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samedi 19 janvier 2019

Résolution n°9 - 2019 : Réussir ses défis créatifs.

Cher-è-r-e-s tou-t-e-s,

Quoi de plus gratifiant et de plus encourageant que d'enregistrer (déjà) ses premières victoires sur soi-même alors que la nouvelle année est à peine commencée !?

Le collectif EmaTom (Thomas et moi-même) triomphe de ses ennemis, doute, procrastination, paresse et tendinite de l'enthousiasme et livre, le cœur fier et satisfait, son calendrier 2019. L'année sera sombre, sombre, très sombre (mais drôle) ou ne sera pas :

 © EmaTom

Le projet (réussi) est le fruit d'une collaboration (encore plus réussie) entre la verve littéraire de Thomas et ma verve graphique. La mise en page des textes est un clin d’œil assumé à la Une des pages de journaux d'hier et d'aujourd'hui, spécialisés dans la publication de faits divers. Le parti-pris graphique, dessin au trait sur fond gris, aplats, pointillés et trichromie est la manière dont le collectif rend hommage à ses inspirateurs, en particulier Angelo di Marco, tout en affirmant son goût personnel pour l'appropriation.

Pour lire quelques indiscrétions de création concernant ce projet inédit, rendez-vous ici.

Merci pour votre engouement !

© EmaTom © thomas © ema dée

samedi 12 janvier 2019

Résolution n°8 - 2019 : Relever des défis créatifs !

En route pour le calendrier 2019 : le collectif EmaTom s'amuse du Fait divers !

L'année 2018 tire à peine sa révérence que déjà 2019 entre en scène pour chacune, chacun, avec son lot de résolutions

  Mois de janvier (en cours)

Le collectif EmaTom (Ema Dée + Thomas) remet le couvert comme chaque fois depuis maintenant trois ans et se penche, dès à présent, sur sa principale résolution : faire de chaque calendrier réalisé une belle occasion de collaborer. D'une année sur l'autre, chacun des membres est placé soit à l'écriture soit au dessin. Ainsi, rituellement, EmaTom se (re)met au défi.  Et qu'il faille écrire ou dessiner, le défi est à la fois semblable et différent au gré des thématiques et des clins d’œil : se réinventer. 

Le calendrier final est le résultat de cette collaboration qui progresse et se modèle grâce à de nombreux échanges sur les textes et les images (et parfois sur leurs mises en couleurs). La thématique des calendriers successifs est fixée de manière arbitraire, mais résonne forcément avec l'univers ou les envies d'expériences graphiques et littéraires de l'une et de l'autre.

Dans le calendrier 2018, EmaTom a pris le parti de proposer un horoscope "chinois" revisité ; la revisitation des genres connus est très certainement l'un des points de convergence des envies et des idées du collectif. Cette année, il s'intéresse au Fait divers (ou fait-divers).  Constituant une rubrique fourre-tout baptisée aussi "chiens-écrasés", il s'agit généralement d'événements tragiques, crimes, accidents, larcins... relatés dans la presse.

  Mois d'octobre (en cours) 

En soutien de ce nouveau sujet, placée au dessin, je suis invitée à m'imprégner de ce qui se (s'est) fait en matière de mise en images de faits divers imprimés. Je me penche avec le plus grand intérêt sur le travail du dessinateur de presse et de bandes dessinées Angelo Di Marco ainsi que sur la Une de journaux tels que Les faits divers illustrés, L’œil de la Police, Le petit parisien (ou Le petit journal), Vécu : 100% véridique ou encore,  Qui ? Police...  
   
