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dimanche 1 octobre 2023

ABCtober : 31 jours pour dessiner un abécédaire

Infos sur un petit exercice que j'aime et que je pratique régulièrement, la création à/ par contrainte(s) : au mois d'octobre, jour après jour autant que possible, je m'amuse à explorer un sujet et un support particuliers : l'abécédaire et le leporello. Une belle occasion aussi de faire un bref inventaire de mes principales sources d'inspiration — directes et indirectes — , un état des lieux toujours utile quand il s'agit de faire, par exemple, la promotion de son travail et/ ou de chercher à répondre pour soi-même aux questions : dans quelle lignée se situe mon travail ?... À quoi fait-il référence ?... Ou en quoi se distingue-t-il de ... ? 

Une réflexion bien sérieuse qui ne m'empêchera pas cependant au fil des jours d'imaginer et de s'amuser avec les formes qui surgissent sur le papier...

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À la lettre A comme : accumuler, amplifier, arracher, associer... Il en va ainsi chez les artistes tels que César, Ben (Vautier) ou Louise Bourgeois. 

©ema dée

samedi 30 septembre 2023

Chantier d'automne : L'insistant goût de l'exploration de la série par le dessin

À partir d'un ensemble de portraits de femmes, faits rapidement, sur papier ordinaire entre 2016 et 2018, je me lance depuis cet été dans un projet qui me pose questions et avance par à-coups. Comme d'habitude quand il s'agit en quelque sorte de "réactiver mes propres archives". 

Ce projet trace cependant et dans le même mouvement, de nouvelles perspectives dans la conception d'un objet print, la réflexion sur le lien texte-image ou sur le simple acte de dessiner lui-même. En cela, il stimule une création qui cherche à déjouer en permanence les solutions toutes faites, les certitudes, tout en identifiant ses récurrences, ses fondations.

Très brièvement, retour en quelques mots sur la genèse de cette toute première série : il y a quelques années pour me contraindre à dessiner régulièrement, j'avais mis en place plusieurs exercices réguliers. La célébration de fêtes calendaires, nationales ou internationales, par la création d’œuvres graphiques, et travailler à rendre visibles mes références artistiques dans des productions picturales ou des illustrations inédites en faisaient partie. 

La série de femmes dessinée d'abord au crayon est le résultat d'errances dans les pages de magazines papier, collectées et soigneusement rangées dans un classeur — l'indispensable classeur dans lequel année après année, je range des images qui m'interpellent, m'inspirent, me ressourcent. Je choisirai 30 pièces, entre portraits de mannequins en pied et fragments de corps : ces images de 9 cm x 9 cm seront publiées sur un autre compte — en catimini. 

Plus tard, bien plus tard, je sélectionnai 12 portraits, sans vraiment savoir où aller ou quoi en faire. Ma seule certitude ? L'envie d'explorer et de ré-explorer mes outils et mes procédés graphiques à partir du sujet féminin topos dans ma création. Plusieurs opérations s'enchaînèrent. Elles aboutirent à la fabrication d'abord d'un carnet dont les quelques pages étaient faites avec des matériaux différents, papier, carton de récup', feuilles de polypropylène et de rhodoïd. J'en fabriquai un second, plus petit encore, qui réunissait les portraits redessinés pour leur part, sur papier carbone bleu, photocopiés puis colorisés avec du papier carbone également, mais cette fois de trois couleurs, bleu, rouge et noir — tout ce que je possède à ce jour.  Ce livre-ci évolua car j'y ajoutai un texte inédit sur la colère : l'objet relié à la main avec une ficelle se compose alors d'une série de femmes bavardes et d'un texte bref. 


Mais quelque chose clochait. Pour diverses raisons, je remis en question l'une après l'autre la forme définitive des deux objets.

Un mois après, l'idée et l'envie d'élaborer un nouvel objet à lire, d'y faire se croiser textes, images et dialogues sont restées. Elles furent cependant écartées temporairement au profit d'un laisser - aller à un véritable jeu graphique,  fondement d'une recherche-création à venir, et mené au fil des jours, dans l'expectative intime de découvertes, de surprises et d'associations nouvelles. À tâtons, une série de séries — à la fois identiques et distinctes  — exécutées sur divers supports a pris forme, grâce : 

–  à l'utilisation du feutre pinceau, du feutre noir et de couleur, de la craie grasse et du crayon de couleur, d'encre de linogravure, de papier transfert, de l'encre de Chine, du marqueur noir et de couleur, du feutre indélébile, du lavis d'encre de Chine noire et de couleur ;


–  au recours à l'aplat, le cerne, le griffonnage, l'ornementation, la simplification ou l'amplification, le dessin au trait ou la colorisation ;

–  enfin, à l'emploi de divers supports : du calque, du papier blanc Rosapina — recommandé pour la gravure, du papier C à grain Canson, des feuilles plastique plus ou moins fines, transparentes ou opaques...

