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mardi 22 janvier 2013

Les fées fêtent ton anniversaire, Thomas !

Elles se sont penchées sur son berceau il y a 39 ans. Aujourd'hui les voilà réunies à nouveau pour célébrer l'heureux événement. Ivresse, Paresse et Caresse souhaitent un joyeux anniversaire à Thomas ! JOYEUX ANNIVERSAIRE !


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" Il est pô maaal, hein, Paresse ?!
- Ouaaais, on a fait du beau boulot, je crooois. N'est-ce pas, Caaaresse ?
- Tu l'as dit, ma dodue. Bon, ça s'arrose, Ivresse ?
- Par-fai-te-te-m-ment. "

 © ema dée   
 

mardi 13 novembre 2012

Musées de l'insolite, bibliothèque précieuse et salon indépendant

Retours sur des vacances placées sous les rayons éblouissants de la culture :

*En Belgique, cet été :

librarium 
Librarium, un musée entièrement dédié à l'histoire de l'Ecrit et du Livre. Tout récemment ouvert au sein de la Bibliothèque royale de Belgique, cet espace expose dans des parcours didactiques, des collections renouvelées de livres, d'estampes, de journaux, d'objets rares collectionnés par des artistes célèbres, par exemple. La scénographie qui mêle judicieusement e-books, vitrines et bornes interactives, a de quoi séduire les amateurs curieux et comme les spécialistes. Un Bruxelles bibliophile.
    
stroff 
Le musée d'art spontané. Un espace intime et simple qui  présente sur deux étages les créations dépaysantes d'artistes outsiders, autodidactes d'origines sociales et de conceptions artistiques variées. Ce sont des collages compulsifs, des sculptures en papier mâché ou en céramique, des tableaux expressifs aux couleurs chatoyantes ou tout de laine tricotée et cousue à la main par exemple. Des objets atypiques, insolites, tendres et bizarres mais toujours sincères et forts comme les pièces façonnées par l'artiste Stroff. Un Bruxelles brut et naïf.
   
*Et en France, il n'y a pas très longtemps ...

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Plonk et Replonk. Ces deux artistes suisses spécialistes du montage photographique et des images d'antan décalées, sèment depuis début janvier 2012 au Musée de la Poste, leurs blagues et détournements visuels Leur intervention propose de découvrir ou de redécouvrir, avec un oeil amusé et à l'affût, les collections permanentes du musée. Un parcours complètement timbré avec plus de 60 objets à découvrir ! Et ça dure jusqu'en janvier 2013 au 31 décembre 2012.

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Le second salon du Fanzine dans le 20ème arrondissement de Paris. Organisé par la très grande Médiathèque Marguerite Duras et la maison d'éditions indépendante Papier gâché, du 17 octobre au 4 novembre derniers, ce festival se constituait d'une exposition de fanzines envoyés du monde entier suite à l'appel à contributions de la maison d'éditions, d'une rencontre-conférence et de la vente sur un week-end de tout plein de produits auto-édités jolis, jolis : affiches, sérigraphies, produits dérivés, éditions graphiques.   

Productions illustrées de qualité hyper professionnelle ou créations graphiques inclassables, ce sont pour certaines de véritables revues expérimentales à découvrir, pour d'autres, des livres d'artistes à acquérir. Rendez-vous, on l'espère, l'année prochaine, même lieu, mêmes dates.

Et, c'est tout pour aujourd'hui.

dimanche 11 novembre 2012

Ema dée au 15ème salon du petit format de Truyes

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Du 24 novembre au 9 décembre 2012 inclus, 50 artistes plasticiens, créateurs d'images et d'objets, sélectionnés par un jury de spécialistes de l'Art, participeront au 15ème salon du petit format, organisé par l'association culturelle 3P2A.


" L'originalité de cette exposition réside dans le format des oeuvres qui pour l'art mural (peintures, dessins...), ne doit pas dépasser 30x30cm et pour les objets en volume (sculptures, céramiques...), 40cm en diagonale..." (Propos extraits du site de 3P2A).

J'exposerai à cette occasion un ensemble d'oeuvres constitué de dessins, de portraits et de compositions figurant différents états de la femme.

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Derrière ces représentations qui puisent dans mes souvenirs et allant de la jeune fille aux dames, se dessinent, en couleurs et en noir et blanc, un nouveau concept créatif et personnel intitulé "La femme éclatée".
 
