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samedi 5 décembre 2015

Dans les lignes de failles

 
Une faille  humaine
  
 Une fêlure  de la psyché
 Une coupure  à la lèvre
 Une entaille  dans la chair


L'impossible  réparation


(Extrait de mes phrases brèves, 2014-2015)
  
© ema dée 

La liste de mes trésors féminins singuliers

Parfois, des matins endeuillés dans ma main réflexive vers qui reviennent le souvenir douçâtre des rires adolescents, les reflux acides depuis ma mémoire dans la morne journée pré-hivernale,   les images aux coins grignos dans l'après-midi, les au-revoir forcés aux relents amers d'un fruit rongé jusqu'à son noyau nocturne.  


Parfois, ma main réflexive dresse la liste de mes trésors

Les petits ongles étroits, pointus et vernis de Virginie B
L'oeil gauche - le plus charmeur et le plus parfait - de Lynda Q
Les joues rosâtres et gauches de Magalie K
Les cheveux bleu marine d'Elisa L
Les lobes charnus et ornés de Nathalie F
La voix traînante et masculine de Chrystelle C
Les sourcils broussailleux et simples de Zohra A

La bouche agrandie et volcanique de Françoise G
Les dents chevauchantes souriantes de Lenaïg J
La frange géométrique envieuse de Gaëlle N
Les pieds minuscules et étourdis de Sophie D
Les bagues métalliques en retard de Delphine P
La mâchoire géologique en biais de Diane U
Le double nez de rongeur farceur de Charlotte et Daphné C

Les lunettes mathématiques et loucheuses d'Emmanuelle O
Le profil de raie muette de Maud N
Les éclats de miroirs jaloux et colériques d'Audrey F
Le ventre terminal de Nadège Z
La balle rebondissante à loyer modéré de Céline N
La course en jeans hilarants de Céline R
La calculatrice à feuilles caduques de Sylvette S

L'écharpe de camouflage enrhumé de Joëlle W  
Le gilet de repos bohémien d'Emilie J
Le pantalon à grandes hanches de Violaine N 
Le portefeuille en véritable peau de pimbêche d'Ophélie T 
Les mocassins à glands dépressifs de Karine B
La toque aérienne et autoritaire d'Emmanuelle C   
L'organisateur ludique à mouvements circulaires de Mary G

Le T-shirt rose pâle 100% papier recyclé de Caroline U
Les chausses en poils de bisounours exotiques  d'Eva Q
Les draps mythomaniaques de Marianne H
Les cheveux confidents et lunatiques de Guylaine V
Les orteils brillants de graisse à traire de Mébarka J
Les silences éloquents à frange médiane d'Elsa M
Le divan myope d'Annick Y

Les questions en papier de soie blanc de Barbara D
L'accueil mélomane à voix de fausset de Yolande R
Le monocle allergique à fil érotique de Brigitte C
Le tapis électrique sans code ni loi de Martha S
La paresse aux doigts palmés de Christine K
La paire de ciseaux blond cleptomane de Marie T
La pantoufle en wax diabétique de Jane X

L'élégance à mâchoire carrée de Christine M...

Extrait du poème  "La liste de mes trésors féminins singuliers"

© ema dée

vendredi 20 novembre 2015

Pour la Journée internationale des droits de l'enfant

Aujourd'hui 20 novembre, c'est la journée internationale des droits de l'enfant. Parmi ces droits précisés par la Convention internationale des droits de l'enfant adoptée le 20 novembre 1989 et ratifiée par 196 pays, le droit à la santé, le droit à un développement harmonieux, le droit à la culture, le droit à la dignité, le droit à la vie, le droit à l'identité, le droit de vivre avec ses parents, le droit de bénéficier d'une protection, le droit à l'éducation. 

Quels sont les enjeux de cette convention et de cette journée de célébration ? La convention définit un cadre contraignant pour les pays qui l'ont ratifiée, c'est-à-dire qu'ils sont tenus de respecter les dispositions définies et de les faire respecter. Ils doivent, en outre, créer un cadre qui garantit le respect et la protection des droits de l'enfant. Cette journée est l'occasion de faire le point sur la situation de l'Enfance dans le Monde et pour chaque État, sur son propre territoire. C'est aussi une manière objective de rester vigilant et actif.


