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jeudi 3 septembre 2015

Luxe, calme et volupté d'été


Jours séducteurs et doux
Fleurs naïves et bigarrées
Alanguies étirées
Buissons fantaisistes
Et cachotiers
Forêt noire et lointaine

  Ici tout est luxe, calme et volupté d'été

© ema dée

mercredi 2 septembre 2015

Le goût de l'eau


Quand il pleut, la plupart du temps, si je suis dehors, je me dépêche de rentrer. Souvent, je ne suis pas habillée pour. Sandales, pantalon clair, espadrilles, jupe courte. Dommage. 

S'il pleut à verse, la plupart du temps, je me mets à l'abri où je peux et mes poings serrés dans mes poches, mes bras croisés sur la poitrine, espèrent que ça ne va pas durer trop longtemps. C'est à ce moment que je me dis que je vais être en retard, je n'y avais pas pensé la seconde d'avant, je regrette de ne pas avoir consulté la météo du jour, je regrette d'avoir perdu systématiquement mon parapluie un jour sans pluie dans un bus ou sur un fauteuil au cinéma, je me sens bête sous mon portique, sous mon abribus. On a l'air bête quand on s'abrite de la pluie. On s'ennuie. 

Si la pluie est fine, je marche tranquillement. L'humidité est supportable sauf si je dois prendre le métro. Le métro moite sent mauvais, devient comme sale,  poisseux et moche.
De temps en temps, quand il pleut à verse, il m'arrive de prendre mon temps sous la pluie, dans des moments où je ne me rends nulle part, que je n'ai rien à faire d'urgent, que j'ai tout le temps de marcher, je n'ai rien de précieux sur moi, je profite des rues vidées de ses passants par la pluie. Je profite des bruits et des odeurs qui remontent des rues humides, des trottoirs humides, des platanes humides, des capots de voitures humides et des chaussures humides qui évitent avec soin les flaques d'eaux tourbes, et je suis des yeux les eaux ruisselantes qui poussent, entraînent, charrient, ramènent les épluchures de la ville vers les égouts.

Je goûte l'eau qui tombe de mon front ou sur ma joue. Comme une enfant, je tire la langue discrètement, en regardant sur les côtés. Je joue à attraper les gouttes d'eau en ouvrant la bouche. Je ne suis pas sûre que ce soit très propre. Qui sait ce que cette pluie apporte avec elle.

Une goutte d'eau est rentrée dans mon oeil mouillé.

J'attends d'être chez moi pour nettoyer mes lunettes. Avant, c'est inutile.

J'aime me lever le dimanche et sentir qu'il a plu pendant la nuit, qu'il va pleuvoir toute la journée. J'écoute la musique de la pluie depuis ma chambre à la fenêtre grande ouverte, assise sur mon lit, je goûte la fraîcheur parfumée de senteurs de terre mouillée et de bitume brillant. Les roues des voitures font un bruit particulier sur la chaussée glissante. Les dimanches de pluie automnale sont silencieux.

Un jour, avec une copine, j'ai couru sous la pluie en soutien-gorge.

Une seconde illustration sur mon thème de recherche sur... la pluie. Découvrez celle-ci.

© ema dée

samedi 29 août 2015

Certitude


Clair, brut, travesti ou titubant, le bon moment finit toujours par arriver.

(Extrait de mes phrases brèves, 2014-2015)

© ema dée

mardi 23 juin 2015

Kvéta fête l'été

Une célébration colorée qui s'enthousiasme de l'été qui s'annonce et rend hommage à l'univers de l'artiste plasticienne tchèque Kveta Pacovska.


L'été
Matinée grise 
Après-midi jaune rayonnant
C'est parée de doux pétales et de sépales cajoleurs 
Que Kvéta va sautillant
Par les allées parfumées
Adoucies par le souffle du soir

© ema dée

vendredi 12 juin 2015

Petits mensonges un peu méchants pour enfants crédules et adultes naïfs


 Le limousin pittoresque © Editions modernes "Théojac"- Limoges

"Il faut tirer la queue des vaches pour les faire avancer si on avale les pépins de la pomme, un arbre peut pousser à l’intérieur de soi les cheveux poussent plus vite si on y suspend des poids les chats noirs portent malheur pour être en bonne santé, il faut prendre une cuillère à soupe d’huile de foie de morue mais ça ne marche que quand on est petit, et bien mieux encore, si le remède est pris après le lait au chocolat les anges n’ont pas de sexe l’eau contenue dans les cactus est conseillée dans le traitement des rides autour des yeux les poissons ont une âme mais ils ne s’en souviennent pas en sautant souvent sur ses pieds, on accélère sa croissance les plantes grasses aiment le lait demi-écrémé jouer à la poupée fait pousser la poitrine des garçons en marchant avec un dictionnaire posé sur la tête sans le faire tomber, on apprend à marcher droit, en particulier si on est une fille les chats blancs portent malheur lire beaucoup abîme les yeux, surtout s'il s'agit de bandes dessinées les araignées aiment dormir dans le fond du lit des enfants les ogres n’existent pas le virus de la mauvaise mère a été éradiqué au 19ème siècle il faut coincer sa langue entre ses dents pour éloigner les abeilles si d’un seul coup, il vaut mieux dormir assis les enfants battus font des parents violents le petit chaperon rouge a fait exprès de dire au loup où sa grand-mère habitait une addiction se traite par une autre addiction un enfant timide et solitaire est un enfant à problèmes l’herbe est toujours plus verte chez la copine les parents n’existent que pour tuer leurs enfants, symboliquement qui vole un œuf vole un bœuf dire la vérité ne signifie pas faire preuve d’honnêteté pour devenir une grande personne responsable, il faut tuer ses parents, symboliquement  les méchantes filles ne sont pas aimables les papillons de nuit entrent dans les maisons où un changement bénéfique est attendu..."

© ema dée

samedi 6 juin 2015

Imprononçable


Je voudrais te dire la douceur
De tes gestes et la chaleur des
Mots que tu cherches dans
Mon regard ridé de joie

(Extrait de mes phrases brèves - 2014-2015)

© ema dée

La journée mondiale de l'environnement, c'était hier et pourtant...

Hier, nous fêtions notamment la Journée Mondiale de l'Environnement. Célébration instaurée en 1972 par l'Organisation des Nations unies à l'occasion de l'ouverture de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm. Cette journée met en avant chaque année une question spécifique. 



Voici ma contribution à cet évènement. J'ai décidé de réfléchir cette année à mon environnement proche, la Ville, et à celui que je regrette régulièrement, la campagne fleurie et monotone de mon enfance.

Une composition angoissante mettant en scène une géante et des créatures fantasmagoriques ou bizarres : allégorie des tourments du quotidien dans un environnement dans lequel il est malaisé de trouver une place agréable durable. Ou alors, confusion de l'humain, de l'animal et de l'industriel dans un espace chamboulé, métamorphosé... que personne ne comprend, subit plutôt... La ville monstre, la ville invasion...

© ema dée