15ème Salon du petit format de Truyes
Vernissage en présence des artistes le 24 novembre à partir de 19h00
Pour télécharger une invitation au pot de l'amitié, c'est ici. 

Château de Bel-Air
29, rue du Clocher ou 27, rue de Château-Jouan
37320 Truyes
Tél. : 02 47 43 28 45 (+ répondeur)

Horaires :
Lundi à vendredi 15h-18h
Samedi & dimanche 15h-19h

*Contact et renseignement sur le salon : www.petitformat.com - contact@petitformat.com
*Contact et renseignement sur l'association : 3p2a.free.fr - 3p2a@free.fr
  
Au plaisir de vous croiser au vernissage.


ema dée

mardi 3 juillet 2012

Et si vous passiez un charmant été entre adultes ?

"Hier, je suis passée devant un lycée. C'est comme ça que j'ai appris que c'était un jour "spécial" pour beaucoup d'ados en France. J'ai reconnu dans les visages crispés, les yeux gênés, les sourires cachés derrière les mains et les petits groupes tendus, prêts à exploser de joie ou de chagrin, l'attente. Hier, sur tous les murs des lycées de France, on a affiché la Liste. Hier, tous les ados de France ont su quel serait leur sort.

Chers internautes,

J'ai lu dans ces jeunes visages cette attente que je connais bien...

Je me suis sentie proche de ces filles et de ces garçons agités, préférant être seuls ou agglutinés les uns aux autres pour se chauffer le coeur, riant trop fort, cherchant le mot  pour distraire les esprits, se remontant le moral en refaisant ensemble, en dix minutes, le bilan de l'année scolaire, pour anticiper l'évidence, deviner la sentence... Sans pouvoir l'empêcher, tous les masques sont tombés. Bosseurs, tire-au-flanc, premières de la classe, geignards, littéraires, sportifs, rêveuses... tous ont su hier.

Je me suis sentie proche d'eux parce que je suis moi aussi passée par cette attente nerveuse, cet état incertain où l'on ne sait s'il faut rire ou pleurer, où l'on n'ose pas penser au résultat, où l'on prie sans se faire voir et où l'on espère avoir donné le meilleur de soi-même pour ne pas revenir l'année prochaine, même lieu, même heure, même appréhension dans les yeux.

Cette attente, cet état indéterminé du corps et de l'esprit, dans lequel je me retrouve à chaque moment important de ma vie, je les ai bien reconnus.

Je cherche, alors que j'écris, quels sont les jours spéciaux pour nous qui sommes entrés dans l'âge adulte. A quoi détermine-t-on d'ailleurs ce passage? Ici, il n'y a pas de cérémonie ni de rite d'initiation, pas de remise de prix, pas de souscription ni de lettre d'admission "Bonne ou bon pour le service", pas d'uniforme, pas de guide pratique ni de service après-vente.

Etre adulte se voit-il à l'état de notre corps ? Plus on a les dents jaunies plus on est adulte? Plus on peut compter de traces d'opérations chirurgicales, plus on est sage? Ou bien alors, plus on entend les os craquer quand on s'assoit, plus on a d'expériences de vie à partager? Etre adulte se détermine-t-il à l'aune des choix que nous faisons? Rester le plus longtemps possible à s'emmerder au même poste de travail, ou détenir le record d'amis les plus ennuyeux du monde? Comptabiliser le taux le plus fort de fêtes programmées, commémorant des évènements abstraits, dans les mêmes lieux anodins, en meute ? Ou parler très fort pour ne rien dire, s'imposer, embrasser des causes auxquelles on ne croit pas, juste parce qu'il est de bon ton d'opter pour un bord et de porter ses couleurs cousues sur la poitrine? Devenir adulte se mesure-t-il aux relations que l'on a avec son entourage? Silencieuses et amères, superficielles et tranquilles, mais fidèles au poste, attention! Ou devient-on adulte parce qu'on a des responsabilités ? Un adulte accompli a-t-il le droit de fuir, d'abandonner, de rêver de liquide amniotique?

J'attends de savoir quand je serai autorisée à être une adulte.

