Une faille humaine
Une fêlure de la psyché
Une fêlure de la psyché
Une coupure à la lèvre
Une entaille dans la chair
L'impossible réparation
(Extrait de mes phrases brèves, 2014-2015)
© ema dée

L'écriture à/ sous contrainte(s) ? Lue comme ça, l’idée paraît effrayante, douloureuse. Elle peut l’être. L’écriture peut être douloureuse, en particulier si elle a lieu dans des conditions particulières, imposées, antinaturelles, je veux dire, qui vont à l’encontre de ce que vous avez l’habitude de faire et d’écrire.
Dans le cadre de mon année de Maîtrise en Lettres et Création littéraire contemporaine, je me suis frottée à plusieurs genres de contraintes d'écriture. D’une part, indirectement lorsque j’ai été amenée à rédiger des textes sur des sujets inconnus, dans une forme donnée. Par exemple : étudier une œuvre littéraire ou artistique au regard d’une question (ou d’un fait social, historique). D’autre part, directement, à travers mes ateliers d’écriture. Je souhaite vous parler plutôt de ceux-là aujourd’hui. Je consacrerai des articles à la question de l’étude d’une œuvre au regard d’une question prochainement.
Où trouver des exemples de contraintes ? Dans vos manies, vos propres textes, dans vos références, chez les autres… Une confidence : j’ai tendance à dire plusieurs fois la même chose dans une conversation. Sous le coup de l’émotion, d’un besoin de persuasion, d’une tendance obsessionnelle à la rumination bovine. À chaque fois, j’ai l’impression de m’être mieux expliquée ou de faire une grande révélation. Ce qui est rare au fond et la première fois, la première version, le premier élan était suffisant, tout le monde m’avait comprise, entendue, enregistrée. Vous me suivez ? Du coup, il peut être intéressant pour moi de travailler la répétition (mot ou phrase) ou l’exercice de style consistant à donner différentes versions – assumées, conscientisées – d’une même histoire. Et regarder ce qu’il se passe. Un exemple ici. ![]() |
| La plage du Havre par temps clair, frais et sec. |