Ce projet inédit commande de créer des petites "scènes de genre" quotidiennes sur un ton tragi-comique, en harmonie avec les textes - résolument brefs - rédigés par Thomas. Ces scènes que j'imagine au fil des jours posent en amont, plusieurs questions. La plus importante est celle-ci : quel moment mettre en images ?  Là où la photographie documentaire capture un bref instant ou plusieurs moments réels d'un événement, que peut proposer le dessin ?  Celui-ci permet, par exemple chez Di Marco ou dans L'oeil de la Police, de mettre en images ce qui a dû avoir lieu, ce qui aurait pu exister ou ce qui a eu lieu mais dont il n'y a pas de trace à part dans la mémoire des témoins, des survivants, ou encore, de mettre en avant un (des) détail(s) particulier(s)...  

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Dans chacune de ces alternatives, fantasme ou projection, image mémorielle ou rétrospective, enfin instantané ou vision singulière, il  y a une séquence à choisir. Réducteur mais essentiel, ce point de vue propose une synthèse qui, plus que raconter une histoire, frappe l'imaginaire. Les textes de Thomas ainsi que les indices qu'il me donne sur ce qu'il a imaginé derrière seront donc une aide formidable pour parvenir à trancher entre plusieurs de mes idées.

Créer des images nouvelles, c'est surtout pour moi chercher à adapter mon style graphique et pour ce faire, m'approprier une documentation iconographique spécifique fait partie de ma démarche de création. Via Google images, j'ai à ma disposition un ensemble inépuisable d'archives, soudain vivantes et attrayantes tant par les sujets que par les styles graphiques variés dont elles sont le signe et l'illustration. (Lorsqu'il s'agit d'écrire des textes, je me laisse alors guider par les premiers dessins fournis par mon camarade de création sur le sujet retenu.) 

L'étude de mon corpus d'images de référence soulève aussi des interrogations esthétiques le choix de "cadrage" d'une scène représentée (ou sa théâtralisation), le dessin de personnages à l'arrêt, le rendu de "décors" caractéristiques... 

Mois de novembre (en cours)

Par conséquent, le calendrier 2019 d'EmaTom entend proposer une vision à la fois singulière, référencée et amusée d'un genre narratif appartenant à la(sa) culture populaire. Un trait d'humour noir qui fera grincer des dents, peut-être... sourire, on l'espère ... À découvrir bientôt !

EmaTom aime s'autopromouvoir : pour découvrir ses premiers méfaits créatifs, c'est ici

Merci pour votre curiosité ! 
 
© EmaTom © thomas © ema dée

vendredi 4 janvier 2019

Résolution n°2 - 2019 : Miser sur le Rouge coquelicot

Aujourd'hui, c'est le 3ème rassemblement du mouvement "Nous voulons des coquelicots" initié par le journaliste Fabrice Nicolino


Armée de mes feutres 005, 04, 05 et 08 et des mots pleins la tête deux jours avant la date du prochain rassemblement, j'ai réfléchi à ce qu'évoque pour moi l'idée d'un mouvement populaire et citoyen qui veut perdurer autour d'une belle et juste idée, la lutte pour l'interdiction totale de l'utilisation des pesticides de synthèse en France, et ailleurs. Car le problème environnemental ne s'arrête pas aux frontières géographiques ; il se rit des concepts qui circonscrivent parfois la pensée immédiate ; il poursuit sa route – aérienne, terrienne et souterraine. 
 
Le mouvement, né après l'appel à signatures du 12 septembre 2018, continue, se répand, organisé et festif, se propage, pédagogue et créatif, avec le désir d'investir autant l'espace du papier que l'espace virtuel. Un mouvement qui veut rassembler, qui fédère autour de la même inquiétude environnementale ; l'échéance ; le point de non-retour. L'objectif : la beauté de la planète restaurée et préservée. En sous-texte, selon moi : une autre manière (radicalement différente) d'envisager le rapport à la production agricole ; la proposition d'une alternative à la pensée capitaliste, une vision "perspectiviste" sur le long terme.