Hier matin, sortie de métro, ligne 13. Montée et descendue en tête de train. Retour paisible d'un rendez-vous matinal qu'une musique tonitruante vient secouer soudain : depuis l'avant-dernière voiture du métro, de la musique poussée très fort et un chanteur convaincu. Boîte à rythmes posée au sol et pied posé en rythme sur un dancefloor étroit et improvisé. Il danse, il s'agite. Pour titiller le voyageur apathique, la voyageuse indifférente, les voyageurs préoccupés. 

Je le vois quand je passe devant les portes encore ouvertes du métro. Je vois aussi le petit bonhomme qui l'accompagne, immobile, un peu penché sur le côté, visage impassible, comme serré dans son petit costume de fan désigné volontaire. 

Je me dis, vu son âge, l'heure et le jour, le garçon aurait dû être dans sa classe de CE2. Rêvassant la tête tournée vers la fenêtre ou bâillant un peu au-dessus de son texte à lire. Peut-être. Pressé de retrouver la cour de récréation, les copains, la balle de foot qui atterrira fatalement sur le toit ou de l'autre côté de la grille de l'école, au milieu de la route - Oh flûte, t'as encore tiré trop fort !- et le steak-frites servi sans rab au self scolaire. Peut-être. 

A chaque fois que je rencontre un enfant au mauvais endroit au mauvais moment, j'ai envie de lui demander : "Dis, qu'est-ce que tu fais là ? Tes parents savent où tu es ? Dis, y'a pas école aujourd'hui ?"

Je n'en fais rien... De quoi j'me mêle ?

Pour mémoire : en 2013, je m'intéresse à l'illustration du droit à la protection.

© ema dée

mardi 17 novembre 2015

Un jour particulier pour tous les hommes

Car, c'est aujourd'hui la journée internationale de l'homme. Je propose pour cette occasion que je célèbre pour la première fois une composition inédite. Le texte qui l'accompagne ? Une pensée pour tous les hommes de ma mémoire...


Te rappelles-tu, Ondine,
Pierrot l'enfant lunaire et son chat myope,
Carlos l'infâme bagarreur de rue,
Jean-Philippe et sa fleur de bouton Ophélie,
Majid le tyrannique roi de l'informatique,
Alexis le joueur de batterie fou,
Marcel l'alcoolique extatique,
Sylvain le plus grand zozoteur de tous les temps ?

Sais-tu, Ondine,
Serge roule des mécaniques dans sa voiture Lada,
Boubakar s'endort à son travail de vigile,
Joël invente des machines enfantines,
Dani chante le bleu,
Momo envie le physique de ses 20 ans,
Thimothée a la main lourde sur la caresse,
Jacques boit au volant ?

Vois-tu, Ondine,
Les boucles feu de Guillaume,
Les dents de lait de Philippe,
Les jambes pantomimiques de Matthieu,
Les mains mélomanes de Jordan,
La toison râpeuse de Boris,
Les prunelles dorées de Léo,
Les phalanges misogynes de Richard ?

Imagines-tu, Ondine,
Charles rêve de s'appeler Henri,
Kader rêve de devenir Musclor,
Jonas rêve de contes de fées,
Soleymane rêve de voyages sur Mars,
Ange rêve de dessiner à l'encre de Chine,
Calu rêve de marcher sur les toits,
Brice rêve d'être beau ?

Te souviens-tu, Ondine,
Thomas et ses phylactères à écailles,
Jérôme et ses échappées nocturnes,
Lucien et ses monologues amoureux,
Valéry et sa grâce ivre,
Lionel et ses conversations chevelues,
Moïse et ses merveilleux mensonges,
Thierry et ses vocalises matinales ?

(...)

Extrait d' Un homme sur 84 est une femme.

© ema dée

dimanche 1 novembre 2015

mercredi 28 octobre 2015

Journée internationale de la langue et de la culture créoles

Poupées de fête

Voici la composition que j'ai réalisée pour la Journée internationale de la langue et de la culture créoles, fêtée  dans le monde depuis 1982, grâce à l'initiative d'Eritaj', association pour la valorisation des langues et des cultures créoles. Avec ses 13 millions d'hommes et de femmes, la communauté créole est répartie un peu partout sur le globe : dans l'espace caribéen, antillais, l'Océan Indien, en Europe et en Amérique du Nord. Cette journée est l'occasion pour les diasporas créoles d'échanger sur leur situation. De plus, elle  favorise le rapprochement des communautés créoles autour de la pratique de la langue

Le créole est au départ un parler régional issu de plusieurs mélanges et transformations opérés entre la langue des esclaves originaires d'Afrique, la langue des colons (espagnols, français, anglais) et celle des populations natives. Riche de variations d'une population à l'autre, ancrée, elle forme un dialecte, une identité.