La Mode aime piocher, mêler, confondre toutes les périodes et les références. Les modes passent, le style est éternel. J'aime à penser de la même manière qu'être adulte c'est revêtir un costume changeant et permanent et qu'il faudrait s'inventer des moments-clés ou des épreuves à la manière de certaines tribus, des cycles, se créer des repères ou des critères pour distinguer les vrais adultes des contrefaçons, s'inventer des signes pour se reconnaitre n'importe où, se sourire et avancer dans la confiance, repousser les fausses fraternités...

Pour ma part, depuis peu,  je fête mes réussites, note mes changements d'état pour mon autobiographie future ainsi que la traversée obligée d'étapes que je n'ai pas décidées et les désillusions qui vont avec. Dans la colère, les cris, la fureur, la joie... J'aime l'idée de "saison". Aussi, pour accueillir l'été, je me suis rasée le crâne, j'ai acheté une corde à sauter à paillettes qui joue en boucle Girls just want to have fun de C. Lauper, je me suis faite tatouer sur l'épaule du milieu "Toujours vivante malgré vous !" à côté de "Ma peau de vie, vous l'aurez pas." de l'été dernier et je me suis engagée à tenir, en parallèle de mes sujets culturels et artistiques favoris, un journal de rencontres insolites.

Et vous, que faites-vous pour célébrer votre condition d'adulte... et l'été 2012 ? "

© ema dée

mardi 12 juin 2012

Avis d'exposition collective du P'tit Bazar de Tours

La semaine prochaine...

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Du 21 au 24 juin et de 10h à 19h, le P'tit Bazar de l'Association Rouge Pistache fait son show autour du disque vinyle.

Au programme, exposition d’œuvres d'artistes et ateliers de création pour enfants et adultes autour de ce support délicieusement "rétro" qui a encore bien des choses à raconter!... Surprises musicales et apéro...

Lieux : Atelier Rouge Pistache et vitrines - Rue du petit Saint Martin - Vieux quartier de Tours

Artistes conviés :  Jp Loizeau, Nep, Chloé Rémiat, Krisoft, Eric Geffroy, Spiessert, Juliette Gassies, LN, Emmanuelle Tonin, Célanie, L Bouro, Eddie Moustache (rebaptisée Ema Dée*), Charly, Caroline Bartal, Agathe Chambord, Bernadette Leclerc, Ahncé et Mélane...


Organisateur et programme : L'Atelier Rouge-Pistache

Contacts :    Ahncé 06 83 21 64 22 - ahnce@orange.fr
                     Mélane 06 23 06 26 27- melanie.lusseault@gmail.com


* Je ferai acte de présence avec l'exposition de mes chefs d’œuvre tout ronds et tout colorés mêlés à la création singulière, charmante et hétéroclite des artistes de La clique à Rouge Pistache.

Venez curieux!

samedi 19 mai 2012

Interlude : Appel au vote... plus que deux jours!

Presque trois mois sont passés au cours desquels le blog Haaa les livres de fesses* a accueilli les créations d'artistes-illustrateurs-graphistes de tout poil autour d'un évènement graphique original et décalé baptisé "Les Erections providentielles". Les bonnes choses ayant une fin, voici le moment de choisir la candidate ou le candidat qui représente pour vous la meilleure tendance érotico-politique. Attention! Plus que deux jours!
 
*Ce blog est réservé à un public majeur.

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Alors, bon vote sur sur Haaa les livres de fesses!

jeudi 17 mai 2012

La faute à Louison (Conte violent)

Angelo a épousé sa femme parce qu’il n’aime pas faire le ménage ni la cuisine. En plus c’est un radin. Il trouve toujours que tout est trop cher quand il ne s’agit pas de dépenser pour lui-même.  Sa femme, Louison, il l’a choisie, petite, pas incommodante et sans famille. Elle ne lui coûte pas cher car elle n’est pas coquette. Enfin, elle était au début, avant leur mariage, mais elle ne l’est plus depuis. Angelo est un commercial, un bon, d’un genre  « requin » comme on dit. Il sait convaincre, alors il a convaincu sa femme qu’elle n’aurait plus besoin d’être coquette une fois mariée. Il n’y a que les traînées qui ont besoin de lingerie, lui avait-il dit, le soir de leur noce en lui arrachant sa belle robe en dentelle faite à la main.
*  

Leur maison, Angelo l’a récupérée d’un copain qu’il a croisé en tôle. Comment ? Seul Angelo le sait exactement. C’est un malin. La mère de son pote, une vieille dame bavarde et charmante, qui n’a qu’un seul défaut, l’alcool, il a un peu travaillée. Depuis la mort de son mari, elle boit, tellement que c’est comme qui dirait, la bouteille qui la tète. Donc, quand Angelo lui a proposé un moyen de vivre une existence plus simple comme elle le méritait, une bien belle retraite avec vue sur la mer, ça n’a pas fait un pli. La vieille a bien compris que c’était pour son bien quand il lui a parlé tout près du visage, avec les doigts serrés autour de son cou de poulet, de la petite retraite ensoleillée. Angelo est comme ça, c’est un altruiste.