"[Le mouvement] est encore fragile, et comme tout organisme vivant, il peut s’affaiblir, s’étioler. Mais nous pressentons qu’il n’en sera rien. Et que tout au contraire il prendra de la force et de l’énergie semaine après semaine. Qui sommes-nous? Un véritable écosystème. Un splendide écosystème dont nous ne sommes et ne voulons être que des éléments nécessaires." (cf. L'édito de la lettre d'information n°3 "Nous voulons des coquelicots) 

Rien à voir avec l'anxiété traditionnelle de chaque début de nouvelle année. 

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Et on posera du rouge  
Sur notre front, sur nos paupières, sur nos joues – refroidies
Et on accrochera du rouge 
Dans nos cheveux, à nos oreilles, à notre cou – résolu
Et on mettra du rouge 
Sur notre peau, sur notre bouche, sur nos ongles – passionnés
Et on serrera du rouge
Contre la paume de chacune de nos mains, contre notre cœur convaincu
Et on portera du rouge 
Sur nos couvre-chefs, nos bonnets, nos casquettes, sur nos pardessus, nos manteaux, nos vestes, sur nos cache-nez, nos écharpes, nos étoles  –  enfiévrées
Et on cachera du rouge 
Sur nos pulls, nos robes, nos chemises, nos jupes, dans les poches de nos pantalons, nos joggings – de compétition
Et ainsi, en sœurs, en frères de couleur, nous irons
Vivre, voir et vaincre pour la beauté du monde.

Un événement suivi, un mouvement à suivre...

© ema dée

vendredi 21 décembre 2018

Il était une fois quelqu'une, dans un quelque part inspiré par Henri Michaux

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Au dernier semestre de l'année 2017, assise sur une chaise durant un atelier d'écriture littéraire conduit par Virginie Gautier, auteure et chercheuse à l'université de Cergy-Pontoise, quelqu'une redécouvre la poésie de l'écrivain belge Henri Michaux (1899-1984).  Une poésie dense, imagée, violente, bizarre, narrative... associée ou pas à des peintures, des dessins à l'encre de Chine, et qui souvent la laisse perplexe, avec dans l'esprit, beaucoup d'interrogations qui ne demandent aucune réponse, paradoxalement : "qu'est-ce qui s'est raconté... qu'est-ce que cela peut bien signifier... qu'a voulu (se) dire le poète... qu'est-ce qui me plaît tant alors qu'il me semble ne rien comprendre, ne rien retenir ?"

Cette même quelqu'une, assise sur sa chaise, attentive et inspirée (elle, pas la chaise),  se souvient qu'elle a déjà lu plusieurs recueils du poète (et artiste peintre), à un moment de son intérêt passionné pour la poésie contemporaine francophone. Par exemple, elle se rappelle avoir parcouru Plume, Épreuves et exorcismes 1940-1944, La vie dans les plis, La nuit remue et Face aux verrous. Quelqu'une est de ce genre de personnes qui a pour tout, en général, et la culture, en particulier, une fâcheuse tendance à la collectionnite et à la consommation compulsive boulimique (mais sans rejet provoqué) : elle cultive un intérêt de collectionneuse momentanée, moins de spécialiste de.


Pour autant, ces lectures l'ont remplie d'un quelque chose d'indicible, qui remue en dedans, avec un plaisir familier, alors qu'elle redécouvre l'écriture du poète quelques années plus tard, assise sur une chaise d'université, bien contente d'elle et très concentrée sur ce qu'elle entend.

Quelques-unes et quelques-uns lisent ensemble Quelqu'un, un long poème autour de l'anaphore "Quelque part, quelqu'un," extrait du recueil À distance

De cette expérience de redécouverte de l'autre et de réécoute d'elle-même, quelqu'une garde deux informations importantes pour sa suite créative

- 1) La personnalité violemment indépendante, déracinée, quasi sauvage, d'Henri Michaux qui se manifeste dans l'écriture, par un rejet d'une poésie à la prosodie "consensuelle", "attendue" au bénéfice d'une rythmique surprenante (en permanente redéfinition) et qui contrarie, interdit, notamment, une écoute passive...  N'est-elle pas elle-même en train d'écrire son identité à travers ses œuvres, sa propre recherche... N'est-elle pas elle-même farouchement sauvage... à sa manière ?

