mercredi 3 août 2016

Nouvelle anatomie d'une oeuvre personnelle : Ma freaks à moi

Passionnées internautes et charmants blogueurs,

Di badi-badi-dam-dadou...

Il est temps pour moi de lever le pied et de prendre quelques jours de repos, m'aérer l'esprit, faire des rencontres, expérimenter de nouvelles choses... bref, profiter un peu des vacances. Avant de mettre Le Horlart sur pause jusqu'en septembre au moins, et de suspendre - un chouïa - ma créativité galopante, j'aimerais proposer quelques visuels d'un petit projet de dessin tout récent qui m'a bien amusé.

Il y a quelques semaines, je décide de participer à un appel à contribution (dessin, illustration ou texte). Plus par goût du jeu que par le désir farouche d'être retenue (même si l'idée m'a effleurée, je l'avoue, ça fait toujours plaisir de faire partie des sélectionnées.) Ce que je veux dire, c'est que créer une œuvre pour un cadre inédit offre de nouvelles possibilités. Oui, car c'est, selon moi, l'occasion de mettre son style, ses obsessions, sa démarche à l'épreuve. Le sujet : Freaks pulsion lancé par la maison Les Éditions Terriennes dans la perspective de la publication du n° 4 de son graphzine. Avec une contrainte, l'obligation de mettre en couleur son(ses) oeuvre(s) en suivant une palette prédéfinie.

J'oriente mes recherches sur les thèmes de la gourmandise et du corps. Je trouve sur Internet la photo d'une jolie femme brune et plantureuse qui m'inspire et que tout de suite, j'ai envie d'interpréter...

Il serait archi-faux de dire que je me suis précipitée quand j'ai reçu l'info via Facebook. Et ce,  pour deux raisons : d'abord, la couleur et moi, c'est une histoire compliquée, alors imaginez utiliser les couleurs de quelqu'un d'autre ! Ensuite, le sujet : dessiner des freaks, pas de problème, aucun de mes personnages n'est vraiment normal, j'aime le biscornu, l'originalité, l'excessif et le mal fichu. Par contre, "Freaks pulsion" ça me parle déjà un peu moins. Mais je me lance quand même dans l'aventure.

Je réalise cette première esquisse au pinceau et l'encre de Chine sur du papier calque. Le dessin à l'encre de Chine est pour moi préparatoire : il libère mon trait et m'installe dans ma pratique. Je m'amuse à déguiser le personnage sans me censurer...

En ce moment, j'ai plutôt tendance à dessiner des portraits en buste, assis, des compositions de personnages imaginaires illustrant mon actualité, à me lancer dans des appropriations personnelles d’œuvres connues, ou bien à travailler sur mon projet sur les arbres. Donc, la direction à prendre pour ce projet-ci a pris un petit moment à venir. Une "déviance" qui m'intrigue tout particulièrement : la compulsion d'achat.

Prenant une certaine distance avec l'esquisse à l'encre - ce qui arrive souvent quand je passe du pinceau au crayon à papier - le sujet se précise peu à peu. Les crayonnés sont souvent très sympa grâce au mouvement et à la matière laissés à la surface du papier (ou repentir)...

Chasser le naturel, il revient au galop : mon quotidien reprend le dessus sur la contrainte du sujet. J'aime les soldes. Il m'est arrivé d'acheter un vêtement juste parce qu'il était soldé ou parce que la voisine avait posé ses mains dessus. La pulsion est toute trouvée, non ? Et puis, même si ce n'est pas vraiment une pulsion, ça me va. J'ajoute quelques obsessions : une touche de disproportion dans la physionomie du personnage avec la chevelure façon Priscilla folle du désert et des bras de déménageuse, des dents pleines de personnalité, un regard charmeur, des sourcils de clown et bien sûr, les incontournables micro-ballerines, reines de l'été.

L'encrage est une étape difficile et délicate. Il faut respecter le trait griffonné sans y penser vraiment ; il faut le clarifier sans lui ôter sa sensualité. D'un autre côté, cette étape permet de préciser ou de rajouter des petits détails : ici, les motifs et le maquillage, par exemple.

Il n'y plus qu'à ajouter les couleurs. C'est dur... très dur ; le dessin me plaît comme il est. Ajouter plus me semble soudain artificiel, mais c'est le jeu. Pourtant, j'ai encré le personnage de manière à ce qu'il reste de la place pour une mise en couleur, même sobre. Mais quelles couleurs ajouter ? En général, mes colorisations procèdent d'une pulsion c'est-à-dire d'une envie brutale d'une lumière spécifique autour de laquelle tout va s'organiser, prendre sa cohérence et trouver son équilibre... Et, j'ai tout à coup envie de guimauve et d'un bonbon à la violette... L'infographie me soutient dans mes tâtonnements et mes essais.  J'opte finalement pour les contrastes colorés, toujours efficaces.


Et voilà le résultat.  Bon, il n'a pas été retenu, mais quel défi ! Je pourrai vous expliquer à présent, pourquoi la chevelure pistache, les cinq piercings, les cœurs sur la robe, le regard en biais, les fleurs, ou encore les doigts boudinés dans la bouche... mais en avez-vous vraiment besoin ?

Belles vacances à toutes et à tous !
 
Pour retrouver mes humeurs du moment, je suis tout le reste de l'été sur le projet de dessin quotidien tout carré et dit "à l'arrache" le Horlart à 1,99  et de temps temps sur Improzine.

© ema dée

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Je vous remercie pour votre visite. A bientôt !