Pour le mobilier, Angelo a expliqué cent fois à sa conne de femme que c’était fourni avec la maison. Louison, qui remercie tous les jours le bon Dieu de lui avoir donné quelqu’un pour s’occuper d’elle, a fini par s’y faire, à la vieille commode d’avant-guerre, au papier peint qui recouvre le couloir de fleurs cauchemardesques et au plancher taché qui grince. Côté entretien, Angelo se félicite régulièrement de son acquisition. La meilleure quand il songe à Renée, Valentine, Dominique et Brigitte, des filles hargneuses, pas fichues de rester à leur place devant les invités et de tenir un intérieur correct.
 
*

Louison, quand elle est seule, ce qui lui arrive assez souvent, tricote et coud. 

Dans l'antique maison qu’elle a réussi à rendre propre et claire, elle chante en repassant, danse devant ses vitres éblouissantes... Elle n’a qu’un seul regret : la peinture. Au début de son mariage, elle avait commencé à prendre des cours dans l’atelier d’un artiste. Il avait d’emblée soutenu la jeune femme dans ses expériences, car il la trouvait douée. Mais, il arrivait parfois à Louison d’oublier l’heure et d’être en retard à la maison pour le dîner de son mari. Angelo préférait crever de faim que d’ouvrir une boîte de ses propres mains ; les femmes étaient fabriquées pour prendre soin de leur mari, bon sang ! Quand Louison rentrait, elle le trouvait assis dans le couloir, un verre de whisky à la main, les sourcils froncés et la bouche agitée de tics mauvais.

Elle se mettait vite à l’ouvrage en se massant les fesses.

Louison peignait autant que son mari le lui permettait, profitant de ses absences pour cultiver son petit jardin. Ces moments devinrent de plus en plus rares, parce que, très vite, Angelo se mit à rentrer n’importe quand, sans s’annoncer, pour la surprendre en train de « faire sa maligne. »  Lorsque son mari taillada au cutter le tableau qui lui avait valu le premier prix au Salon des beaux-Arts municipaux, Louison se fit une raison. Rien ne devait contrarier son mariage. Elle mit fin à ses cours, jeta toiles, pinceaux et tubes de peinture aux encombrants.


*

Le couple voulait des enfants. Enfin, Louison voulait des enfants. Une progéniture nombreuse assurerait la solidité du couple. C’était le ciment indispensable à l’édifice conjugal. Aussi s’évertuait-elle  à créer des situations propices aux câlins et collectionnait-elle les livres sur la maternité.
Angelo était type vilain qui dépensait beaucoup pour paraître séduisant et sortait danser souvent. Il rentrait au petit matin, puant et mal embouché. Il se jetait sur son épouse comme une bête fauve, avant de lui vomir ses nuits dévergondées sur les fesses et s’endormir, la laissant choquée et frustrée.

Si elle enfantait quelque chose un jour, ce serait un monstre.

Pour son plus grand bonheur, Louison tomba enceinte cinq mois après leur mariage. Quand elle le lui apprit, il n’était plus question d’avorter. La jeune femme ne voulant pas jeter le mauvais œil sur la chair de sa chair, elle avait préféré attendre son cinquième mois. Angelo parut surpris, cette grossesse, il ne l’avait pas remarquée. Il avait bien vu que sa femme avait changé, cette lumière nouvelle dans ses yeux... Il avait bien soupçonné quelque chose de différent, sans réussir à déterminer quoi. Il s’était fait des idées qui le tenaient éveillé certains soirs, qui lui faisaient rater des rendez-vous d'affaires importants et besogner sa femme, par devoir, avec de la haine dans les yeux. 