- 2°) Lire-écouter le poète, c'est vivre un engagement de tout son être... Il faut donc qu'à son tour son écriture (s') engage.


Après plusieurs remaniements et corrections qui lui permettent aussi de ruminer poétiquement son message singulier, quelqu'une accouche de Préliminaires. Il s'agit d'un long poème, au rythme heurté, composé autour de l'anaphore "quelqu'un"et qui mêle souvenirs d'adolescence, ambiance fantastique, séduction et violence. À travers ce texte - hommage  qui, en outre, vient approfondir sa réflexion esthétique personnelle sur la liste dans l'écriture d'invention,  quelqu'une remet au goût du jour, son attachement pour le conte, le récit du souvenir et la lecture à voix haute performative. 

Une première lecture de ce texte sera présentée, en musique, au cours du cabaret littéraire Mange Tes Mots#6 qui s'est tenu le jeudi 29 novembre, au café Lou Pascalou dans le 20ème arrondissement à Paris. Cette présentation est le fruit d'une collaboration bienheureuse avec le groupe de Coldwave, Blanc Cube (Julia Abadie + Lola Guigand). Bienheureuse, car elle a pris forme grâce à une rencontre et une écoute réciproque au cours d'un autre cabaret littéraire en avril dernier. Ont suivi l'envie de faire et puis celle de créer concrètement, envie commune qui a permis de combiner des idées de part et d'autre, de trouver, ensemble, une tonalité de corps, et enfin, de produire une œuvre collective.

Pour les curieuses-x, les intriguées-és et les autres, je vous livre le poème Préliminaires (dans son intégralité) ainsi qu'une captation sonore (joliment introduite par Galatée) d'environ 12 minutes et réalisée en direct live  :
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Un très grand MERCI à toutes !

© Blanc Cube © margot "Galatée" ferrerra  © héloïse "Médusa" brézillon © ema dée

lundi 10 décembre 2018

Écrire-dessiner la dystopie pour Improzine : une contrainte créative !

Chaque année depuis maintenant quatre ans, Improzine, le blog de l'impro BD fan d'images, de fictions et de musiques, de surcroît , se lance un défi graphique et littéraire pour la Journée de soutien au Cinéma indépendant qui se fête religieusement le 3 décembre.


De quoi s'agit-il ? Les éminents membres actifs du blog proposent à tour de rôle un sujet en lien avec une certaine actualité cinématographique et/ou personnelle. Sur le sujet, il faut imaginer le scénario d'un film et en livrer le jour dit : un synopsis alléchant et une affiche encore plus alléchante ! En dehors du fait de produire sur un média culturel qui le passionne, le cinéma, Improzine impose l'idée de l'Impro des Cinés comme l'occasion de se mettre joyeusement au défi, de sortir de " sa zone de confort créative" et de s'interroger, en filigrane, à partir de sa propre production, son style et ses obsessions, sur les caractéristiques des genres et pourquoi on les aime ou on les déteste tant.

Ainsi, en l'An 1, Improzine expérimente sa géniale idée et propose de plancher sur l'autofiction ; en l'An 2, l'équipe réfléchit sur les tenants graphiques et aboutissants scénaristiques du polar ; en l'An 3, le conte des mots et des images était à l'honneur ; en l'An 4, l'équipe s'abîme les neurones et les doigts sur la dystopie.

*
La dystopie ? Un sujet sur lequel, je me suis arraché les cheveux. Encore, une fois. Car, créer sur un genre cinématographique n'est pas un exercice courant dans ma production. Je réalise, alors que j'écris cette phrase, que, finalement, chaque sujet posé m'aura plongée dans un abîme de confusion et de terreur. Il m'aura fallu, à chaque fois, en amont, étudier mes références, faire des recherches notamment terminologiques, revoir quelques films phares...