Aujourd'hui, ce sont presque 15 variations d'un même sujet graphique que je dois mettre en scène et en pages... Ce sont presque 180 nouvelles femmes à qui je dois donner la parole, et pour lesquelles je dois imaginer la tribune adéquate.  

Dans mes explorations, je m'appuierai plus ou moins fortement sur la réflexion de Marlène Dumas sur le sujet "corps féminin", une certaine forme de collection - recollection proposée par Sol Lewitt dans ses livres d'artiste (le terme "collection - recollection" étant emprunté à Anne Moeglin-Delcroix), enfin, une idée de la série aléatoire de Paul Cox (cf. Codcodex, Thierre Magnier, 2004). 

Mais avant tout, cette réalisation en série se nourrit des ressources mêmes des techniques, outils et précédés convoqués, de ma sensibilité et de mon attention accrue à la réaction sensibles des matériaux utilisés pour certains, fortuitement. Les découvertes ouvrant sur d'autres explorations, du trait qui figure et défigure, de la transparence, de la mise à distance du sujet, de l'appropriation d'un corpus d'images de presse et de la répétition du geste... à partir d'une matrice.

Affaire à suivre...

©ema dée

mercredi 16 août 2023

Work in progress - 2 : Adapter "La Chevelure" de Guy de Maupassant, la Mise en couleurs

Aujourd'hui, chères internautes et passionnés blogueurs, je vous parle de la prochaine étape dans mon chantier "Adapter "La Chevelure" : la mise en couleurs d'un dessin au trait. 

La mise en couleurs (colorisation et coloriage indirect et direct) est pour cette première adaptation littéraire d'une nouvelle abordée grâce à plusieurs éléments. Ces éléments  se soutiennent : il s'agit d'abord de donner à chaque moment clé de la nouvelle choisie, La Chevelure, une coloration particulière, dans un registre chromatique restreint, le Bleu et le Jaune. L'idée initiale d'avoir recours à la risographie comme mode d'impression de ce projet aura pour beaucoup orienté le choix des couleurs finales, leur traitement (en remplissages, en aplats) ainsi que leur distribution sur les premières versions du recto et du verso de ma production. 

Visuels d'une partie du recto et du verso de l'affiche - Mise en couleurs numérique

Néanmoins, ces deux couleurs primaires entrent en accord avec les émotions qui me traversent  à chaque lecture des textes de Guy de Maupassant, en particulier celui-ci qui a trait à la collection, la rêverie éveillée l'érotisme : entre mélancolie macabre et feu intérieur, énergie solaire et froid mortuaire. (Une manière d'apprécier la couleur qui repose notamment sur mon intérêt pour la peinture de Vincent van Gogh et l'esthétique de Vassily Kandinsky.)

D'aucuns.es pourront penser que c'est là une manière un peu terre-à-terre ou au contraire, poétique — voire caricaturale ou alors, expressionniste — , d'aborder la couleur. L'usage du noir des textures tout en traits (feutre fin) et quelques aplats denses (feutre pinceau + crayon Mars Lumograph black) — combiné au parti-pris d'avoir d'importants espaces "vides" entre les figures dessinées permettront d'adoucir, je l'espère sincèrement !, cette première interprétation. 

Visuel du verso en format A2 (en cours) - Mise en couleurs traditionnelle

La mise en couleurs en pratique est mixte. En effet, sur le papier blanc, elle fait appel à des techniques de dessin traditionnelles (verso) comme numériques (recto). Je tiens ainsi, fermement, et ce, du début jusqu'à la fin de la création de cette oeuvre graphique, l'ambition de travailler tout particulièrement pour cette nouvelle, la matière (du trait, de la couleur, du support de la chevelure !).