Cette illustration s'inspire à la fois de la poupée créole telle qu'on peut la rencontrer à la Réunion, dans les Antilles françaises ou en Haïti et du tissu de madras, étoffe de coton à motifs colorés qui sert surtout dans la confection de vêtements de la vie courante. 

Les cinq figures reprennent les cinq parties du monde où se rencontre et se pratique la culture et la langue créole. Le parti pris graphique choisi ici vient chahuter mes petites habitudes de dessin  confortables mais s'appuie, malgré tout, sur un style centré sur un dessin au trait, en noir et blanc et qui met en scène principalement un ou deux personnages féminins. Ma recherche en illustration se plaît à mêler pour cette occasion nouveautés et "automatismes":

- Utilisation de plusieurs outils graphiques. Le feutre de couleur, le crayon de couleur, le feutre fin noir et le feutre pinceau.

- Jeu de motifs décoratifs libres souvent composés d'éléments floraux, de formes géométriques et de surfaces colorées plus ou moins grandes et régulières.

- Diversité des modèles liée à mon intérêt pour les mélanges ethniques et l'envie de représenter des groupes.

- Référence très personnelle à l'univers de la mode et du film d'animation. Afin de rompre avec une représentation trop frontale et manquant de dynamisme qui peut être l'un de mes "écueils", je me suis servie de l'ouvrage "Le dessin de mode, du croquis à la création" de Dominique Savard, paru aux éditions Dessain et Tolra. 

© ema dée

vendredi 23 octobre 2015

La charmante torture de l'écriture à/ sous contrainte(s)

L'écriture à/ sous contrainte(s) ? Lue comme ça, l’idée paraît effrayante, douloureuse. Elle peut l’être. L’écriture peut être douloureuse, en particulier si elle a lieu dans des conditions particulières, imposées, antinaturelles, je veux dire, qui vont à l’encontre de ce que vous avez l’habitude de faire et d’écrire.

À ne pas confondre avec « l’écriture sous la contrainte » qui, il me semble, contient un élément de violence et de sujétion dont il ne serait être question ici.

L’écriture sous contrainte ou à contrainte a une histoire*. Il ne s’agit pas d’un exercice inventé récemment par des professeurs en Création littéraire fous, ou d’une punition imaginée par des animateurs d’ateliers sadiques et complètement dézingués, ou encore, d'un passe-temps imposé par des écrivains en mal d’imagination. L’écriture à/ sous contrainte(s),  c’est produire du texte à partir d’un cadre donné, identifié et posé, un peu comme une consigne scolaire, posé donc de telle sorte qu’il doit provoquer quelque chose en soi. Soit on plonge, soit on se rebiffe, soit on contourne, tout reste permis. Le but de ce cadre est de stimuler la création en vous obligeant ou en vous incitant – prenez la situation qui vous fait le moins de mal – en réfléchir davantage à ce que vous êtes en train d’écrire. L’exercice vous poussera à faire attention à ce que vous produisez quand vous écrivez, à déplacer votre pratique habituelle dans un lieu inconnu et à réveiller ce monde sauvage qui se cache en vous et qu’on appelle l’inconscient. Il y a des contraintes faciles à suivre et d’autres dans lesquelles il est souvent malaisé de se glisser. L’écriture sous contrainte peut concerner un thème, un genre d’écriture, une formule, un rythme, un lieu ou une action.

Dans le cadre de mon année de Maîtrise en Lettres et Création littéraire contemporaine, je me suis frottée à plusieurs genres de contraintes d'écriture. D’une part, indirectement lorsque j’ai été amenée à rédiger des textes sur des sujets inconnus, dans une forme donnée. Par exemple : étudier une œuvre littéraire ou artistique au regard d’une question (ou d’un fait social, historique). D’autre part, directement, à travers mes ateliers d’écriture. Je souhaite vous parler plutôt de ceux-là aujourd’hui. Je consacrerai des articles à la question de l’étude d’une œuvre au regard d’une question prochainement.