Imaginer, écrire, dessiner la dystopie revient pour moi à : 1, interroger d'une manière critique ma conception du monde ; 2, trouver un angle d'a(pp)ccroche clair ; 3, présenter  de manière singulière un propos vastement traité un monde inversé — ;  4, me pencher sur le comment évoquer cet autre monde, parallèle, alternatif, critique, pour qu'il sonne vrai, réaliste vraisemblable ! Le réalisme dans une fiction ? C'est évoquer en cinq mots tout un programme personnel, une problématique profonde, en fait. Et 5, lister les moyens créatifs réellement maîtrisés et "convocables" pour y parvenir... 

Au passage, il me semble que les points 2, 3, 4 et 5 n'en forment qu'un : 2, quoi dire qui soit pertinent et jouissif au niveau créatif comme au niveau littéraire, pour répondre à la contrainte de ce nouveau sujet ? Un public : les adolescents et les adulescents. Une progression : trois parties. Une ligne d'écriture narrative : une société fictive reposant sur un modèle d'organisation "parfait", contenant en son sein les propres germes de sa destruction et se présentant, sur certains aspects, comme un système coercitif — entendez inégal, asservissant, liberticide — pour (tous) les peuples concernés.

*
En contrepoint du style graphique et narratif des affiches cinéma actuelles, je veux parler de celles réalisées à partir de photographies qui me parlent, en général moins artistiquement, je propose cette année un visuel qui regarde de loin mais qui regarde quand même vers les productions graphiques des 1970's, riches de stratégies narratives et mises en scènes fortes :  représenter des moments et personnages clés grâce aux changements d'échelles, au recours à la stratification, la superposition, l''accumulation de détails visuels, ou le choix de couleurs, d'une (ou plusieurs) typo...


Parce que j'avais envie de tirer ma production vers ce genre d'affiche très composé, avec plusieurs moments, plusieurs points de vue représentés, plutôt que de me concentrer comme dans mes autres projets d'affiches, sur les héros de la fiction racontée. C'est vouloir, sans doute, remettre au premier plan le récit avec des figurants et un contexte, plutôt que des acteurs au service d'une histoire. 

*
  
La fiction que j'ai proposée s'intéresse au rapport qu'entretiennent les animaux, les rats,  et les êtres humains, hommes, femmes de tous âges, sur un même territoire. Ce territoire est ici partagé : les premiers vivent partout où ça leur chante et où il y a de la nourriture, au grand air dans les villes comme dans les champs ; les seconds vivent au-dessous, dans les bas-fonds, se terrant, ou sont cachés. Les premiers composent une société organisée autour d'espèces supérieures, à priori ; les seconds vivotent et attendent un guide. Plusieurs influences dans ce récit : de loin, la fable de Jean de La Fontaine, Le rat des villes et le rat des champs ; et de très près, les romans L'empereur des rats de Bernard Lenteric et La planète des singes de Pierre Boulle adapté au cinéma et à la télévision. 

Mais c'est surtout une anecdote qui est à l'origine de tout :

" Un soir en rentrant chez moi, un rat d'environ 12 cm (estimés en partant du museau jusqu'au bout de la queue) croise ma route, à petits pas pressés sur l'asphalte humide, et rejoint une zone de la ville en chantier, à une centaine de pas de mon immeuble. Ce qu'il faut savoir, c'est que depuis plusieurs années, la ville où je vis est en chantier, car elle es incluse dans un grand projet urbain visant à créer une future Métropole parisienne dans laquelle les inégalités sociales et territoriales pourront être gommées, l'économie stimulée, paraît-il.