©ema dée

jeudi 27 juillet 2023

Work in progress - 1 : Adapter "La Chevelure" de Guy de Maupassant, l'Encrage

Alors qu'il fait heureusement moins chaud et plus humide dehors, à l'intérieur, je me mets au diapason de ma région. C'est un chantier à ciel ouvert depuis plusieurs semaines, des mois — des années ? 

Tout se mêle, préparatifs pour les JO, Grand Paris et destructions - constructions immobilières à tout va, avec en prime, le début de travaux ambitieux comme le déménagement hors de Paris de deux grands hôpitaux historiques qui vont n'en former plus qu'un c'est écrit dans le projet d'urbanisme. Au programme donc, bruit, poussière, lignes de métro et de RER fermées temporairement de nuit et/ ou pendant une partie des vacances et fermeture et/ou déplacement plus ou moins temporaire de stations de bus. Bref, dans ce maelstrom dont ma ville sortira embellie et forte   je l'espère il convient soit de creuser un trou pour hiberner le temps que ça se passe, soit de partir à la campagne et creuser un trou pour hiberner le temps que ça se passe, soit de s'atteler à des projets maîtrisables, à l'abri dans son atelier de poche. 

Version en noir et blanc de la page de couverture - Format A3

En attendant de trouver ma maison troglodyte dans une campagne semi-reculée où creuser et installer mon atelier — mais sans attendre que tout passe —, je mets en chantier ma toute première adaptation d'une nouvelle de l'écrivain français Guy de Maupassant (1850-1893). Le format n'est pas celui d'une bande dessinée, ni celui d'un portfolio, c'est une proposition graphique hybride plus proche de la revue old school. Expérimentale aussi dans l'histoire de ma création d'objets et de réalisations indé, car il s'agit de penser le travail comme l'en-deçà d'un objet littéraire et visuel à venir. Autrement dit, réaliser des crayonnés aboutis et un encrage soigné mais qui serviront de "matrice" à une création définitive en couleurs, inédite dans sa consultation comme dans ses dimensions.

 Vidéo à l'arrache - Une page de couverture suivie de trois planches

Je suis partagée entre l'excitation et la terreur devant cette nouvelle étape à franchir dans la production de fanzines et d'autoéditions en textes-images. Des bribes de paroles de professionnels des arts graphiques me reviennent pour fortifier mes choix en matière de colorisation et de coloriage. Par exemple, Isabelle Merlet (1962 -...), coloriste de bandes dessinées, pour qui  "il y a des dessins qui ne peuvent/ ne doivent pas être mis/ pensés en couleurs. Pour d'autres, cela valorise de manière surprenante le trait, les choix de composition ; on a affaire alors à une toute nouvelle oeuvre". Ou José Munoz, dessinateur argentin né en 1942, qui remarque que "travailler en noir et blanc change, intensifie et libère le/ son rapport à la couleur".

Une autre manière de contrer ce sentiment ambivalent qui me fait détester chaque forme qui naît en noir et blanc sur ma feuille de papier, publier le travail en cours pour prendre de la distance, une sorte de work in progress à échéance courte. Une trace faite "à l'arrache" pour ancrer la production dans un cheminement. Un premier article sur le sujet est à lire ici.

Affaire à suivre...

©ema dée

vendredi 14 juillet 2023

Chantier d'été n°3 : La fabrication de petits fanzines de filles

Premier projet de fanzine à fabriquer ? Un livre carré d'une petite vingtaine de pages, pour renouer avec ce que j'aime tout particulièrement faire, après des mois de disette artistique : imprimer - découper - relier des feuilles ensemble pour présenter - raconter. Imprimer, c'est-à-dire dire faire différents essais de papiers, choisis selon leur grammage ou leur caractéristique tactile, tirer parti au maximum des accidents et du hasard de l'impression. Découper à l'aide d'un massicot en suivant des repères réfléchis en amont - une première ! Relier : tout un panel de possibilités, entre coudre, perforer, coller, agrafer...

Le projet : un petit livre sur la COLÈRE. Son contenu ? Une série de 12 portraits de femmes réalisés à partir de photographies de mannequins +  une nouvelle inédite relevant de l'autofiction. La technique préconisée ? Le dessin au trait, en couleur, à partir de papier carbone (bleu, rouge, noir) + le texte dactylographié et remanié à la main au feutre noir. Principales difficultés à surmonter ? La mise en page des dialogues accompagnant les portraits dans un format de livre idéal et le choix du papier (ceux-là même qui me permettront d'optimiser l'utilisation du support sélectionné et de faire de jolies impressions à partir de ma propre photocopieuse).