Quelles contraintes ? En voici quelques-unes :

*Atelier À partir des formes brèves - Yves Ouallet, professeur agrégé de Lettres Modernes et Maître de Conférences - Université du Havre :

Dans cet atelier sont proposés des exercices de souplesse et d'articulation littéraires à pratiquer au quotidien : écrivez une phrase brève tous les jours. Écrivez quotidiennement un aphorisme. Écrivez chaque jour une phrase poétique. Faites parler un portrait. Choisissez un tabou que vous nous ferez deviner grâce au texte que vous aurez écrit sur lui. Écrivez avec/ sur une musique (ou en musique). Écrivez à partir d’un lieu surélevé propice à la méditation. 

*Workshop d'écriture  À partir d’un livre ou d' un(des) extrait(s) -  Jean-Michel Espitallier, écrivain et poète - École Esadhar : 

Jean-Michel Espitallier présentant sa pratique d’écriture littéraire - poétique, performative, documentée, expérimentale - nous suggère des directions de recherche :
La liste : contrainte qui consiste à dresser des inventaires de choses. Toutes celles dont vous avez envie. Les organiser.
La répétition : il s’agit de répéter un mot, un groupe de mots, toute une phrase pourquoi pas ! et de les compléter pour qu’à la lecture écrite et/ ou orale, cette répétition prenne du sens.
Le cut-up : technique (ou genre) littéraire "popularisée" par William S. Burroughs procédant par "découpe en fragments aléatoires". Il s'agit de prendre des passages du même texte ou de textes différents et  d'organiser des rencontres entre ces passages. Le hasard et l'aléatoire sont ici très importants. Le cut-up peut s’intéresser à des mots, à des phrases, qu’il faudra ensuite combiner pour composer une autre phrase, tout un texte. Distinct du collage, le cut-up a pour but "la quête exploratoire de l’inconscient".
Les notes de bas de page : le texte se précise, se poursuit, se dédouble dans les notes qui peuvent faire l'objet d'une présentation particulière.

*Workshop Ecriture et MusiqueOlivier Mellano, musicien, auteur compositeur, guitariste - Fort de Tourneville :

En suivant la dose prescrite, c’est-à-dire une posologie d’un à deux exercices à contrainte par heure, il s’ouvrira dans votre maison - écriture un monde non familier à explorer. Un univers musical, profondément poétique, étranger à la référence figurative. Si vous pouvez.
Exemple d'exercice : résumez en une seule phrase votre plus grande émotion musicale, sans parler de musique, mais de l'effet qu'elle a sur vous. 15 minutes. Vous êtes prêt ?


Limites/ Approfondissements

Que fait-on quand la contrainte est mal vécue ou simplement pas comprise ? Tout le monde autour de vous écrit sous l’effet d’une soudaine inspiration. De ce genre d’inspiration d’autant plus gênante qu’elle se manifeste juste sous vos yeux. La page de votre carnet ou l’écran d’ordinateur reste blanc. Tiens, vous n’aviez pas remarqué ces mouches de papier collées en cercle au plafond !

Au cours de mes ateliers et mes workshops, j’ai rencontré évidemment des difficultés.  Exercice trop éloigné de ma pratique ou de mes interrogations. Cadre temporel contraignant. Sujet en dehors de mes préoccupations du moment. Incompréhension de la consigne. Frustration et méfiance vis-à-vis du texte produit consécutif à un sentiment de perte de repères. Panique liée à un contexte d’écriture non familier… Ce malaise est assez naturel. Je le trouve d’ailleurs plutôt sain ; le corps, le cerveau, cherchent à expulser l’élément parasite comme ils peuvent. À la différence d’une maladie grave, l’écriture sous/ à contrainte est un mal curable ! Et comme je l’ai dit plus haut, à chacun sa stratégie de guérison : évitement, confrontation, hors sujet… Quelqu’un m’a dit un jour concernant un sujet imposé qui me donnait des maux de tête : «  Soit le sujet s’adapte à ta pratique, soit tu adaptes ta pratique au sujet ». Oui, j’en conviens, il y a quand même une forme de sadisme qui transpire de cette forme de création. Pourquoi chercher à se faire du mal au cerveau ?