Tout était prétexte à se mettre en colère et à la bousculer. Tout.  Donc, la nouvelle lui fit un choc. Il ne s’y attendait pas à celle-là !


Angelo ne travaille plus. C’est lui qui aurait claqué la porte au nez de « cette bande de chiens de négriers ». On ne vire pas Angelo, c'est lui qui vire les autres! Et, il avait bien assez bossé pour se reposer un peu.  
 
Ses journées, il les passe vautré dans le canapé à regarder des émissions débiles à la télé. Quand vient le soir, il mate des films cochons jusqu’à très tard en s’astiquant le manche. Sinon, il traîne avec des potes mal terminés juste devant la porte-fenêtre qui donne sur le salon, histoire de pouvoir suivre les faits et gestes de sa femme. Ou alors il part et revient une semaine plus tard sans mot d’explication, la haine dans les yeux et la main lourde.
 
Louison a grandi avec une mère cyclothymique, elle a l’habitude des natures humaines complexes et fragiles. Elle se dit qu’à la naissance de leur enfant, Angelo se calmera, s’apaisera… Ils seront une jolie famille paisible et comblée…. Elle songe même à reprendre ses études en psycho… Deux paies ne seront pas de trop, se dit-elle, en riant.

*

La gifle qu’elle vient de se prendre, celle-là elle l’a pas volée.
 
"Mais… qu’est-ce qui t'fait sourire, sale traînée?! Tu crois que j’sais pas c’que tu vas faire?! "
 
Louison ne comprend pas. Elle était là, assise devant sa table de cuisine à rêver. Elle n’a pas entendu son mari approcher. Elle cherche… pourquoi riait-elle au fait ?
 
" Tu crois que j’sais pas c’qu’on dit dans mon dos. Mes potes-là, ils t’observent… "
 
Louison cherche de quoi peut bien parler son mari.  Elle sort juste pour faire ses courses hebdomadaires, va à la Poste tirer du cash et au Lavomatic parce qu’Angelo trouve que les vendeurs de machines à laver « c’est rien que des fumiers de voleurs ! » Elle ne fait plus les marchés de peur de croiser son ancien professeur… Non, rien de bizarre à son existence de petite ménagère solitaire. Elle ne connait quasiment personne ici,  elle n’est pas du coin. Elle a tout quitté pour suivre son mari et pour rendre soin de lui.
 
Louison riait comme ça, sans s’en apercevoir, sans percevoir le regard dilaté d’Angelo posé sur elle.
 
"J'vais t’appendre, moi, à te foutre de ma gueule… " Il disparait dans le couloir.
 
Louison a l’habitude des accès de violence de son mari, elle connait les conséquences des  mots qu’il emploie dans ces moments-là. Il frappe, n’importe comment, fort, pour que ça fasse mal et que ça se voit. Il frappe pour qu’elle sente à quel point elle est une femme mauvaise et récalcitrante, pour qu’elle comprenne enfin. Il frappe pour que ça rentre bien dans sa caboche de "pintade".

* 

Quand elle était enfant, sa mère lui parlait de la violence des hommes, lui disant qu’il fallait laisser passer la tempête pour profiter d’une formidable éclaircie, comme si c’était le Jugement Dernier. Elle disait aussi que les hommes étaient comme ça, d’une nature terrible, mais qu’avec de l’amour et de l’attention, toute femme aimante était récompensée.
 
C’est pour ça que Louison sait que derrière le visage du Malin que porte son mari, il y a un ange apeuré qui se cache. Elle sait que le coeur malade de l’Angelo qui tient à la main le ceinturon en cuir fendillé qu’il tient de son père, peut guérir. C’est sûrement pour cela qu’elle supporte cette violence subite, sinon Louison est folle à lier.
 
La jeune femme cherche en vain, essaie de trouver quelque chose à dire, se force à mentir, mal, ce qui n’arrange rien. Angelo frappe, frappe, et frappe, persuadé qu’il est né pour discipliner, corriger, redresser, éduquer. Il a le visage couvert de sueur, son poignet lui fait un mal de chien, il s'est coincé un muscle dans le dos, pourtant, il frappe, frappe et frappe, pour la faire sortir ... cette fureur... Louison ne crie plus depuis longtemps, protège du mieux qu’elle peut ses entrailles… jusqu’à l’éloignement du cyclone et attend… que la vie poursuive sa route.
 


© ema dée