu...


Rendez-vous donc sur https://www.eneditionslimitees.shop.etsy.com pour découvrir cette offre d'images artistiques à collectionner
 
N'hésitez pas à aimer, me suivre et/ ou à me faire part de vos remarques et/ ou de vos envies. Vous êtes les bienvenus.es !

samedi 1 mars 2025

Nouvelle expérience collective : Créer à quatre mains une étiquette pour une bière artisanale.

En décembre 2024, j'imagine avec mon compagnon Thomas Cloué le design d'une étiquette de bière artisanale. C'est une idée qui nous habitait depuis longtemps ; on attendait le bon moment. Il se présentera sous la forme d'un atelier collectif, Paris 17ème, où l'on vous offre la possibilité de fabriquer votre propre breuvage alcoolisé, en choisissant le malt correspondant à la saveur recherchée, blonde, blanche, stout, ambrée...

C'est tout un protocole de gestes auxquels il faut se soumettre ensuite, sous l’œil vigilant d'un expert lui-même fabricant, et qui vous permet de passer de l'envie d'avoir une bière de sa fabrication à l'étiquetage d'une quarantaine de bouteilles à ramener chez soi.  Peut-être que je consacrerai un article traitant des différentes étapes composant ce protocole. Et pourquoi pas le dessiner ? Une belle idée à garder à l'esprit !

Je n'évoquerai donc ici que la création de l'étiquette .... grâce à une suite de photos brièvement  commentées.

 
Voici deux exemples de l'étiquette que nous avons imaginée pour notre bière belge ambrée. Rien de plus simple aujourd'hui que de dénicher un papier autocollant pour y imprimer une image à partir d'une machine de bureau, que l'on collera partout où on le souhaite. La seule difficulté aura été de coller l'étiquette le plus droit possible. Pour cela, on se servira d'un repère visible sur chaque bouteille.

Le design a été décidé à deux, à partir de mes ébauches et de mes croquis réalisés au feutre, puis vectorisés et mis en couleurs par Thomas Cloué  sur sa tablette graphique. Avec le feutre ou le marqueur, j'ai tendance à aller à l'essentiel ; c'est ce que nous recherchions sans s'être concertés en amont. Avec la tablette, il est possible de faire varier rapidement la composition colorée, de faire des expérimentations, avant de s'arrêter sur une ou deux idées. En ayant testé diverses mises en couleurs, on remarque que chacune s'accompagne d'associations, que certaines sont plus propices à informer sur le contenu de la bouteille que d'autres. C'est une étape très intéressante !

Le dessin-logotype ? Nous avions envie de quelque chose  d'assez simple, net, à la fois rétro et contemporain  qui nous ressemble ! En cours de recherche, je suis allée regardé les étiquettes d'autres bouteilles de bière artisanales, dont j'ai analysé les diverses composantes. Je me suis également appuyée sur deux photographies représentant un buveur  dans un style assez conventionnel. J'avais surtout besoin de comprendre diverses positions du bras et de la main tenant une choppe : saisir le geste un peu caractéristique de l'amateur du breuvage des dieux  et des moines ! Puis, je me suis lancée en privilégiant une technique de dessin au trait épuré, immédiat, poétique et humoristique  inspirée à la fois de la bande dessinée et de la publicité peinte. La palette de couleurs et le jeu d'aplats colorés  non cernés  respectent le style graphique dans lequel Thomas évolue en ce moment.

Le titre ? Nous l'avons décidé ensemble ; il se réfère à un événement personnel. La graphie définitive est un mélange équilibré entre mes premiers jets et les propositions qui ont émergé au fil de la vectorisation d'un de mes croquis retenu par mon binôme.

 
Les informations "de base" ? Je remarque qu'en effet, quelque soit le visuel choisi qui fera la réputation et/ ou la notoriété de la bière, un ensemble d'informations figurent obligatoirement, telles que le degré d'alcool, le lieu d'embouteillage et/ ou de fabrication, le nom de la bière. Celles-ci apparaîtront dans une typographie lisible, mais en harmonie avec l'ensemble.
 

vendredi 7 février 2025

Une recherche-création sur le dessin de lettres aux allures de work in progress

Les images qui suivent rendent compte d'une réflexion menée tranquillement, depuis quelques années maintenant, autour de la Lettre de l'alphabet et des Systèmes de classement et de présentation ordonnée de l'information tels que les index, lexiques, atlas, dictionnaires, abécédaires... Par exemple, je réalise mon premier livre de lettres faites à la main en 2008. C'est dire à quel point cette réflexion dure, s'ancre, évolue à son rythme, mais surtout m'accompagne et m'importe,  intensément !

Comme pour la figuration de la Femme, une autre de mes préoccupations, trois lignes temporelles articulent et rythment cette production. Cela peut expliquer, d'une part, la diversité de formes que prend la recherche dans le même domaine qui est, finalement, l’Écriture dans sa dimension plastique ; d'autre part, le fait qu'il peut y avoir des intervalles assez longs entre différentes productions. Ou encore, que les interrogations à l'origine de chaque création paraissent diverger, sans que cela me trouble, car au final, il s'agit de regarder un même sujet sous différents angles.