L’écriture sous contrainte peut être ce grand écart impossible à réaliser.

Peut-on appliquer la formule à d’autres arts ? Bien sûr ! C’est très courant chez les artistes plasticiens (peintres, dessinateurs, performeurs), en Bande dessinée, en Création multimédia… Dans ma pratique artistique, je me pose régulièrement des contraintes. Ça me rend créative. Quand j’ai commencé à peindre, je voulais expérimenter des outils, des supports ou des formats différents, en dehors de tout sujet figuratif. Je me suis fabriquée des cadres. Ça n’a pas duré très longtemps car je trouvais cela ennuyeux. A ce moment-là, je n’en voyais pas l’intérêt ni le lien avec ma pratique. Et c’est là un point fondamental : la contrainte accompagne-t-elle le désir d’ouverture d’une pratique déjà en place ou s’agit-il d’un exercice mené en parallèle par simple goût de l’expérimentation et du jeu ? 

En dessin, parce que ce mode d’expression me convient mieux aujourd’hui, m’imposer une contrainte s’est avéré plus facile. En outre, j’ai ressenti très vite les bienfaits sur mes productions. Grâce à la « contrainte » je me focalise en quelque sorte sur des questions particulières que ma pratique régulière effleure ou écarte volontairement ou pas. Je fais une pause, je m’écarte de mes habitudes, je mets à mal mes automatismes et mes propres formatages... C’est un laboratoire qui permet de se découvrir. Mon conseil : à pratiquer régulièrement !

Où trouver des exemples de contraintes ? Dans vos manies, vos propres textes, dans vos références, chez les autres…  Une confidence : j’ai tendance à dire plusieurs fois la même chose dans une conversation. Sous le coup de l’émotion, d’un besoin de persuasion, d’une tendance obsessionnelle à la rumination bovine. À chaque fois, j’ai l’impression de m’être mieux expliquée ou de faire une grande révélation. Ce qui est rare au fond et la première fois, la première version, le premier élan était suffisant, tout le monde m’avait comprise, entendue, enregistrée. Vous me suivez ? Du coup, il peut être intéressant pour moi de travailler la répétition (mot ou phrase) ou l’exercice de style consistant à donner différentes versions – assumées, conscientisées – d’une même histoire. Et regarder ce qu’il se passe. Un exemple ici.

* Un peu d'Histoire : L'Oulipo ou Ouvroir de littérature potentielle, créé officiellement en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais dit FLL et l’écrivain et poète Raymond Queneau dit RQ, reste la référence de l’écriture sous/ à contrainte. Groupe de réflexion et de création rassemblant des littéraires et des mathématiciens, il s’intéresse à l’invention des contraintes nouvelles et anciennes, ardues ou faciles - toujours ludiques cependant. Car il faut libérer l’écriture du carcan de l’habitude, de la recherche esthétisante creuse ou artificielle. Pour ce faire, il convient de travailler autour de la lettre, donc de la syllabe, donc du mot, donc de la phrase, donc du paragraphe donc du texte donc du récit, donc du livre... Vous êtes toujours là ?

Pour ruminer dans votre coin, quelques références connues parmi des milliers :

Pef, Le Dictionnaire des mots tordus, éd. Gallimard, coll. Folio, 2004. Lecture enfantine.
Thierry Dedieu, 27 poules sur un mur, éd. Seuil Jeunesse, 2002. Épuisé malheureusement, mais qu’on peut se procurer en bibliothèque, notamment.
Mark Z. Danielewski, La maison des feuilles, éd. Denoël, 2000.
Kathie Acker, Sang et stupre au lycée, éd. du Rocher, coll. Désordres L. Viallet, 2005.  Pour lecteurs avertis.
Oulipo, La littérature potentielle, Créations Re-créations et Récréations, éd. Gallimard, 1973 (1ere édition)
Raymond Queneau, Exercices de style, éd. Gallimard. Existe en version beau livre et en poche.
La chanson " Salut à toi "  interprétée par le groupe punk Bérurier noir. Album : Concerto pour détraqués, 1985. (Pensez à cliquer sur le titre de la chanson et le nom du groupe).

À bientôt !
La plage du Havre par temps clair, frais et sec.
© ema dée