©ema dée

dimanche 9 juillet 2023

Chantier d'été n°2 : Proposer une nouvelle collection qui s'intéresse à l'adaptation littéraire.

J'éviterai de dire depuis combien de temps j'ai envie de passer à l'illustration et à la mise en images de textes littéraires et dits "non littéraires" tels que les nouvelles, les textes en prose ou les courts essais (Littérature, Art, Sociologie). 

À présent que mon second* projet de création éditoriale — une série de livres de format carré, en texte-image, entre 40 et 60 pages, à partir de séries d'images et des textes brefs et créée autour de mon goût pour le décalage poétique — arrive à son parachèvement,  je peux envisager cette nouvelle aventure artistique. 

 Recherches pour la police du titre de la nouvelle collection

Plusieurs expériences aussi riches que variées font qu'aujourd'hui, plus qu'il y a 10 ans,  je fais davantage confiance à mes qualités plasticiennes et à ma capacité à proposer une vision singulière d'un texte déjà adapté. Et j'ai encore plus envie de m'appuyer sur ces qualités mise en scène, pratique pluridisciplinaire, audace de l'écriture et réflexion référencée — pour m'attaquer à des textes moins prisés.  

 Recherches pour l'adaptation de la nouvelle La chevelure

Mon premier texte ? La nouvelle La chevelure de Guy de Maupassant, un récit dans le genre fantastique de quatre pages qui met en scène et en mots une curieuse et inquiétante maladie mentale et érotique : la nécrophilie. La nouvelle, un journal intime à l'intérieur d'un texte écrit à la premier personne, paraît en 1884 ; il est notablement disponible dans le recueil de contes et de nouvelles Toine.  Pourquoi ce choix ? Pour beaucoup de raisons et en particulier, un attrait pour une tendance que je partage avec le personnage : la collection !

©ema dée

samedi 1 juillet 2023

Chantier d'été n°1 : Déposer mes autoéditions en librairies.

S'auto-éditer (ou s'autoéditer) signifie, après un parcours créatif et réflexif semé d'embûches informatiques et de crises de nerfs conceptuelles, avoir en main un livre en texte - image abouti enfin imprimé, relié, manipulable. La chose est aussi grisante que valorisante !

Pouvoir exposer et vendre son travail d'édition plusieurs fois par an grâce à la formule du salon indépendant, je veux dire, mettre en scène la présentation visuelle et orale du fruit de ses réflexions livresques face à un public, c'est tout aussi grisant. Rendre accessible son oeuvre : c'est l'Étape incontournable.

Prospecter les librairies afin que quelques-uns de ses livres illustrés soient déposés sur leurs rayonnages, c'est une autre étape fondatrice. Il s'agit d'aller à la rencontre du public autrement, de sortir ses livres du confinement de l'atelier de création — et avant tout, d'oser entrer en contact avec un.e acteur.trice important.e de la chaîne et du champ du livre, le.la libraire ! Fondamental car c'est un autre regard un regard supplémentaire qui se pose sur ma production.

Aussi, ai-je tenté ma chance dans plusieurs lieux dédiés au mois de juin. Je me confronte ainsi à plusieurs réalités : 1 - Le choix du dit lieu sachant qu'à Paris, il y en a un nombre conséquent et que chacun a son fonctionnement, son fonds, son public, ses exigences. 2 - les conditions du dépôt : 33% ou 40% du prix de vente du livre selon l'échoppe revient au libraire. Tout mon catalogue actuel ne satisfait pas à cette condition. Il me faudra donc intégrer cette donnée essentielle quand je fixerai le prix de mes ouvrages à l'avenir. 

Résultat de mes pérégrinations parisiennes ? Vous pouvez désormais aussi retrouver plusieurs titres de mon catalogue d'autoéditions 2023 dans deux librairies :

Le Monte-en-l'Air, 2 rue de la Mare, Paris 20ème

Lundi au Samedi  : 10h30 à 20h + Dimanche : 13h à 20h

Philippe le Libraire, 32 rue des Vinaigriers, Paris 10ème

Lundi au Samedi : 11h à 14 et 15h à 19h + Dimanche : 14h à 18h (sauf mardi)

©ema dée