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mardi 23 juin 2015

Kvéta fête l'été

Une célébration colorée qui s'enthousiasme de l'été qui s'annonce et rend hommage à l'univers de l'artiste plasticienne tchèque Kveta Pacovska.


L'été
Matinée grise 
Après-midi jaune rayonnant
C'est parée de doux pétales et de sépales cajoleurs 
Que Kvéta va sautillant
Par les allées parfumées
Adoucies par le souffle du soir

© ema dée

vendredi 12 juin 2015

Petits mensonges un peu méchants pour enfants crédules et adultes naïfs


 Le limousin pittoresque © Editions modernes "Théojac"- Limoges

"Il faut tirer la queue des vaches pour les faire avancer si on avale les pépins de la pomme, un arbre peut pousser à l’intérieur de soi les cheveux poussent plus vite si on y suspend des poids les chats noirs portent malheur pour être en bonne santé, il faut prendre une cuillère à soupe d’huile de foie de morue mais ça ne marche que quand on est petit, et bien mieux encore, si le remède est pris après le lait au chocolat les anges n’ont pas de sexe l’eau contenue dans les cactus est conseillée dans le traitement des rides autour des yeux les poissons ont une âme mais ils ne s’en souviennent pas en sautant souvent sur ses pieds, on accélère sa croissance les plantes grasses aiment le lait demi-écrémé jouer à la poupée fait pousser la poitrine des garçons en marchant avec un dictionnaire posé sur la tête sans le faire tomber, on apprend à marcher droit, en particulier si on est une fille les chats blancs portent malheur lire beaucoup abîme les yeux, surtout s'il s'agit de bandes dessinées les araignées aiment dormir dans le fond du lit des enfants les ogres n’existent pas le virus de la mauvaise mère a été éradiqué au 19ème siècle il faut coincer sa langue entre ses dents pour éloigner les abeilles si d’un seul coup, il vaut mieux dormir assis les enfants battus font des parents violents le petit chaperon rouge a fait exprès de dire au loup où sa grand-mère habitait une addiction se traite par une autre addiction un enfant timide et solitaire est un enfant à problèmes l’herbe est toujours plus verte chez la copine les parents n’existent que pour tuer leurs enfants, symboliquement qui vole un œuf vole un bœuf dire la vérité ne signifie pas faire preuve d’honnêteté pour devenir une grande personne responsable, il faut tuer ses parents, symboliquement  les méchantes filles ne sont pas aimables les papillons de nuit entrent dans les maisons où un changement bénéfique est attendu..."

© ema dée

samedi 6 juin 2015

Imprononçable


Je voudrais te dire la douceur
De tes gestes et la chaleur des
Mots que tu cherches dans
Mon regard ridé de joie

(Extrait de mes phrases brèves - 2014-2015)

© ema dée

La journée mondiale de l'environnement, c'était hier et pourtant...

Hier, nous fêtions notamment la Journée Mondiale de l'Environnement. Célébration instaurée en 1972 par l'Organisation des Nations unies à l'occasion de l'ouverture de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm. Cette journée met en avant chaque année une question spécifique. 



Voici ma contribution à cet évènement. J'ai décidé de réfléchir cette année à mon environnement proche, la Ville, et à celui que je regrette régulièrement, la campagne fleurie et monotone de mon enfance.

Une composition angoissante mettant en scène une géante et des créatures fantasmagoriques ou bizarres : allégorie des tourments du quotidien dans un environnement dans lequel il est malaisé de trouver une place agréable durable. Ou alors, confusion de l'humain, de l'animal et de l'industriel dans un espace chamboulé, métamorphosé... que personne ne comprend, subit plutôt... La ville monstre, la ville invasion...

© ema dée 

jeudi 7 mai 2015

Une histoire d'amour adolescent ou presque : Thierry

La Côte d'Azur " French Riviera" © les Editions "Mar", Nice.

"Je voulais aimer Thierry comme tout le monde, comme toutes les filles de la chambre, comme toutes les filles du camp en fait. Je ne voulais pas être la seule que Gaston couve de son regard globuleux, de sa chair épaisse et trop abondante, de ses allures mal assurées, de son amour sincère. Je voulais aimer Thierry et je voulais que Thierry m’aime.

J'ai 13 ans. Je suis en vacances sur la Côte. Il fait chaud. Je m'emmerde. La mer, c'est chiant quand on est mal foutue, poilue parce qu'on n'a pas appris encore à se raser et boudinée dans un maillot de bain qu'on porte depuis l'âge de 8 ans. Le corps a grandi, le maillot s'est élargi, le vert émeraude du tissu, strié progressivement de fines traces transparentes, a perdu son éclat et les trois petits noeuds rose pastel cousus sur le côté gauche ne font plus le même effet sur le reste. Je ne suis plus la petite sirène de papa. Plutôt la petite grosse fille de maman.

Le camp d'ados, chouette, tout simplement. Avec tout ce qu'il faut à l'intérieur d'une bâtisse toujours fraîche et grande, bien agencée et agréable,  et tout ce qu'il faut autour, herbe tondue, fleurs et arbres dans les angles pour l'atmosphère naïve et estivale, une étendue verte piquée de jaune, de rouge et de bleu où planter plusieurs tentes pour dormir à la belle étoile si on veut ou installer des transats pour se faire dorer au soleil. Oui, tout ce qu'il faut pour ne pas chercher plus loin la moindre distraction qui aurait pu rendre notre séjour intéressant. L'adolescence est la période idéale pour s'emmerder, le faire savoir et n'en ressentir aucune honte ni gêne. Il faut juste le faire avec un peu d'éclat.