Ce vaste chantier a des répercussions visibles au quotidien, des transports en commun saturés, une circulation souterraine chaotique même hors heures de pointe, par exemple. Je pense qu'il a aussi des répercussions moins manifestes mais tout aussi gênantes comme l'augmentation de poussière dans l'atmosphère. Je ne peux m'empêcher alors que je vois ce rongeur se précipiter pour se mettre à l'abri, à un autre type de déplacements, celui des petits peuples de la nuit, aux dents acérées, aux griffes alertes et expérimentées, tels que les rats, les "grignotte-rails" (cf. Mimic de Guillermo del Toro), qui furètent partout en maîtres des lieux.  Je ne peux m'empêcher de penser, très certainement à tort :  en nombre et en volonté, ne sont-ils pas sur terre, plus nombreux et plus tenaces que nous autres, les humains ?"

Pour découvrir ma proposition Wild species, chroniques de l'Altermonde, c'est ici ; pour découvrir toutes les archives de ce beau projet clin d'oeil au cinéma indépendant, ce sera .

Merci pour votre curiosité ! 

© ema dée

vendredi 7 décembre 2018

La jolie cause rouge coquelicot


En ce 7 décembre parisien, gris, pluvieux, venteux et morne même en soirée, je remets le couvert et signe, avec une nouvelle production graphique, mon soutien au mouvement "Nous voulons des coquelicots" dont je vous ai déjà parlé en octobre. 

"Nous voulons des coquelicots" est un collectif qui milite contre l'usage des pesticides en France, dans un but, bien sûr, environnemental, mais aussi sociologique, économique et humain, avec une arme démocratique, la collecte du plus grand nombre de signatures en faveur de l'interdiction des pesticides de synthèse, et un signe distinctif, le coquelicot - cocarde, formé de pétales réunis par un pin's central protégé par une résine, à s'accrocher à la boutonnière (mais chacun peut se fabriquer le sien et le porter selon son goût). 

Le jeune mouvement qui a déjà réuni simultanément 500 rassemblements en France le 5 octobre s'est poursuivi, aujourd'hui.

Dans ma ville, en proche banlieue, je n'ai pas vu de rassemblements en faveur de cette cause, comme préconisé dans l'appel, c'est-à-dire devant l'Hôtel de ville à 18h30. Je n'ai pas vu de rouge, rond et écarlate, sur les cols de manteaux, les chapeaux, bonnets, écharpes ou étoles, durant la journée (en amont du second rassemblement). Nul rouge dans les rues, ni dans les magasins, ou les transports en commun. 

Je me suis promenée à Paris ; je suis allée dans une galerie, dans un salon. Je n'ai pas croisé non plus de rouge porté à la boutonnière, je crois même n'avoir vu aucune touche de rouge d'aucune sorte ni d'aucune forme sur quiconque. Il a plu, cependant, ça n'aide pas à la démonstration publique ni au soutien ; il a beaucoup plu, en effet, par averses intermittentes, froides et insistantes, suffisamment fortes, je pense, pour dissuader l'élégance du geste.  Oui, je le crois absolument.
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Il se peut que les coquelicots étaient là, finalement, bien présents, partout, solidement accrochés, épinglés ou cousus,  dans l'attente, au plus près du cœur, sur le pull, la chemise, le gilet, le T-shirt, et sous le manteau, la veste, la capeline, la doudoune ou l'imperméable, bien à l'abri des intempéries, du vent glacé et des regards. 

J'aimerais.

J'apprends qu'ailleurs, il s'en passe des choses, qu'il s'en ai passé des choses, qu'il s'en passera d'autres... des choses. Très bien.

Pour ma part,  pour l'occasion, j'ai sorti, à nouveau, feutres, feutres pinceaux, et crayons de couleur et ai imaginé une composition à partir de l'idée de signature, de rassemblement, d'organisation, car le mouvement se doit d'afficher et de préserver son organisation... et il a besoin de soutien. Mon coquelicot de soutien est rouge, multiple et se déploie sur papier blanc C à grain fin. 

Pensez à vous mettre vous aussi au rouge, rond et écarlate !


© ema dée