Trois lignes temporelles donc : le ponctuel j'illustre un sujet extérieur, j'en profite pour y introduire un dessin de lettres, la contrainte  le mois d'octobre se prête bien à cet exercice. Tout en étant mené selon mes propres règles, il résonne avec le défi graphique baptisé "Inktober", enfin, l'obsession  mon goût pour la typographie est régulièrement réactivé et titillé par des événements (publication livresque, appel à projet, recherche d'un lieu d'exposition, découverte d'un.e artiste, réalisation personnelle...)

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1 - Défi graphique journalier et mensuel : Un abécédaire fait tout à la main. Images et lettres de l'alphabet sont dessinées au stylo à bille noir, sur des feuilles de papier aquarelle rassemblées et pliées pour former un leporello, aisément consultable. Défi, oui, l'accordéon présente au fil des jours un ensemble lettre - mot - image qui doit fonctionner, visuellement. 


2 - Expérimentation : Dans le cadre d'une formation, je crée une première œuvre en papier dans l'espace, grâce à cet abécédaire dans le désordre, conçu à partir d'emprunts faits à une œuvre picturale hollandaise datant du 17ème siècle. Les lettres sont fabriquées dans différents matériaux, colle séchée, cuir, carton, tissu, papier peint... Elles accompagnent une série de dessins mettant en scène un bien étrange bestiaire. Le tout est relié avec du fil de fer ; mais il est possible de faire varier l'aspect de l'installation. Cela introduit un jeu dans la mise en regard des lettres et des dessins entre eux.
 

 
3 - Production réflexive : Une idée de cahier graphique en noir et blanc qui se formalise peu à peu. Pour cela, au quotidien, je dessine avec divers outils plus ou moins familiers. Tout en cherchant à conserver l'état d'esprit du projet à l'origine de cette production conséquente, je n'hésite pas à proposer des variations de la même lettre. La recherche pratique se double d'un questionnement sur mes influences (identifiées et sous-jacentes) et sur les potentialités d'expression d'une lettre seule
 

 
4 - Essai d'écriture poétique concrète : Il est d'usage, lorsque l'on dessine un alphabet, de veiller à ce que les lettres soient harmonisées, grâce à des principes, des répétitions visuelles, un rythme, une architecture. C'est ce que j'ai compris en assistant à des séances de traçage de caractères par des étudiantes.tes en typographie ou en design graphique, en visitant une exposition aux Arts déco consacrée au graphiste, enseignant et éditeur Étienne Robial, en étudiant la composition d'affiches et des planches de modèles de polices de caractères. Je n'ai pas procédé ainsi ; chaque lettre est considérée individuellement. Aussi, c'est par hasard que des mots peuvent à la fois se former et être lus. Peut-être suis-je plus proche du graphiste, artiste et éducateur Ed Fella ?
 
 
 
5 - Expérimenter la lettre en volume : Entre matériaux et matières, trait et aplats, sens et présence, mon cœur balance. Pour dépasser cette difficulté, je m'appuie sur mon besoin irrépressible de modeler, saisir, couper, gratter, tordre... parce qu'il y a, à un moment donné de la recherche-création, un trop-plein d'espaces plats, une saturation ou un ennui, l'impression (souvent fausse) de me complaire dans une habitude de gestes, d'évoluer dans des lieux déjà parcourus... Travailler le plâtre, la corde ou la terre, par exemple, réintroduit dans ma démarche de l'inédit, de l'involontaire du brut !
 

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Si ce contenu vous a intéressé, vous aimerez peut-être aussi :

- Grain noir (Cahier de lettres et de procédés) :  http://www.lehorlart.com/2024/01/chantier-de-printemps-des-idees.html

- Un abécédaire en plein désordre : http://www.lehorlart.com/2022/10/Creer-un-abecedaire-poetique-en-desordre-par-ema-dee.html 

©ema dée

vendredi 31 janvier 2025

Une joyeuse bande pour une carte de voeux 2025 festive et colorée !

Au revoir 2024, bienvenue 2025 ! 2024 est morte, alors vive 2025 ? Pas complètement. On le sait. Car, rien ne meurt intégralement, les choses se transforment, s'épanouissent à partir d'un terreau composite... comme mon style graphique qui me semble évoluer à partir d'un substrat, fait de pas-de-côté, de dessins assurés, d'accidents exploités, d'explorations...


 
Petit retour en images sur ma dernière création de l'année 2024. Pour sa part, cette œuvre graphique-ci puise dans ma découverte  récente  de la technique du tampon, dans mon work in progress commencé en octobre dernier sur la représentation des animaux et dans le dessin au trait  qui est l'une des caractéristiques les plus évidentes de ma production d'illustrations et d’œuvres uniques sur papier de ces dernières années.

 
En dehors de l'utilisation de la couleur à des fins décoratives et d'ambiance, la nouveauté dans cette composition réside dans le choix du format du support et son orientation : une bande de papier aquarelle de 25 cm x 60 cm environ se présentant à l'horizontal pour être parcourue du regard, de gauche à droite. Mon intention, on l'aura deviné, était de mettre en scène beaucoup de personnages différents, mais qui se répondent en formant des couples  des paires complices , au sein d'un grand groupe

En proposant sur les réseaux sociaux une vidéo plutôt qu'une image fixe qui aurait été tronquée à cause de leurs contraintes de publication, la joyeuse bande s'anime  sans que je l'ai prémédité. Et ça marche bien, au final ! Les éléments de l'image défilent permettant de découvrir, progressivement, les textes contenus dans les phylactères, écrits en pensant à l'année qui commence.

©ema dée