Thierry n'était pas particulièrement beau, ni grand, ni drôle. Il pouvait même avoir l'air niais, puérile et se montrer buté. Des qualités bien tristes à vrai dire. Mais, Denise, la plus jolie fille du camp, l'aimait. Fort. Fort comme la vie. Dans ma volonté de me faire des amies le temps des trois semaines de vacances à la Côte, j'étais prête à être la plus hypocrite possible et la plus docile. Pas la moindre trace d'amour-propre. J'étais dans le groupe, insignifiante comme d'autres mais, dans ce groupe de filles et de garçons, adultes cons au stade larvaire, j'avais ma place. On dormait ensemble, on mangeait ensemble et religieusement, on écoutait la voix de Denise qui décidait de notre journée, qui donnait le ton. 

Parfois, il y avait relâche, quand Denise boudait ou quand les activités proposées étaient obligatoires ou encore, parce que les monos étaient plus motivés à nous faire nous bouger les fesses que d'ordinaire. Il fallait venir pour "voir le pays, parce que l'année prochaine, vous serez trop vieux pour revenir au camp". Qui sait, on sera peut-être morts ? Vous n'auriez plus à vous inquiéter pour la sérénité de nos petites âmes et le bienfait du contact avec la Nature sur nos corps informes ? Plus besoin non plus de vous en faire parce qu'on n'avait d'idées sur rien et des avis définitifs sur tout.

À table, Thierry raconte une blague pas drôle. Denise rit - enfin, elle pouffe - parce que Thierry rit aussi. On rit de concert, et moi plus fort que les autres, évidemment..."

© ema dée

lundi 20 avril 2015

For Nina Simone

  © ema dée 

Il y a douze ans s'éteignait la chanteuse, compositrice et musicienne américaine Nina Simone, née Eunice Kathleen Waymon en 1933, aussi connue pour son militantisme actif en faveur de la défense des droits civiques des populations noires vivant aux États-Unis. Nina m'atteint au coeur grâce à ses chansons et surtout, à sa voix que texturent la gravité rocailleuse de la souffrance et les langueurs tristes de l'Amour déçu. C'est le son jazz-blues de la mémoire qui se souvient malgré elle, le cri noir et blanc de la révolte, la langue de la passion brute. Femme combattive et sensible aux multiples visages, c'est une immense artiste que je découvre un jour, grâce à un clip vidéo insolite, diffusé sur une chaîne de télévision non câblée. Instant mémorable où se disputent l'allégresse et l'inquiétude. Je me répète, je sais, je sais...

My baby just cares for me
(Jazz as played in an exclusive side street club -1958) 

J'ai attrapé un bout de la pelote qu'elle m'a jetée ce jour-là, et régulièrement, je tire pour connaître un peu plus d'elle. Peu à peu. Comme je le ferais avec une amie qui ne voudrait se dévoiler que par morceaux, rares et précieux. Toutes les occasions sont bonnes pour en savoir plus. Tiens ! Récemment N'Karna, un ami graphiste, me fait découvrir une reprise du single Four Women (Wild in the wind, 1966) qui ne peut pas laisser indifférente.




Nina chante Four Women


Je veux aller plus loin. Je me renseigne. Voici ce que raconte à peu près la chanson : Nina parle du destin du peuple Noir américain au travers de quatre portraits. Ce sont des portraits-archétypaux : le premier est celui de Tante Sarah et fait référence à l'Esclavage. Le second parle d'une femme métisse issue de l'union d'une femme noire avec un homme blanc, riche, qui l'a forcée. Dans la troisième portrait, il est question d'une prostituée. Pour finir, le quatrième est celui de la femme contemporaine, dure et amère, héritière malheureuse de toute la souffrance et le malheur vécus par son Peuple à travers les âges. Cette chanson fut mal interprétée par des auditeurs qui la jugèrent raciste. D'importantes stations de radio l'interdirent, alors que pour Nina, il s'agissait de plaider la cause des Afro-Américains en exposant leur passé d'humiliations et leurs interrogations identitaires.

Quelles sont mes chansons préférées ? Ca dépend. Du moment. De mon humeur. Aujourd'hui, ce sera I put a spell on you (I put a spell on you - 1965).

I put a spell on you

J'ai jeté un sort sur toi
Parce que tu es à moi

Il vaut mieux arrêter ce que tu fais
Je ne mens pas
Non, je ne mens pas

Tu sais que je ne peux pas le supporter
Tu cours partout
Tu sais mieux que papa
Je ne peux pas supporter ça parce que tu me rabaisses
Yeah, Yeah

J'ai jeté un sort sur toi
Parce que tu es à moi
Tu es à moi

Je t'aime (3 x)
Je t'aime quand même
Et je ne m'inquiète pas
Si tu ne veux pas de moi
Je suis à toi en ce moment

Tu m’entends
J'ai jeté un sort sur toi
Parce que tu es à moi


chansons © nina simone - textes  © ema dée

Secondes heureuses


Accrochée à tes cils,
Perlant sur ton nez,
Suspendue à tes lèvres, 
La nacre

Du bonheur.

(Extrait de mes phrases brèves, 2014-2015)

© ema dée